Dans quel état j'erre - Page 4

  • Federer, de GOAT à UDC

    federer 20e.jpgJe ne suis pas un fan de tennis, mais je reconnais que les champions ont quelque chose de fascinant. Federer, à entendre les panégyriques que déversent notre télévision publique et tous les journaux suisses au soir de son vingtième titre en grand chelem, est plus qu'un champion. On dirait un saint si ce mot n'était pas politiquement correct. Encore que #GOAT (greatest of all time) est sans doute trop policé pour en fait un vrai. Les saints ont rarement un parcours sans accrocs, lesquels sont d'une toute autre nature qu'une blessure qui vous tient six mois hors jeu. 

    Ce que je retiens encore, c'est que notre Rodger, notre Fedou à nous, est à moitié suisse (sa mère est comme on sait sud-africaine d'ascendance française et néerlandaise, dit wikipedia), ce qui doit nous rendre un peu modeste, à l'instar de nos voisins si cocardiers dont l'équipe de football est comme chacun sait black blanc beur. 

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  • Republik, Berne-Genève, PME et politique

    republik demokratie.jpgRepublik, c'est le nouveau média qui fait parler de lui Outre-Sarine. Un projet ambitieux qui a collecté pas moins de deux millions de francs sur la promesse de faire du bon journalisme (ce qui sous-entend que les autres n'en font pas ou pas assez, le même argument qu'on entend aussi chez Bon pour la tête ou dans la douzaine de jeunes pousses en France qui veulent réinventer le journalisme à coup de souscription publique, ou encore parmi les opposants à No Billag qui laissent entendre ou disent carrément que les employés des grands éditeurs privés sont aux ordres du grand capital... ).

    Berne-Genève. Les Genevois ne décolèrent pas. Berne a sanctionné le canton en ne lui concédant que des miettes pour ses infrastructures de transport public. L'affaire va sans doute occuper le Grand Conseil du bout du lac, dont la pagaille, la loghorré et l'incapacité de se mettre d'accord sur des projets n'est pas pour rien dans la décision fédérale. J'ai tweeté ici et  six autres raisons qui à mon sens explique le désamour entre Genève et Berne en matière de mobilité.

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  • Bonne année 2018, évidemment

    soleil thermo.jpgL'usine thermonucléaire qui nous tourne autour, se lève et se couche chaque jour, monte et descend dans le ciel bleu au gré de saisons est une étoile singulière sans qui nous ne serions pas.

    Il y a des siècles pourtant que plus grand monde ne lui rend un culte. Le soleil et son chapelet de planètes sont perdus quelque part dans une galaxie, elle-même est perdue dans un univers dont on pense qu'il eut un commencement, le fameux big bang, qui ne nous dit rien d'avant. A moins que cet univers ne soit qu'un des possibles et qu'en vérité bien des mystères nous échappent encore.

    Dans un blog dont il a le secret, Maurice-Ruben Hayoun s'étend ce 1er de l'an neuf sur ce temps éternel que nous autres humains, ici (ce n'est pas le cas partout), aimons rythmer, refaire sans cesse le passé à notre aise, rêver le futur, lui donner un début et une fin, batailler au présent pour partager, parfois imposer notre point de vue à nos voisins.

    Il ne viendrait à l'idée de personne de souhaiter que l'année qui s'ouvre soit mauvaise. Je forme donc des voeux pour que cette 2018e année - depuis le dernier événement fondateur de notre ère - soit toute de sérénité.

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  • Vous avez dit catastrophes naturelles?

    Bondo.jpgLe Tages Anzeiger publie depuis ce mercredi une série de grandes interviews pour passer le Nouvel An, traditionnellement riche en bulles, en voeux et en lumière mais chiche en news. Période de vaches maigres pour la presse qui recycle ses bonnes émissions, tire plus ou moins habilement des bilans ou des plans sur la comète.

    Ce qui frappe dans l'offre du Tagi, c'est que les neuf interviewés sont inconnus de ce côté-ci de la Sarine. Rien de nouveau sous le ciel helvétique me direz-vous, chaque canton cuit sa cuisine dans son chaudron. Mais en ces temps où le citoyen cherche des raisons de voter non à No Billag le 4 mars prochain et donc oui à sa chère SSR, on se dit qu'elle a vraiment raté une de ses missions clés: l'entre-connaissance des Suisses et de leurs cultures.

