La vague verte fond sur le génie suisse

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Premier constat en ce dimanche d'élections fédérales, le scrutin proportionnel et le fédéralisme sont deux formidables amortisseurs de la politique suisse. Deux autres facteurs du génie suisse sont le référendum et l'initiative. Deux autres sont les délégations de compétences - qui sont dans les autres pays publiques -, aux syndicats pour la paix sociale, à l'économie privée pour les assurances maladie et la majeure partie de la prévoyance.

Deuxième constat, le succès annoncés des Verts, portés par la peur du réchauffement climatique, ne va bouleverser le cours des affaires fédérales sinon à la marge seulement.

Troisième constat, la PDC Viola Amherd, dont le parti continue sa descente aux enfers, risque-t-elle de perdre son fauteuil au Conseil fédéral en décembre prochain? Les Verts contesteront peut-être la réélection de la ministre de la Défense. Vraisemblablement sans succès. Celle d'un des deux UDC aussi. Pour le fun. Leur tour viendra dans quatre ans peut-être, s'ils transforment l'essai de cette année 2019. Pour la gauche, le conseil fédéral est sans doute trop à droite. Tout est possible comme l'éjection d'un UDC, car le PS a tout intérêt à ménager le PLR avec qui il est plus facile de faire alliance, du moins avec les élus les plus centristes.

Quatrième constat. Réchauffement climatique ou pas, la réduction de la consommation des ressources non renouvelables s'impose de toute manière. C'est une question de survie, non pas parce que l'accumulation des gaz à effet de serre nous menacent, mais parce que la paix dans le monde exige plus de bonne économie, plus de justice.

Cinquième constat, les solutions ne sont que partiellement politiques. Il faut compter sur des technologies fondées sur de bien meilleurs rendements énergétiques - les batteries chimiques, les piles à hydrogène -, le développement de ressources alimentaires nouvelles non liées à l'exploitation des sols et des bêtes - la génération de viande in vitro, l'exploitation des insectes, l'hydroponie, les ogm -, la mise à contribution de toutes les énergies, y compris l'énergie nucléaire si nécessaire, car la population mondiale va continuer d'augmenter et les inégalités économiques (et les dictatures) continueront de générer des mouvements de population déstabilisants.

Sixième constat, l'avenir n'est pas sombre. Il comporte des défis. Après les incantations contre les 20 plus gros pollueurs du monde et les marches pour le climat, les Verts devront chercher des alliés pour infléchir le cours des politiques. Ils devront trouver des solutions qui ne mettent ni trop à contribution les pauvres ni top les entreprises pourvoyeuses d'emplois. A défaut, les yaka et les faukon buteront vite sur le référendum populaire.

participation fédérales 2019.jpgUn mot encore sur la participation. Moins 39,01% % à Genève, soit 4,5 points, quelque 12'000 bulletins de moins qu'en 2015. Pourquoi donc les électorats PLR, PDC, MCG et même UDC, quoique moins fortement, se sont-il démobilisés? Mon hypothèse est que bon nombre des électeurs de droite pensent que, face à un monde économique entièrement dominé par les idées libérales, il ne faut pas trop désarmer l'Etat. Ces électeurs n'ont pas voté à gauche, ils se sont abstenus.

Ce constat est cinglant au Conseil des Etats où le couple PLR-PDC Hiltpold-Hirsch, dont la valeur a été jugée d'emblée bien inférieure à celui de la gauche rose-verte Sommaruga-Mazzone, est renvoyé dans les cordes dès le premier tour. Il faudrait que l'UDC Céline Amaudruz se désiste et que le duo HH fasse le plein des voix éparpillées dans les petits partis du centre, ce qui est loin de se réaliser.

On ne voit pas pourquoi la vice-présidente du premier parti de Suisse ferait ce cadeau à l'Entente genevoise. Pour un siège hypothétique à la Mairie de Genève? Pour le PDC genevois, très affaibli ce dimanche (avec 5,13% en ville de Genève, il tombe sous le quorum municipal), accepter d'ouvrir la liste de l'Entente à l'UDC lors de la prochaine course à la Mairie de Genève serait signer sa perte et sa prochaine exclusion du Conseil d'Etat. L'orange est trop pressée. Il ne reste que des pépins.

Certes l'élection du Conseil national n'est ni une élection cantonale ni une élection municipale, elle montre cependant les véritables rapports de force du temps présent. Ainsi l'UDC a-t-elle bénéficié de l'effet d'entraînement national. Le MCG a contrario n'existe pas au-delà de la Versoix et fait les frais du recul du bloc national. La perte de son siège à Berne inaugure-t-il sa disparition à Genève?

Autre leçon que le PLR doit ruminer. L'extrême gauche pulvérisée en plusieurs listes fait son retour à Berne grâce à l'apparentement de ses listes qui ne tirent chacune guère plus de un pour cent des voix (sauf Solidarités 2,17%).

 

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