Le cardon épineux genevois et les enfers

hades.jpegEh voilà. J'ai épluché ce matin un beau cardon bien blanc au marché à la ferme Chavaz. Francis en vend tout prêt sous vide jusqu'à la mi-mars. Qu'on se le dise!

Le temps est doux pour un mois de février mais les clients arrivent au compte-gouttes. Le marché à la ferme est au supermarché ce que un quotidien est à l'Internet. Deux métiers en voie de disparition. Les discours des politiciens n'y changeront rien. Et les consultants qui parlent de se réinventer non plus. 

Vient l'heure de l'apéro. Clandestin. Pas de service à table. On achète la topette 10 francs au banc des Rosset. Rien n'interdit de la boire sur place. Bon le vin. On évoque les derniers potins. Les autorités en prennent pour leur grade. Forcément on débouche sur le climat qu'il faut sauver.

- Quoi le climat, qu'est-ce qu'il a le climat, demande, un gosse. On explique que si nous ne voulons pas griller en enfers, il va falloir changer de mode de consommation pour stopper le réchauffement climatique.

- Les enfers, je connais, c'est le pays d'Hades, répond la gamin du tac au tac.

Mais d'où sort-il cette connaissance? 

- A l'école de Veyrier, on apprend la mythologie grec: Zeus, Athéna, Ares, Poséidon, Apollon...

On reste bouche bée.

- Et Ares c'est le dieu de quoi?

- C'est le dieu de la guerre

Je le félicite. Et je lance cette réflexion à la cantonade:

- Ainsi l'enseignement public genevois démontre qu'il est borgne. Il enseigne sans sourciller à des gamins de 9 ans le panthéon grec - je souviens aussi des dieux égyptiens, romains, mayas, incas, voire indiens, dont on survolait la civilisation. Mais sous prétexte d'un principe de laïcité qui continue d'être une forme de Kulturkampf, l'école genevoise ignore les prophètes juifs, les figures, les saints, les vertus et chrétiens qui ont inspiré tant et tant d'artistes et de philosophes et modelé notre société au moins à l'égal des penseurs de la Grèce antique.   

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