Droit, justice - Page 3

  • 1516, 1603: on ne fête pas la paix

    paix de fribourg.jpgCe 29 novembre, quelques officiels ont commémoré à Fribourg le 500e anniversaire de la paix perpétuelle entre La Suisse et La France. Dans l'indifférence quasi générale. Dans mon journal préféré, l'affaire est réglé en une citation diplomatiquement correcte du ministre français des AF: "La Suisse n'a jamais confondu la neutralité avec l'indifférence" qui peut se lire aussi "Point d'argent, point de Suisses"...

    Qui se souviens de cette date du 29 novembre 1516, alors que tous les écoliers de Suisse de France et de Navarre connaissent Marignan 1515, la défaite des Suisses (une partie d'entre eux, l'autre partie avait quitté le front faute d'avoir été payée par le duc de Milan) face à François 1er (opportunément sauvé par une troupe vénitienne qu'il n'attendait plus)?

    Est-ce parce que le roi de France s'achetait par le contrat de Fribourg le service quasi exclusif des valeureux soldats de la Confédération naissante, que la paix perpétuelle ne laisse pas autant de trace dans nos mémoires que la bataille?

    Qui se souvient de 1603?  

     

    Lire la suite

  • L'exit de La Vie protestante et de Choisir, Dieu et la 3D

    IMG_3291.JPGClap de fin pour la Vie protestante après 78 ans de services sans doute bons. Et erratiques en ces temps modernes où la foi vacille ou s'étiole sous les coups de boutoirs des sciences, de salaires et de rentes mensuels et des assurances, sociales et privées.

    Ici - ce n'est évidemment pas le cas partout - l'être humain ne craint plus ni la famine ni la maladie ni la mort, si communes naguère. Ses angoisses sont pêle-mêle son emploi, son niveau de vie, son couple, ses prochaines vacances, sa carrière, le terrorisme parce que les médias en parlent, les étrangers (éternelle crainte de l'autre qui pourrait être soi).

    Clap aussi, non pas de fin mais de retraite, pour Choisir. Le mensuel des Jésuites de Suisse, publié à Carouge, passe de mensuel à trimestriel. Choisir a toujours été plus proche de la revue universitaire que La VP qui s'est efforcée de séduire.

    Lire la suite

  • J'ai rencontré Topo

    topo.jpgLe hasard est toujours étrange. C'est ainsi que, quelques heures après avoir publié mon dernier billet qui s’interrogeait sur les capacités des sciences politiques à améliorer le fonction des démocraties - le pire des systèmes politiques à l'exception de tous les autres déjà essayés dans le passé, selon le mot de Churchill - j'ai rencontré Topo.

    Topolitique.ch, pour être exact, se présente ainsi: Topo est depuis 2013 le média étudiant de Science politique de l’Université de Genève. Il est réalisé par des étudiants qui cherchent à développer un sens critique dans un environnement pluriel et contradictoire, sans utiliser de jargon.

    Belle ambition!

    Lire la suite

  • Laïcité: à quoi sert la commission des droits de l'homme?

    IMG_3280.PNGLa science politique n'est pas très inventive. En quoi a-t-elle amélioré le fonctionnement de la démocratie depuis les Grecs? Les sondages d'opinion se multiplient, mais ils ne remplacent ni les élections ni les votations. Ils leur arrivent même de prédire des résultats faux. Influencent-ils les citoyens? 

    En matière parlementaire, la science politique ne paraît pas plus productive. Les débats sont lents, longs, répétifits. Ils ne garantissent nullement que la loi sera bonne, efficace, simple, facile à appliquer et à contrôler, économique...

    Le secret des commissions ne participe pas de la transparence et du contrôle citoyen. Voyez la commission des droits de l'homme, une spécialité du parlement genevois qui moud depuis des mois la loi sur la laïcité.

    Lire la suite

  • La censure est toujours active

    censure palais de justice.jpgVu de notre XXIe siècle volontiers libertaire (sur le plan de la culture avec un grand Q s'entend), la censure étatique, qui protégea les Genevois de la vue de 350 films jugés licencieux, de 1934 à 1980, - il suffisait de passer la frontière pour aller voir Le cuirassé Potemkine ou Emmanuel à Annemasse - la censure donc apparaît à la fois scandaleuse et anachronique.

