On ne peut pas gagner avec de mauvais candidats

2e tour 10 nov 2019.jpgGenève sera donc plus à gauche à Berne que jamais. Nulle doute que les deux nouveaux conseillers aux Etats Mazzone et Sommaruga, brillamment élus certes, devront verser beaucoup d'eau dans leur vin rosé et bio pour peser à la Chambre haute, une posture qu'avaient bien comprise les deux sortants Maury Pasquier et Cramer. 

Reste que la moitié des Genevois ne seront pas représentés au Sénat fédéral. La faute à qui? La faute au PLR et au PDC qui nous ont proposé des candidats de seconde zone. Il suffit de comparer le deuxième tour de 2015 avec celui de ce dimanche pour s'en convaincre.

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Benoît Genecand avait obtenu 85% des suffrages du premier élu, la socialiste Liliane Maury Pasquier, quand Hugues Hiltpold ne parvient qu'à 56% de la première élue Lisa Mazzone. Mieux Luc Barthassat tout comme Christian Luscher avait obtenu 93% des suffrages de la mieux élue en 2011.

La mauvaise qualité des deux "locomotives électorale" de la (més)Entente genevoise cette année était déjà sensible au premier tour qui a coïncidé avec l'élection du Conseil national. On peut parier sans risque qu'avec une candidature plus pugnace, plus jeune et plus féminine, le parti libéral radical aurait peut-être pu contester l’hégémonie rose verte.

Un ticket de Montmollin Maitre (ou Bachmann) aurait sans doute fait mieux que l'insipide couple HH. Et on s'interrogera encore longtemps sur la malheureuse sortie de route de celui que tout Genève voyait au Conseil fédéral ainsi que sur la mystérieuse disparition de la scène politique du premier président durable du Conseil d'Etat. Deux PLR perdus pour la République. Au fait pourquoi plus aucun professeur de l'Université  n'apporte ses compétences pour la chambre haute? L'expertise est sans doute plus confortable et ne se heurte pas au populisme des réseaux sociaux. 

Finalement, le PLR s'en sort plutôt bien. Il a certes reculé de 2,76 points le 20 octobre dernier mais il faut se souvenir qu'il avait gagné 2,37 points  en 2015. Les socialistes et le PDC sont en bien plus mauvaises postures. Les PDC annoncent des Assises au printemps. Une refondation? Un assemblage durable avec le PBD et le PEV? L'alliance avec les Verts libéraux semble plus délicate depuis leurs récents succès électoraux.

Quant à Amaudruz qui talonne Hirsch, la vice-présidente de l'UDC suisse fait en fait moins bien que Nidegger il y a quatre ans.

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NB: Note mise à jour à 10h.

Commentaires

  • La transparence des candidats n'aident pas, c'est certain. L'électeur qui vote à droite ne va pas voter à gauche parce qu'à droite les candidats sont pâlots, mais ils peuvent s'abstenir.

    Un 2ème frein est le PLR genevois, qui est d'abord libéral. Il a l'image d'un PLR à la zurichoise, et est perçu comme proche des banques, loin du peuple. Si pour un électeur de droite, de la classe moyenne, la gauche ne lui donne pas l'urticaire, il s'abstiendra probablement.
    Si le candidat PLR est charismatique, la personnalité prend le pas sur le parti et le fait oublier. Le PLR genevois plus que d'autre est donc condamné a proposer des "gueules".
    Le monde libéral du 20eme siècle n'a plus la cote. Un PLR à la vaudoise serait plus efficace.

    Quant au PDC, la raison est connue. Etre le parti des compromis sans avoir une ligne directrice, ne fonctionne plus. A défaut de l'être pour la Suisse, une ligne PDC reconnaissable, doit l'être au niveau romand et non cantonal.

    Le monde a évolué. Avant de faire alliance, il ne serait pas inutile d'écouter le peuple. Adapter l'idéologie au peuple ou "mourir", c'est le choix.

    La droite comme les socialistes affrontent un nouvel électorat. La continuité idéologique du siècle passé mène à l'échec.

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