Dans quel état j'erre - Page 5

  • A Genève, il y a presque trois fois plus de frontaliers que de protestants

    image.jpegA Genève, il y a presque trois fois plus de frontaliers que de protestants. Drôle d'entame pour un billet du Jeûne genevois. Qui dit cependant une vérité sur la Genève du XXIe siècle. Il y a cinq siècles, Genève était encore gouvernée par un prince évêque - dont un des prédécesseurs, le Savoyard Adhemar Fabri, né à la Roche-sur-Foron, avait accordé des franchises aux commerçants de la Ville. Plus pour longtemps.

    En 1517, Luther allait mettre le feu à la chrétienté et réussir un schisme grâce à une technologie naissante, qui permit de multicopier ses thèses: la presse de Gutenberg. 15 ans plus tard. Geneve adoptait la réforme et Calvin procédait à une épuration religieuse. Les catholiques devaient se convertir ou quitter la ville. Les biens de l'Eglise furent nationalisés. L'Hospice général est un héritage de ce temps là.

    La poignée de protestants qui tient encore les terres et biens des richesses de Genève s'apprête à commémorer le 500e anniversaire de la tentative de Luther de réformer l'église catholique. La Vie protestante , qui vit ses dernières heures pour renaître en novembre prochain sous le titre "Réformés", le magazine des prostestants romands, et le site ref-500.ch livrent dans son édition de septembre le détail des manifestations, dont le démarrage aura lieu à Genève. 

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  • Mère Teresa, une multinationale sans un dollar

    francois teresa.jpgFrançois (@Pontifex_fr) a sanctifié Mère Teresa, née Agnès en 1910 dans une famille albanaise, à Skopje en Macédoine, alors sous domination ottomane... Aujourd'hui, quelques 5000 missionnaires de la charité assistent les pauvres et les mourants dans 132 pays (4000 dans 120 pays, entendu sur CTV). Elle ne font pas de ramdam (traduction française de buzz).

    Une multinationale de l'amour qui fait rarement la une des médias occidentaux... Le moindre accident fait plus de clics que le don fait à un pauvre, c'est la loi de la presse. Ce soir ni la RTS, ni France 2 (pour ne citer que deux médias payés par tous les habitants) ne placent la canonisation en première page de leur site internet à l'heure où j'écris ces lignes (18-19h dimanche). La RAI si.

    Mère Teresa une une sacrée personnalité, une sainte emmerdeuse aussi.

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  • La fusion nucléaire et les Maasaï

    image.jpegIl n'y a rien de commun entre la fusion nucléaire et les Maasaï, sinon que ceux-ci, et nous, vivons sous le règne du soleil, une étoile en fusion; et que notre planète tourne autour à la bonne distance, un hasard dont on se demande aujourd'hui s'il se reproduit quelque part dans l'univers, si loin que le présent des hommes verts est un futur trop lointain dans le temps, hors de la portée même de notre imagination.

    A l'encontre de la quête du signal d'extraterrestres disparus, celle de la fusion nucléaire est un rêve bien présent de quelques scientifiques. Un de mes petits neveux a allumé le petit tokamak de l'EPFL. Ca n'a duré que trois  secondes. Ses yeux brillent.

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  • On a droit à la croix, pas au turban de Mahomet

    zep croix.jpgMiséricorde! Notre ministère de l'Education nationale*, qui ne sait plus trop à quel saint se vouer depuis que la République a exclu les manifestations ostentatoires de la foi (qui fit ce que Genève est aujourd'hui encore aux yeux du monde), a donc cru bon de taper sur le clou de la laïcité quelques jours avant la rentrée des classes.

    Sa patronne, la socialiste Anne (Anne était la grand mère de Jésus), a cru bon entrelarder son opuscule de quelques dessins. L'incontournable ZEP, bédéiste genevois qui s'est fait un grand nom Outre-Jura et sait cultiver son audience en tricotant au-dessous du nombril, fut évidemment incontournable.

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  • Qui va reblanchir Ronchamp?

    Je n'étais jamais allé à Ronchamp. De loin l'église à l'air d'une barque qui fend des flots blancs. Le sanctuaire est courroné d'arbres qui ont grandi depuis sa construction sur les ruines d'une église bombardée durant la deuxième guerre. C'est un lieu de pèlerinage ancien. Il faut le rebâtir et le projeter, en ce début des années 50, prometteuses d'Europe unie, dans un XXe siècle en quête de paix sinon de pain après deux guerres et des dizaines de millions de morts et autant de gens meurtris et déplacés, entre deux nations chrétiennes, phares toutes deux de la civilisation occidentale, mais aussi d'empire du soleil levant contre un empire émergent.

