Whatever it takes

pétition école.jpg"Whatever it takes!" "Wir schaffen das!" Vous vous souvenez? "Quoi qu'il en coûte", fut l'injonction de Mario Draghi en 26 juillet 2012 pour sauver l'euro des spéculateurs qui, comme des rapaces, tournaient autour de la monnaie unique. "Nous y arriverons", avait lancé Angela Merkel le 31 août 2015 quand près d'un million de réfugiés arrivaient en Allemagne surtout et en Europe un peu.

Le sauvetage de l'euro est toujours en cours et l'intégration des migrants n'est pas simple. Avaient-ils l'Italien président de la Banque centrale européenne et la chancelière allemande d'autres choix?

Depuis le Brexit a ouvert une brèche aux rapaces, Lagarde, qui a succédé à Draghi, déçoit (en fait, elle n'a plus les moyens seules de mettre l'économie sous perfusion), Trump détruit le système international, Vladimir est assis sur le trône de Russie pour 16 ans encore, comme Xi, l'empereur de Chine. Et moi, et moi, et moi?

Macron nous l'a donc fait hier soir "Whatever it takes". Il ferme les écoles mais n'annule pas les municipales. Il ne se contente pas d'ajourner le paiement des taxes, il promet qu'il mettra tout en oeuvre pour sauver les PME de la faillite (ce singulier républicain est stupéfiant pour nous autres Suisses, biberonnés - ou shootés - au fédéralisme et à la démocratie directe). Il versera les salaires d'une manière ou d'une autre pour éviter le trou de liquidités qui s'ouvre béant devant beaucoup d'entreprises - plus de vente mais toujours des rémunérations à payer - n'ajoute à la crise sanitaire une crise économique plus grave encore. Mais tous les Etats vont-ils agir de même? C'est la crainte de la patronne de la BCE.

Sage décision sans doute de Macron - mais a-t-il le choix? -  qu'on n'entend pas aussi clairement en Suisse ou la cascade des pouvoirs créent une cacophonie générale.* 

Contrairement à la crise de 2008, entièrement provoquée par une dérive financière aux Etats-Unis, la crise actuelle ne devrait être de courte durée (si ce n'est pas le cas, les collapsologues pourront vivre en direct leur dystopie. Et elle le sera de courte durée, si effectivement, chacun adopte les bons comportements, en particulier le mètre au moins de distance entre les gens. Et pour que chacun adopte ses mesures, il a fallu une fois de plus passer par des mesures choc. Comme la fermeture des écoles. 

On voit mal comment la Suisse pourra échapper à cette mesure, qui présente bien plus de risques que d'avantages, dans l'état actuel des choses,  si l'on en croit nos autorités et ceux et celles qui les conseillent. 

Le mot psychose est devenu tabou.

 

 

* Ainsi, l'église catholique de Genève décide de supprimer toutes les messes. Étrange décision quand on sait que la plupart des offices du jour ne sont fréquentés que par quelques vieux et vieilles dispersés et qu'il suffit de filtrer les entrées le dimanche dans les rares lieux où les églises font salle presque comble... Et pourquoi le 15 mai? 

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