Maudit Maudet

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L'occasion était sans doute trop belle pour mon journal préféré. Que Pierre Maudet, dont la Tribune de Genève a été la première à révéler les turpides et les demi-vérités à l'origine de sa disgrâce politique du printemps 2018 - turpitudes que notre désormais mini-ministre-et-président-déchu se refuse toujours à nommer des fautes et des mensonges - que Pierre Maudet donc choisisse le principal quotidien de Genève pour dire sa rupture de collégialité à propos du budget 2020 est un bon coup médiatique. 

Sauf que la rupture de collégialité remonte à plus d'un an et est le fait de Pierre Maudet lui-même, qui par son voyage "privé" à Abu Dhabi et ses mensonges subséquents a rompu la confiance qu'on avait en lui. S'en est suivi la  punition méritée qu'on sait, dont j'ai estimé par ailleurs que le Conseil d'Etat aurait été bien inspiré de mettre un terme.

Sur le fond, pas un des ministres ne se satisfait sans doute du projet de budget 2020 ni du plan financier quadriennal.

Il est fort à parier qu'une majorité, composée de mécontents de tout bord, se dégagera au Grand Conseil pour renvoyer sa copie au Conseil d'Etat sans même l'examiner en commission. Et que, in fine, le budget 2020 ne soit qu'un copier coller du budget 2019. Ce ne serait pas la première fois que le gouvernement serre la vis des dépenses de cette façon. Une telle issue donnera le temps d'y voir plus clair en matière d'impôt sur les entreprises. 

Que Pierre Maudet dise sa différence n'a guère d'importance. Certes, il rencontrera des avis inquiets comme le nôtre à propos des finances genevoises et de la difficulté récurrente des élus de "faire des choix". Cependant comment compte l'ex-enfant chéri du PLR  transformer son indépendance en majorité politique? Au fait, fait-il encore partie du PLR, premier parti de Genève qui détient le département des finances? 

Pour redresser le cours dispendieux du bateau Genève, il ne suffit pas d'un capitaine ni de sept moins un ministres déterminés ni même d'un mini-ministre dissident. Il faut une majorité forte et sereine au parlement, capable d'entendre la vérité et d'en tirer durablement les conséquences. Or, Genève vit sans majorité depuis plus de dix ans.

Et si Genève n'a plus de majorité, c'est que les citoyens électeurs (au mieux 50% des 60% des habitants qui le sont, citoyens) donnent leurs voix à des partis extrêmes, qui, au mieux, annulent leur force, au pire, alignent leur position sur celle des fonctionnaires. Une force considérable: 49'196 employés à l'Etat et dans ses régies, auxquels il faut ajouter les 24'831 retraités (chiffres 2018, selon CPEG Info) sans compter les conjoints ni les fonctionnaires communaux, dont les salaires et les rentes dépendent du Canton.

Les Verts les premiers et leurs alliés socialistes, la gauche de gouvernement donc - otages des leaders du Cartel syndical - n'en finissent pas de pousser à la roue des dépenses, sans aucune autre recette que celle d'augmenter les impôts. La gauche de gouvernement semble bien se ficher que Genève soit déjà le champion suisse des prélèvements fiscaux.

Commentaires

  • J`estime personnellement que l`opinion de PM est d`autant plus digne d`intéret qu`il est le seul actuellement dans le gvt genevois a ne pas se sentir obligé de rester dans la ligne d`un parti.

  • On peut aussi penser que l’opinion de PM, exprimé dans la Presse, ravisse le PLR et serve la République.

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