Un samedi noir pour l'Europe

Qui dira que ce jour est un samedi noir pour l'Europe?

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Ce premier février est donc une date historique. Mais l'histoire la retiendra-t-elle? Une île redevient une île. La Grande-Bretagne rompt le pacte qui, en 1973, passé le veto du général de Gaulle, lui a fait partager durant 47 ans le sort toujours incertain de l'Union européenne - mais quel sort ne l'est pas, incertain? Rien ne vas changer durant quelques mois excepté l'abaissement de l'Union Jack devant le palais Berlaymont de Bruxelles et le retrait des des MEP, les élus britanniques au parlement européen. 

What else? 

La déconstruction de l'Europe sera lente. A moins qu'un conflit, une menace grave convainque à nouveau les Européens de taire leur nationalisme et les forcent à nouveau, de force plutôt que de gré, à poursuivre la construction de la fédération des Etats libres et démocratiques d'Europe. 

Les Suisses n'ont pas de leçons à donner aux Européens. Certes au fil d'une histoire souvent incertaine, la Suisse a su créer non pas une nation - notion bien trop française pour qualifier les pays d'Europe, mais une fédération, chaque canton ayant conservé ses coutumes, ses cultures - plusieurs sont eux-mêmes multipolaires - acceptant d'abandonner au pouvoir central non sans peine les prérogatives qui font de la Suisse une République démocratique. 

Les Suisses n'ont pas de leçons à donner à l'Europe, car ils ont refusé et refusent toujours de céder quelques-unes de leur prérogatives politiques à un pouvoir continental et de s'intégrer comme un membre à part entière de l'UE *.

Peut-être n'est-ce pas dans notre ADN alors que la plupart des autres pays membres trouvent dans l'Europe les échos de leur ancienne puissance qui s'est exprimé longtemps dans le colonialisme ( France, Grande-Bretagne, Espagne, Italie, Portugal, Hollande, Danemark) ou les échos d'un certain empire qu'ils ont exercé sur une partie de l'Europe (Autriche, Suède, Allemagne, Tchékie) ou le simple besoin d'une protection vitale contre un voisin trop impérialisme (Irlande, Grèce, Pologne, Pays baltes, Finlande, Hongrie, Roumanie, Bulgarie). 

Ce confetti alpin est une exception à plus d'un titre, on l'a dit. Dommage tout de même que nous ne soyons pas plus audacieux ou plus courageux pour apporter notre savoir faire dans la construction d'une République fédérale et démocratique européenne. 

J'ai parfois le sentiment que la peur du réchauffement climatique est un leurre qu'on jette aux yeux des jeunes comme un torchon rouge devant un taureau. 

 

* En matière culturelle et économique, l'indépendance de la Suisse est un leurre. Son insertion dans le monde et la culture capitaliste américain et européen en fait même un des pays les plus ouvert au monde. 

 

Crédit de la carte: Par Kolja21Travail personnel, CC BY-SA 3.0, Lien

Commentaires

  • "L'indépendance de la Suisse est un leurre"
    Sans doute, mais l'indépendance de l'UE est un leurre aussi. Aucun Etat membre de l'UE n'est indépendant non plus.
    A notre époque, tout le monde dépend de tout le monde. Toute l'économie occidentale dépend de la production chinoise à bas coûts. Les pays du Golfe dépendent de notre soif de pétrole pour faire avancer nos avions et nos voitures. Etc.

    La plupart des pays de la planète ne sont pas membres de l'UE et certains, dont la Suisse, ne s'en portent pas plus mal.

  • "Un samedi noir pour l'Europe" dites-vous?

    Comme de si nombreux européistes vous jouez sur les mots pour mieux mentir. C'est un jour noir pour l'UE et les mondialistes non pas pour l'Europe, bien au contraire!

    C'est surtout un grand jour pour la démocratie.

  • AVIS DE DÉCÈS

    L'Union européenne a le pénible devoir de vous faire part qu'elle vient de perdre l'un de ses membres. La Grande-Bretagne s'en est allée malgré l'acharnement thérapeutique entrepris par sa commission. Les efforts furent vains, la volonté démocratique l'a emporté.

    Sont dans la peine :

    Le Matin Dimanche,
    Le Temps,
    La RTS,
    EconomieSuisse,
    Le Parti socialiste,
    Le Parti radical-libéral,
    Les Verts,
    Le Parti démocrate-chrétien,
    Les Antifas et leurs enfants, les Black-Blocs,
    Simonetta Sommaruga,
    Alain Berset,
    Karine Keller-Sutter,
    Ignazio Cassis,
    Viola Amherd,
    Chantal Tauxe,
    Ariane Dayer,
    Foraus,
    Nés le 07 décembre,
    Le NOMES.

    Une veillée funèbre est organisée cette nuit dès 23h00 au domicile de François Chérix à Lausanne. Les dons seront versés à la Open Society Foundations, succursale de Bruxelles afin de financer l'entrée des pays des Balkans dans l'Union.

    Y. Perrin

  • Cela dit, on entend un peu de tout ces derniers jours.
    Bien entendu, ceux qui gueulent le plus fort sont ceux qui pensaient, espéraient que le Brexit n'aurait pas lieu, que ce serait un échec, autant dire que c'était le camp des européâtres.
    Il y a aussi la voix de ceux qui, sans être anti-UE, analyse la situation sans parti pris malhonnête.
    Sans être économiste, chacun sait qu'à chaque fois qu'une situation d'incertitude pointe son nez à l'horizon, on a droit aux litanies des Cassandre.

    C'est quand même un peu tôt pour déjà enterrer l'Angleterre qui n'a pas l'UE comme horizon indépassable.

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