Air du temps - Page 3

  • Une croix en creux à Saint-Pierre

    croix st piere.pngAction. Dans le chœur de Saint-Pierre, deux grandes planches de bois clair, polie, poncée, huilée; entaillée horizontalement au deux tiers de leur hauteur, sont fichées dans un support préparé par une jeune femme au regard franc, un espace vertical les séparent. Aussitôt apparaît l'image d'une croix. En creux.

    Du haut de sa chaire, Blaise Menu, le modérateur de la compagnie des pasteurs de cette année-là, joue l'offusqué. Comment peut-on, au cœur de la Rome protestante, dans l'église de Calvin, tolérer une image, cette image?

    Commence par descendre de ton piédestal, l'invite sa consœur Vanessa Trüb, nous sommes l'église de la réforme. Nous sommes toujours en réforme. 

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  • Tous saints: de 1 à 10

    bosh enfers.jpgEn ce jour férié dans les pays catholiques, alors que la chrétienté commémore le 500e anniversaire de la protestation d'un curé  rebelle, un certain Martin Luther, choqué par la vente par Rome des indulgences (ces laisser-passer pour le paradis qui permettaient aux chrétiens d'alors, terrorisés à l'idée de griller pour l'éternité dans les enfers à la Jérôme Bosh), en ce jour de la Toussaint donc, qui voit les vivants - j'en suis - déambuler dans les cimetières un pot de chrysanthème à la main et se remémorer leurs morts, je m'interroge sur l'état de mon curseur de sainteté.

    Où suis-je? De 1 à 10, comme l'échelle de la douleur, commune désormais dans nos hôpitaux, où nous mourrons tous ou presque désormais, car la mort comme la naissance est de nos jours affaire - très bonnes affaires pour eux - des spécialistes, des experts des médecins, qui ne savent pourtant ni juger du début ni de la fin des choses...

    De 1 à 10, où suis-je? Dans quel état j'erre?

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  • La saga catalano-espagnole, Don Quichotte et le bouc-émissaire

    don quichotte.jpgUn Genevois émigré en Espagne me tient informé de la saga catalano-espagnole, une histoire pas tout à fait donquichottesque quoique l'indépendance comme la nation soient des chimères du XIXe siècle.  

    "Les Espagnols sont des gens formidables, mais comme le disait un ami, amené à s'occuper (lui aussi pour meubler une retraite, hélas trop courte) de travailleurs immigrés en Andalousie, ils sont (je le cite, il était dans mon modeste salon, il cherchait son adjectif) "un peu... bourrus". 

    "Et lorsque j'invoque les mânes de Vaclav Havel, je me heurte à la réponse "oui, mais ici,c'est pas la même chose". Réponse à peu près aussi intelligente que celle-ci, servie en d'autres circonstances: "c'est la faute à l'informatique": en Suisse, je ne sais pas, mais ici, on me l'a encore invoquée il n'y a pas longtemps."

    Cette réflexion, qui pourrait alimenter un blog lui ai-je suggéré, vaut bien une répons. Que voici:

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  • Les géants et le vif du sujet

    geant parel.pngAprès les bouchons, les questions. "Douce nuit genevoise pour la Grand-Mère et la Petite Géante" titre mon journal préféré tandis qu'il consacre sa une à l'événement de cette fin de semaine. Des foules vont déferler sur Genève pour voir la saga des géants, deux marionnettes pendues à des grues que des servants manipulent à force de bras et de cabrioles. Elles respirent et font des bruits de forge. Elles font pipi et font s'esclaffer les gamins.

    Le réveil sera sonore a averti la police dans un tweet. La maréchaussée, qui a été renforcée par des troupes vaudoises et fribourgeoises et la protection civile, conseille aux parents d'écrire leur numéro de portable sur le bras de leurs enfants.

    Mais qu'est-ce donc qui met en marche la foule derrière des pantins en bois. Entrons dans le vif du sujet.

