Les Genevois en 1960 et aujourd'hui

pyramide geneve 2018.jpgLe réchauffement climatique fait peur. Et nous en serions responsables largement. Et nous serions capables de réduire ce risque si nous étions moins gourmands en énergie fossile... Naguère, ce n'était pas le réchauffement climatique mais le manque de nourriture ou le manque de pétrole qui effrayaient. Combien de rapports alarmistes n'ont-ils pas été publiés sur les famines à venir et la fin du pétrole?

Toutes ces peurs reviennent au fond à une cause, celle du nombre d'humains sur terre. Or, bizarrement, cette question à qui l'on consacrât quelques sommets onusiens ne rassemble plus trop les experts et moins encore les foules.  Serait-ce parce que, secrètement, la dépopulation menace l'Europe comme elle frappe déjà le Japon? Et qu'il est politiquement incorrect de s'inquiéter de cette croissance démographique?

Je laisse à chacun le soin d'y réfléchir. Je me suis modestement penché sur le cas des Genevois, Nous sommes un peu plus de 500'000 depuis un an. Cette vitalité démographique nous a valu un siège de plus au Conseil national, grâce aux étrangers, puisque c'est la population résidente qui fait foi et non celles des Suisses.

A l'aide des données de l'Office cantonal de statistique j'ai dressé le tableau ci-dessous qui compare la population genevoise par classe d'âge en 1960 et 2018. C'est assez éloquent et ça explique ces relents de "Halte à la croissance" qui motivent des oppositions diverses et alimentent les conversations. 

population genevoise 1960 2018.jpg

La population genevoise a donc doublé en 60 ans. Elle subit aussi de profondes transformations structurelles. Ainsi les plus de 80 ans sont 2,7 fois plus nombreux qu'en 1960. Et l'arrivée la retraite des baby-boomers, dont je suis un des premiers spécimens, va accentuer encore le vieillissement de la population. Un déséquilibre que compense en partie les nombreux actifs de nationalité étrangère (même si le coeur de beaucoup d'entre eux est genevois). 

Il faut observer la pyramide des âges de notre canton. (cliquer sur l'image qui ouvre cette note). Elle illustre parfaitement combien les ressortissants étrangers compensent la maigreur de la pyramide genevoise entre l'âge de 20 et de 50 ans. Si cette pyramide intégrait les travailleurs domiciliés hors du canton, ce qu'aucune statistique ne fait à ma connaissance, l'écart serait encore plus grand. 

Cela ne va pas sans poser toutes sortes de questions, en particulier sur notre démocratie, qui exclut la majeure partie de ses travailleurs des droits du citoyen.

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60 ans nous séparent de 1960. Que sera Genève dans 60 ans, soit en 2080?

Poser la question produit soudain un vertige. Comment prévoir ce que sera Genève à la veille du XXIIe siècle? Qui, en 1960 et même en 1990 - il n'y a que 30 ans - aurait parié sur le fait qu'un tiers des 7,5 milliards d'être humains possèderait un smartphone et peut se parler et se voir en direct? Qui aurait parié que des machines apprenantes allaient désormais traiter mieux que nos cerveaux des données en masse: images, chiffres, écrits, sons, flux de toutes sortes? Qui aurait parié sur la voiture électrique, les véhicules autonomes, les humains augmentés (prothèses, médicaments, thérapies géniques)?

Le pire est évidemment toujours possible. On s'inquiète donc du réchauffement, de la disparition de certaines espèces, des pollutions, d'un effondrement même de nos sociétés incapables de gérer leurs contradictions et leurs tensions par le truchement de la démocratie.  

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