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  • La fin des journalistes?

    yann guégan.jpgUn collègue m'a signalé un blog de Yann Guégan intitulé: L’urgence pour les rédactions ? Arrêter d’embaucher des journalistes ! Sa collecte printanière au colloque de Perugia. Un billet bien fouillé et plein de références (combien de références dans les papiers que nous mettons en ligne en moyenne, lui ai-je demandé).

    Je ne connais pas Yann Guégan, mais j'en ai croisé quelques-uns dans ma carrière de ces consultants qui ont le verbe facile, la souris agile, le surf buzzique. Ils vous en mettent plein les yeux et instillent une petite musique qui vous fait penser que vous et vos collègues êtes passablement largué, que votre entreprise est au bord de la centrifugeuse loin de ces modes d'expression tous plus smart les unes que les autres, censés capter l'audience, autant dire le graal. De la qualité de l'info citoyenne, il n'est que rarement question.

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  • The Independant abandonne la presse. Va-t-il y perdre son âme ?

    image.pngLa nouvelle a traversé cette semaine les rédactions comme une annonce fatale. On y passera tous. Tôt ou tard. The Independant, 30 ans à peine, des fleurons de la presse britannique cessera en mars prochain de dévorer chaque jour des arpents de forêt pour n'être publié plus que sur la toile. Un grand progrès pour l'écologie même si près de la moitié de la matière première du papier journal vient de déchets recyclés. 

    Un ancien éditorialiste du quotidien publie dans le Guardian cette interrogationPeople who say “there are enough newspapers”, are like people who say there are enough public parks or libraries, or piano concertos: always and forever wrong.

    Andrew Marr craint qu'une rédaction en ligne perde plus facilement qu'une édition imprimée ce supplément d'âme qui fait d'un journal un journal. 

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  • En 2020, 20% des articles écrits par des robots

    image.pngFlipboard est un bon moyen de butiner sur le web. Feuilletant mes sélections, j'expérimente une des raisons de la défection des consommateurs d'un seul média, journal ou telejournal. Le temps de l'information ne diminue pas, je pense même qu'il augmente, mais les moyens d'information se sont demiltipliés dans des proportions inimaginables. La part des médias locaux s'en trouve forcement congrue.

    Donc, sur Flipboard, je surfe sur Nieman Lab. Je tombe sur Wired, puis sur le blog d'Yseop, une jeune pousse française installée aux Etats-Unis, qui tente de faire sa place au soleil des génératpeurs de textes, lequel me renvoie sur Gartner. L'Institut de prospective croit qu'en 2020, 20% des articles seront produits par des robots. 

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  • Karma Police, cookies, Snowden et le douanier Vionnet

    image.jpgJe suis les publications de Nieman Lab via un fil logé chez Flipboard - il paraît qu'iOS9.0 lance un concurrent de Flipboard - et je tombe sur un long article de The Intercept, qui révèle via les papiers de Snowden comment le gouvernement britannique espionne les gens en appliquant des traitements appronfondis sur des milliards de métadonnées pompées du web et des câbles qui passent à proximité, des cookies et autes traces que les internautes laissent volontairement ou non a chaque fois qu'ils se connectent et surfent sur la toile.

    Grâce à des outils, comme Karma Police ou Mutant Broth, par recoupement, regroupement, tri, association, collection, timing, localisation, etc, les espions de sa majesté décrivent, expliquent le journal, documents à l'appui, le profil de n'importe quel internaute et, de proche en proche, l'extraire de la masse des anonymes. 

    Naguère, je voyais sur la route devant la cour où je jouais au sable, le caporal Oberson, l'appointé Tornare ou l'adjudant Vionnet (le grand-père de Luc Barthassat que le ministre a cité jeudi au Grand Conseil à propos de la fermeture des routes secondaires non gardées par les douaniers). 

    https://theintercept.com/2015/09/25/gchq-radio-porn-spies-track-web-users-online-identities

    http://www.niemanlab.org

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  • 80 millions de francophones, c'est une prison

    image.jpgIl y a déjà quelque temps, un savant avait, sur France Culture, comparé la connaissance à la surface d'un ballon de baudruche. Au début, disait-il, le ballon est à peine gonflé, un seul homme pouvait alors saisir la totalité ou presque de la surface et connaître toute la conaissance alors connaissable - encore que je me demande si Aristote aurait été capable de faire du feu avec deux silex.