    L'historien Henri Roth fait le récit précis et documenté de cette tranche de Genève dans "Censuré", un ouvrage qu'il a présenté mardi au café Slatkine, un estaminet qui donne sur la rue des Chaudronniers et est adossé au Palais de justice... Cette justice qui s'employa longtemps, tant à Genève qu'au Tribunal fédéral, à Lausanne, à conforter les avis de la Commission de contrôle des films.

    La commission a été instaurée par le Gouvernement socialiste de Léon Nicole et maintenue sans faillir par les gouvernements radicaux puis multicolores qui lui succédèrent à la Tour Baudet. Jusqu'en 1980, quand L'Empire des sens eut raison des censeurs, car, dit enfin un tribunal en 1986, ils ont agi pendant 46 ans sans base légale. Un péché devenu mortel pour bien des règlements et arrêtés du gouvernement genevois.

    Lire la suite

  • Mère Teresa, une multinationale sans un dollar

    francois teresa.jpgFrançois (@Pontifex_fr) a sanctifié Mère Teresa, née Agnès en 1910 dans une famille albanaise, à Skopje en Macédoine, alors sous domination ottomane... Aujourd'hui, quelques 5000 missionnaires de la charité assistent les pauvres et les mourants dans 132 pays (4000 dans 120 pays, entendu sur CTV). Elle ne font pas de ramdam (traduction française de buzz).

    Une multinationale de l'amour qui fait rarement la une des médias occidentaux... Le moindre accident fait plus de clics que le don fait à un pauvre, c'est la loi de la presse. Ce soir ni la RTS, ni France 2 (pour ne citer que deux médias payés par tous les habitants) ne placent la canonisation en première page de leur site internet à l'heure où j'écris ces lignes (18-19h dimanche). La RAI si.

    Mère Teresa une une sacrée personnalité, une sainte emmerdeuse aussi.

    Lire la suite

  • A Saint-Julien, le curé lit les condoléances des musulmans du Genevois

    image.jpegIl y avait du monde à la messe de 10h, ce dimanche à Saint-Julien-en-Genevois, pas loin de 300 catholiques, des familles, quelques jeunes; une petite poignée de pratiquants du voisinage suisse - "On aime bien venir ici, a dit l'une à la sortie, à Compesières, il n'y a plus que des vieux!"

    Le curé a lu une lettre de l'association des musulmans du Genevois. Elle dénonce l'assassinats du curé de Saint Étienne (Étienne, un juif, premier martyr chrétien): "Notre religion nous pousse au dialogue, au respect et à la tolérance envers notre prochains, en particulier nos frères chrétiens." Durant la messe, un peu plus tard, le curé a salué la présence du président de l'AMG et de son épouse. Une claque a declenché des applaudissements polis. 

    Mon Eglise n'a pas toujours prêché la tempérance et l'amitié. Loin s'en faut. Les curés va-t-en-guerre le disputent aux imams boutefeux. Cependant, Il est doux d'entendre des mots de paix et de fraternité en ce temps de colère et de vengeance aveugle. 

     

    Lire la suite

  • Au bar PMU "Le France", Salvan, Munich et François Lavergnat

    image.jpegJadis, la frontière entre la commune de Compesières, qui devint genevoise et suisse en 1816 (trois jours de fête durant le prochain Jeûne Genevois) et celle de Collonge-sous-Salève, qui, elle, demeura savoyarde, partie du royaume de Piémont Sardaigne, avant de devenir française en 1860 et frontalière depuis que Geneve draine près de 100'000 travailleurs d'un même bassin d'emploi, mais non résidents dans le canton...  Jadis donc, la frontière passait le long de la route d'Annecy.

     

    Deux tiers du village de La Croix-de-Rozon étaient donc sur le territoire de Collonge. Aucune maison n'existait en 1816. Il est devenu de part la volonté du Grand Conseil genevois qui déclassa quelques hectares (bien moins que dans d'autres lieux) le plus gros village de la commune de Bardonnex, elle-même née du divorce de Compesières d'avec Perly en 1821 et du divorce d'avec Plan-les-Ouates en 1851...

     

    Lire la suite