    Ce jeudi, c'est le tour du "plus important connaisseur des Alpes" (dixit le quotidien zurichois), Werner Bätzing, un Allemand, le second de la série après Campino. Campino est, comme chacun sait, le chanteur du groupe punk Die Toten Hosen, qui s'est découvert un amour pour Merkel...

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  • C'est l'histoire d'un chauffeur TPG...

    mathias avion catenaires.jpgMathias a resurgi sans crier gare... "Cela fait un bail que nous ne nous sommes plus vu, et je suis désolé de te contacter abruptement. Après mes débuts dans la photographie, j’ai bifurqué sur des voies plus rapides, celles du transport. Aux TPG depuis 2009 comme conducteur, je suis actuellement en arrêt de travail. De gros ennuis de santé m’empêchent de reprendre mon métier de wattman depuis plus d’un an, et il est vraisemblable que je ne pourrai plus jamais conduire professionnellement...

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  • Johnny, le dernier show de Jean-Philippe

    hallyday 2.jpgL'ampleur des hommages rendus à l'idole des jeunes m'étonne, mais n'est pas étonnante. Le peuple a toujours eu besoin de communier. Le voici dans une grand messe.

    L'émotion est au people ce que la raison est au citoyen. Nous sommes l'un et l'autre. Il faut donc des deux en dose que Dieu, la hasard, la vie ou la mort mesure. Et que le (show-)business, la politique, les médias, les réseaux sociaux, flattent, exploitent, explosent. La France qui fut nagère la fille aînée de l'Eglise ne se sait plus trop ce qu'elle est en ce jour de quasi deuil national, un curieux assemblage de paganisme et de catholicisme.

    Je suis Charly. Je suis Johnny? Non, les premiers sont morts en martyrs du terrorisme islamiste, le chanteur est mort dans son lit, usé au terme d'une vie menée à 100 à l'heure. Charly est le poil à gratter des institutions. Johnny n'a gratté que sa guitare. Remarquablement sans doute, mais pas sans être le soutien d'un camp.

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  • +3: Cette fois je vote No Billag

    39E15C45-2A06-4644-B8E7-E6CB0F1B2BAC.jpegDemain, c’est l’enfer, la caméra est en mode surex, filtre jaune ou blafard, les glaciers fondent et submergent les vallées, l’eau potable est contingentée, la dengue débarque en Valais et fait sa première victime... le Rhône déborde, les montagnes s'écroulent... voilà en bref ce que la télévision publique suisse imagine quand la température moyenne de la Suisse aura augmenté de trois degrés, un degré de plus que le scénario des accords de Paris...

    Imaginez que votre température corporelle soit de 40 degrés, dit la journaliste sans une once d’esprit critique ni la moindre précaution...

    Sur le plateau de cette émission caricaturale, on retrouve trois des grands prêtres de l'écologie. Qui ne prêchent que permaculture, agroforesterie, interdiction des engrais chimiques azotés, réduction des trafics motorisés... Fernand Cuche, Dominique Bourg et une femme que je ne connais pas. 

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  • Combien de pauvres à Genève quand Caritas est né?

    0533AE45-0EA3-4E50-ACD2-63E938212A3E.jpegCombien de pauvres à Genève quand Caritas Genève est né? La question laisse sans voix les premières personnes que j’interpelle, dont le président Trabichet, alors que s’ouvre le symposium de Caritas Genève à l’occasion du 75e anniversaire de l’institution caritative.

    Traditionnellement adossée au monde catholique, l'oeuvre caritative agit depuis des lustres déjà sans distinction de classe, d’origine, de condition, de religion. Aucun prêtre n’était d’ailleurs visible à Uni Mail, aucun n’a été invité à prendre la parole pour rappeler les origines de la solidarité et notre pauvreté ontologique.

    L'entreprise Caritas (car c'en est une) est-elle tombée dans le monde des experts, des checheurs (on ne dit plus des savants), ceux qui ne parlent pas (plus) des pauvres, mais des exclus, des désaffiliés, des vulnérables?

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