    Plus la connaissance augmentait, plus le ballon se gonflait et sa surface s'étendait, rendant l'omniscience rapidement impossible. Aucun savant ne sait tout. Pire, ajoutait le savant de France Cul, la surface s'étirant plus vite que le volume (au carré du rayon). Très vite des îlots de connaissance sont apparus à sa surface entourés de mers puis d'océans d'inconnus. Pire encore, chaque îlot a développé son vocabulaire pour désigner son domaine de connnaissance qui devient inconnu ou abscons à l'oreille des savants des autres îlots. 

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  • Genève, Zurich: deux communes aux antipodes

    Capture d’écran 2015-04-06 à 09.34.53.pngLundi dans quinze jours, on saura si la gauche a retrouvé sa majorité en Ville de Genève ou si l'assise de ses quatre magistrats sur cinq que compte le Conseil administratif s'est réduite grâce à la victoire d'un des quatre partis de la droite qui veulent que ça change. Pour les noms des cinq comaires qui dirigent la municipalité, il faudra attendre le 10 mai. Je ne vois qu'un seul des sortants - ils se représentent tous - puissent obtenir la majorité absolue au premier tour, le 19 avril.

    Même Kanaan, qui a plutôt bien mené sa barque et a surtout bénéficié de la calamiteuse gestion de son prédécesseur Mugny, ne devrait pas franchir la barre. Ce qui en dit long sur la difficulté qu'ont nos édiles de rassembler au-delà de leur chapelle politique. La Ville qui est de loin la première commune du canton souffre de son incapacité de concevoir le pouvoir sur un mode collaboratif avec les quarante-quatre autres communes et avec le canton. Dans la plupart des grands chantiers, parkings, mobilité, rade, culture, sports, la ville apparaît plus comme un frein au développement du Canton.

    Une des raisons est évidemment politique. Elle est de gauche et le canton est ancré à droite. D'autres raisons résident je pense dans sa dimension et ses compétences. La Ville de Genève est lilliputienne et, hormis la culture et le sports, sans réelles compétences. Il suffit de comparer Genève à Zurich pour s'en convaincre.

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  • Des médias de bonnes nouvelles

    Donnez-nous des bonnes nouvelles! L'antienne est récurrente depuis que la presse existe. Il est vrai que le journal ne reflète que rarement la réalité de la vie qui va. Jamais d'info sur les trains qui arrivent à l'heure, les quelque 500'000 va et vient quotidiens - presque sans accidents - des travailleurs de et vers Genève, des 95% de la population active qui toujours à Genève a un emploi, des vieux qui vieillissent toujours plus vieux, des gens heureux, les gens heureux n'ont pas d'histoire donc pas de quoi remplir les journaux.

    Mais, mais, mais...

    Mais les gens en ont marre des breacking news, du bruit de l'info en continu, des images en boucle, des directs sans filtre. Et puis, à Genève, 41% des gens sont étrangers et n'interagissent donc pas avec la politique locale ou nationale. Et si l'on y inclut les frontaliers et les abstentionnistes, seuls 20% des gens suivent l'actualité politique.

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  • Snapchat, Facebook, des ogres pour les médias?

    image.jpgAinsi le New York Times devrait diffuser directement des articles sur Facebook et recevoir en contrepartie une part de la manne publicitaire que le partenariat entre le plus grand réseau du monde et l'un des plus prestigieux journaux du monde devrait générer.

    Snapchat a anticipé le nouveau marché de quelques semaines en créant Schnapchat Discover, qui relaye des news taillées sur mesure pour ce nouveau venu dans le monde bouillonnant des réseaux et qui captive les jeunes. 

    Il paraît que 80% des jeunes Américains s'informent via les réseaux sociaux et ne les quittent plus. Facebook est comme Windows le fut pour leur papa, un ogre incontournable. Les éditeurs qui espéraient troquer leurs rotatives contre des sites internet pourraient déjà devoir réviser leur plan.

    A quoi bon entretenir des sites internet ou des blogs à grand frais si Facebook fait le travail gratuitement et en plus promet de partager les bénéfices? Les rédactions auraient peut-être mieux à faire en pactiser avec Snapchat, Facebook, Twitter ou Google + Pinterest et les autres qui vont suivre.

    Le séisme FB-NY, s'il a lieu, promet de sacrés répliques. Comment résister et capter durablement des abonnés fidèles? Vaste question!

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