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  • A Veyrier, «Quelle solidarité avec les migrants ? »

    refugiers sept 2015 reuters.JPGLorsqu'Angela Merkel ouvrit les portes de l'Allemagne, fin août 2015, aux centaines de milliers de migrants qui se pressaient soudain aux marges de l'Europe, pour la plupart des Syriens, des Afghans et quelques autres, des habitants de notre pays se mobilisèrent pour les accueillir.

    Ils ne sont pas venus en Suisse. En nombre du moins. Certes, il a fallu ouvrir quelques abris de protection civile en plus et répondre à la contestation de "No Bunker" (dont l'activité est en berne) et de quelques paroisses en aménageant sur le champ des hébergements hors sol. A Veyrier, l'association Tessera s'est mobilisée pour eux.

    Deux ans plus tard, le centre d'hébergement prévu l'Hospice général sur le territoire communal (aux Grands Esserts,très loin du centre du village) est toujours dans le labyrinthe des administrations communale et cantonale. Nyon a refusé le sien ce dimanche. Ce soir, au premier café philo ou café citoyen mis sur pied par Yves Brun, un octogénaire toujours vert, catholique et solidaire, la représentante de l'Hospice général n'a pas apporté de précisions particulières sur ce dossier.

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  • Alerte, les Chinois traquent nos vélos

    o-bike.pngAlerte, les Chinois traquent nos vélos. C'est un peu le fond et le ton de l'enquête publiée en première page du Tages Anzeiger ce matin. En cause, la société O-Bike qui, comme son nom ne l'indique pas, est une filiale d'Alibaba, l'Amazon chinois, un mastodonte de la vente en ligne mais aussi de bien d'autres services dans l'empire du milieu et ailleurs aussi. 

    Or donc O-Bike a déployé ses vélos en libre service dans la capitale économique de notre petit pays. Comme dans bientôt 200 autres métropoles du monde. Mais pas encore à Genève malgré que nous sommes, n'est-ce pas, La Capitale des organisations internationales. 

    Prolèmes, le prêt du vélo qui s'opère très simplement en quelques clics via l'ordiphone de chacun, génère toute une série de données qui vont aussitôt se nicher du côté de Pékin ou de Shanghai, bref pas dans nos bunkers suisses à nous.

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  • La Presse un modèle pour la Tribune

    la presse home.pngL'info reste lacunaire. Elle provient principalement de l'entreprise elle-même. Néanmoins, je crois que "La Presse", un journal créé en 1884, cinq ans après la Julie, montre la voie que la Tribune de Genève devrait suivre. Cesser d'imprimer cinq jours par semaine au profit d'une seule édition le vendredi. Et le reste de la semaine? Adopter la maquette du journal montréalais, être un média de référence sur le net et en adopter l'ADN; la gratuité pour les lecteurs.

    La Presse tirait à 180'000 exemplaires quand son éditeur a fait le saut en 2015. Elle semble plutôt bien se porter. Sa maquette sur les tablettes est un modèle du genre, dont les journaux suisses feraient bien de s'inspirer. Une plate-forme de blogueurs et de commentateurs, des chats-conseils, des informations automatiques sur tous les clubs sportifs locaux, tous les conseils, toutes les associations et des lucarnes en diverses langues feraient de ce média une vraie tribune des habitants de et autour de Genève. 

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  • L'évêque de Genève: sans sous mais pas sans valeur

    pascal-desthieux-2-800x450.jpg"Je suis inquiet car les dons ont diminué." Datée du 15 août, fête de l'Assomption, qui ne fut donc pas chômée au 13 rue des Granges, la lettre de l'abbé Pascal Desthieux, pas encore vice-évêque de Genève, mais en charge des quelque 200'000 catholiques du canton, la lettre s'alarme d'une diminution sensible des dons cet été. Bref, l'église est dans le rouge vif et devra sans doute restructurer. 

    Or sur ce point, c'est le silence radio total. Le vicaire épiscopal lance un appel mais ne rappelle pas ce qu'il fait des dons (3 millions en 2015, 15% de moins déjà en 2016). Il ne dit rien surtout du patrimoine immobilier de l'église. Celui-ci est-il correctement géré? Pourrait-il dégager davantage de moyens? La réponse est évidemment oui. 

     

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