    Une association naît et requiert un phare de l'homme nouveau grand prêtre de la matière moderne: le béton.

    Le béton vieillit mal. De tout près, l'œuvre de Le Corbusier fait peine à voir. Le vaisseau garde son élan, mais la matière s'effrite. La lèpre de la carbonatation érode la toiture, de longues fissures creusent les murs extérieurs, le crépi grossier s'est couvert de pollution et mouchette la peinture blanche.

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  • A Saint-Julien, le curé lit les condoléances des musulmans du Genevois

    image.jpegIl y avait du monde à la messe de 10h, ce dimanche à Saint-Julien-en-Genevois, pas loin de 300 catholiques, des familles, quelques jeunes; une petite poignée de pratiquants du voisinage suisse - "On aime bien venir ici, a dit l'une à la sortie, à Compesières, il n'y a plus que des vieux!"

    Le curé a lu une lettre de l'association des musulmans du Genevois. Elle dénonce l'assassinats du curé de Saint Étienne (Étienne, un juif, premier martyr chrétien): "Notre religion nous pousse au dialogue, au respect et à la tolérance envers notre prochains, en particulier nos frères chrétiens." Durant la messe, un peu plus tard, le curé a salué la présence du président de l'AMG et de son épouse. Une claque a declenché des applaudissements polis. 

    Mon Eglise n'a pas toujours prêché la tempérance et l'amitié. Loin s'en faut. Les curés va-t-en-guerre le disputent aux imams boutefeux. Cependant, Il est doux d'entendre des mots de paix et de fraternité en ce temps de colère et de vengeance aveugle. 

     

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  • Le terrorisme, l'info, le bon et le mauvais stress

    image.jpegEn Grande-Bretagne, 43% des arrêts de travail sont dus au stress, au mauvais stress, celui qui déchire, défait, démotive, mobbe, épuise, tue. Le bon stress n'est pas noté par les chercheurs, ou plus rarement; comme les bonnes nouvelles ne sont pas dans les jounaux, ou rarement.

    43 %. Il ne doit pas en être très différent dans les autres pays. Le terrorisme ajoute son aiguillon aux épines de la vie quotidienne, aux exigences du boulot, aux nouvelles technologies qui dégradent nos compétences - bientot les bots feront mieux notre job que nous-même.

    Déjà des résultats sportifs, économiques électoraux sont mis en forme par des robots qui puisent dans le big data des formules toutes faites et des résultats mieux et plus vite que les journalistes. La concurrence ne met plus seulement aux prises les entreprises mais leurs travailleurs. Qui sera le premier à tweeter l'événement, à raconter l'histoire, à nourrir la pieuvre informationnelle et ses tentacules voraces: Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat, Periscop, Pinterest et les autres. Et Google et Bing et les moteurs de recherche qui traquent en tout temps, sans arrêt, tous ce qui passe, tout ce que le web capte. Toile, mouches et moucherons. Qui est l'araignée?

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  • Le ressentiment. Nice, Nietzsche, Dostojevski...

    Capture d’écran 2016-07-20 à 22.51.06.pngUne question me poursuit. Pourrais je un jour me retrouver dans la situation de piloter un 19 tonnes à travers une foule en liesse? J'ai posé la question hier aux cinq jeunes que j'ai guidé à travers la Tribune et le métier de journaliste (vérifier les faits, comprendre les ressorts du monde, les exposer rapidement et simplement...). "Non, non", m'a répondu une ado, qui n'avait pas sa langue dans la poche et affichait une belle maturité: "je ne pourrais pas tuer!" Je n'en doutai pas. Les autres sont restés.

     

    Impossible de se projeter dans la tête d'un tueur quel qu'il soit! Je sais pourtant qu'il y a des enfants tueurs, sans doute contre leur gré mais qui vivent dans une violence, un dénuement, un enfer qui n'a rien de virtuel ou de ludique. Et pourtant Dieu sait combien de jeux vidéo et de films glorifient la violence, la brutalité, le vice, l'inhumanité. Comment s'étonner que certains passent à l'acte.

     

    On connaît çes expériences où un expérimentateur commande à un quidam - vous ou moi - d'infliger des décharges électriques à un personnage qu'il faut faire parler pour une noble cause (sauver des enfants par exemple d'un danger imminent). Certains vont jusqu'à infliger des doses mortels au personnage qui joue la comédie. Tragique. Qui peut dire comment il se comporterait en situation de stress, de faiseur extrême, de guerre?

     

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