La vogue de Bardonnex et le mythe du paradis terrestre

paradis terrestre.jpgLa vogue de Bardonnex est égale à elle-même*, ce qui, en ces temps où le concept de disruption a pris le gouvernail du monde, n'est pas forcément une bonne nouvelle.

Organisée par la jeunesse - neuf garçons cette année - la Vogue a perdu tout rapport avec ses origines: la fête votive de la vierge Marie, mère de Dieu, dont les églises chrétiennes, sauf la branche protestante, fête l'enlèvement au ciel le 15 août, un jour férié en pays catholiques, qui a coïncidé cette année avec le premier jour de la manifestation.  Or, l'église de Bardonnex détruite vers la fin du XVIe siècle lors de l'occupation bernoise de la région était consacrée à Notre Dame. 

Voilà pour la petite histoire que tout le monde a oubliée. Passons au paradis terrestre.

Le paradis terrestre n'existe pas mais il fait rêver les hommes depuis qu'ils sont sur terre. Sous nos cieux, les nouveaux croyants sont les verts et leurs affidés. Mais quel est leur Christ à ces apôtres qui annoncent la fin du monde et l'avènement d'un nouveau? Greta Thunberg qui s'en va traverser les mers, faire la tournée des assemblées d'experts? Va-t-elle publier un petit livre vert que ses fans brandiront à la commande? Le Christ enseignait sur la montagne et chemin faisant sans produire un gramme de CO2. 

L'une et l'autre ont bien un message en commun ou un même mot d'ordre: convertissez-vous! A voir combien les humains ont de la peine à suivre les voies du Christ (ou de toute autre ami de la paix, de la justice et de l'amour du prochain), on se dit que les appels de Greta ne vont pas dépasser les médias qui s'en font le relais à journée faite. 

Les Verts suisses ont donc opté pour la manière forte. celle de la loi, celle que 51% des citoyens, quelques fois plus, imposent aux 49% autres, quelques fois moins. Une dictature comme une autre - la moins pire de toutes les formes de gouvernance, aurait dit Churchill dont le nouveau premier ministre anglais se réclame - mais une dictature tout de même. 

C'est ainsi qu'à la Vogue de Bardonnex, je rencontre des amis paysans qui s'inquiètent de cette dictature verte et de la possible acceptation par la Suisse - par Genève, c'est certain - de l'initiative contre les herbicides de synthèse en février prochain.

Leur inquiétude se double de la peine qu'ils ont les paysans à exposer leur point de vue, à débattre sereinement et rationnellement de ce sujet. Il en va du glyphosate et de ses copains chimiques comme de l'énergie nucléaire, le débat est passionnel et paraît parfois imperméable à la raison scientifique. Small est toujours beautiful chez les Verts et donc big is awful. Surtout quand le capital et donc la rente et donc le profit et donc la croissance, forcément honnis, s'en mêlent. 

Serait-on revenu au temps des sorcières que l'on condamnaient  au feu jadis pour fabriquer des philtres dans leurs cornues et alambiques?

 

* Cette année, la grande tente de la vogue qui s'installait sur les parkings de la maison de la douane (la douane commandait les deux chemins aujourd'hui tout deux rompus par la tuilerie et l'autoroute, l'un menait à Lathoy qui se situant au sud de l'Arande, ne fut pas rattachée à Genève en 1815 et l'autre à Saint-Julien qui ne fut genevois que quelques mois, a dû être installée de travers, devant  la fontaine qui en fut occultée. Il paraît de source assez sûr qu'une douanière habitant là a enfin obtenu satisfaction, à savoir pouvoir accéder à son parking devant sa maison, mais on ne vit ni l'une ni l'autre. 

 

Sur le même sujet:

Trois collapsologues et 7'600'000'000 humains

Collapsologie, gourmandise et Biorégion 2050

Boom, boom boom: les paysans suisses canardés

Raté mais beau. Réussi mais morne

L'écospiritualité de Marie Cénec, une démocratie-chrétienne peinte en vert?

Glocal: c'est fort de café

etc.

Commentaires

  • "Serait-on revenu au temps des sorcières"
    Les inquisiteurs ont été remplacés par une classe de "nouveaux idéologues".

  • Je comprends les paysans. Je ne suis pas certain qu'ils ont compris les taxis.
    Leur problème vient d'une compétition mondiale acharnée que les subventions fédérales ne suffisent plus à compléter. Mais ils savent pertinemment que le glyphosate est poison. Leur problème est économique. Ils ne peuvent régater s'ils doivent désherber à la main. Alors ils nous racontent des salades au lieu de nous les vendre. Ils ne peuvent juste pas faire autrement.

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel