Le journalisme, c'est d'abord l'art du choix et donc de l'exclusion

tribune 7 juin 2019.jpgUn ancien réd en chef de passage me fait part de quelques envies d'écriture. L'envie de coucher sur le papier les coulisses des articles. L'information bien sûr, dont nous sommes les curieux et insatiables consommateurs (lecteur ne suffit plus depuis que l'info s'est émancipée de l'écrit et s’ébroue dans de nouveaux formats (lire Les 7 nouvelles formes du journalisme issues du numérique, un article que m'a proposé le robot Flint ce matin), mais aussi tout ce qu'un journaliste cache généralement à ses lecteurs: ses ambitions initiales, ses errements, ses rendez-vous manqué ou avortés, ces sources qui font tout pour ne rien dire, ces lecteurs qu'il faut séduire et parfois caresser dans le sens du poil au risque de n'être pas ou plus lu, ces formules qui font pschitt, ces raccourcis parfois un peu trop synthétiques ou caricaturaux pour raconter l'histoire dans toutes ses vérités... 

Ma Tribune de ce jour comme tous les jours a sélectionné les nouvelles censées refléter ce que les Genevois doivent savoir. On a donc droit à un énième tour de chauffe sur la grève des femmes, à J-7, avec Ruth Dreifuss, retraitée du Conseil fédéral, qui arbore un fuchsia de circonstance. En page 19, un autre titre retient mon attention: Les retraites risquent d'être amputées de 28%. Diable!

Le sujet n'aurait-il pas mérité la première page? Si, mais l'étude de Swisscanto, une des principaux acteurs sur le marché, n'est pas une nouvelle originale. Tous les journaux en parle.

L'étude de Swisscanto, qui appartient à la Banque cantonale de Zurich, résume son propos en quatre points:

  1. Le 2e pilier vacille et il est urgent d'intervenir.
  2. Les modèles de calcul montrent que les futurs bénéficiaires de rentes recevront en moyenne 28% de rentes en moins en raison de la baisse des taux de conversion si aucune mesure correctrice n'est prise.
  3. Les institutions de prévoyance ont mis en place des premières mesures. Celles-ci ne suffisent cependant pas pour combler la lacune dans les prestations du 2e pilier.
  4. En l'absence de mesures supplémentaires, les rentes continueront à baisser massivement.

Quelles mesures supplémentaires? Il n'y a que trois paramètres: 1) la hausse de cotisations, 2) le nombre des années de cotisation (ce qui revient à augmenter l'âge de la retraite), 3) à défaut il faudra baisser les rentes.

Les rentiers actuels ne devraient-ils pas être un petit peu solidaires, alors que leur droit inscrit dans la loi ne peut désormais être versé intégralement qu'en ponctionnant le capital des actifs, comme le note encore le chroniqueur économique de Ma Tribune Marian Stepczynski?

 

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