Qui pollue le Léman de plastique? Et où est la news?

captage du plastique leman oceaneye.jpgC'est classique. Un journal tombe sur une étude menée par une association militante  - ou cette association a-t-elle privilégié un journal en lui remettant son étude? - bref le scoop est là et le pitch bien ficelé va retenir l'attention du public: le lac Léman est à peine moins pollué que les océans. 14 millions de particules de plastique polluent les eaux du plus grand lac d'Europe occidentale.

Et sans doute de tous les autres aussi. Aussitôt les médias reprennent l'info en boucle (ici, là, et ). L’actualité est maigre en été. 

Ce matin, je tombe sur l'infolettre d'Heidi.news à qui une lectrice a demandé: mais d'où vient donc cette pollution? Et là je trouve une explication qu'aucun autre journal me semble-t-il n'a mentionnée: la principale source des plastiques provient des pneus, dit un ingénieur de la HES Vaud

Tout ce raout médiatique n'est en fait pas nouveau. Le Temps qui a sorti l'étude d'Oceaneye avait déjà publié le 29 mai 2013 les résultats d'une étude de l'EPFL qui affirmait déjà que la quantité de plastique de moins de 5mm dans le Léman n'était pas bien moindre que dans les océans.

Alors, rien de nouveau sous le soleil? Où est la news en cet été radieux et caniculaire? L'article d'Heidi.news suggère quelques solutions.

Oceaneye a été créé en 2010 à Genève par Dimitri Montanini qui a aussi créé, en 2007, une entreprise de service de luxe. L'association a un budget de 100'000 francs (?), dont 95% de dons et 2900 francs des cotisants ordinaires (à raison de 50 fr cela fait 58 cotisants), selon son rapport d’activités 2017. Ses partenaires en 2017 était les SIG, la fondation Gelbert, Temperatio et TheUsitawiNetwork.

La régie publique SIG qui a soutenu via son Fonds mécénat SIG une petite cinquantaine de projets humanitaires et culturels en 2017 n'indique pas combien elle a donné à Oceaneye pour la "mise en en place d'un projet de sciences participatives basée sur l'approche suivante : « Etude et information sur la pollution des mers par les déchets plastiques »". En 2017, les trois gérants du fonds mécénat SIG ont distribué 515’484 fr à 68 dossiers de type dit « culturel », pour un montant total de 324’820 fr. et 24 projets de type "humanitaire" pour un montant total de 190’664 fr. 

pollution plastique oceaneye 2019.jpg

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Commentaires

  • "La régie publique SIG"
    Qui nous fournit bientôt plus de documents illustrés (cela s'appelle de la publicité dans d'autres domaines) que ... quoi en fait?
    Je me demande parfois, certainement de manière très naïve, quelle est la part des budgets des diverses administrations qui est utilisée pour la pieuvre "information", aussi bien en personnel de rédaction qu'en frai de publication.
    Et, accessoirement, quelle est la part qui est effectivement lue et donc utile et nécessaire (je ne pense pas aux avantages de carrière de ceux que cela met en lumière).

  • C'est juste une question de sous.
    Une étude qui ne coûte pas cher pour se donner du sérieux, un résultat attendu puisque le lac est étudié depuis longtemps, et de la pub dans la presse pour espérer un retour argent dans la caisse de l'association.
    Et ce côté "étude" permet de continuer à soutirer de l'argent à ceux qui en donne déjà.
    Pour capter de l'argent, certaines ONG ou associations essaient de faire le buzz. On est dans ce cas de figure,


    Encore le même constat, comme pour la journée de la femme , on assiste à du non journalisme, ou certainement, plutôt, de l'absence de journalistes pour encadrer l'article.
    La presse qui ne va pas si bien, peut-elle continuer à servir de pub pour des mouvements. La base du journalisme est non seulement de contrôler l'info, mais de la mettre en perspective.
    Il serait honnête d'avoir un partage clair entre les articles écris ou encadrés par les journalistes et les info-pub. Pourquoi pas, une mention "info non traitée par les journalistes".

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