La grève du climat ne fait pas rire les gilets jaunes

depense energetique aeg 2015 avec suisse.jpgAinsi la grève des cours pour le climat est un succès. Il convient de féliciter ces marcheurs d'une bonne cause. On les attend aussi nombreux et déterminés pour les autres causes: contre la pauvreté, pour la justice, pour l'Europe...

Pourquoi ont-ils choisi le climat? Comme dirait @BenoitGenecand, on attend de voir si, dans un an, le nombre moyen de kilomètres parcourus en avion par les 18-24 ans ne sera plus de 19'000 km mais 18'0000, ou moins ou plus, et si les Verts seront majoritaires au parlement fédéral cet automne.

Cependant, il ne suffira pas de raccourcir les voyages aériens. Outre les transports, le gros de notre consommation énergétique tient à notre chauffage en hiver et à la climatisation en été. Evidemment personne ne marche pour réclamer qu'on ne chauffe plus qu'une ou deux pièces par appartement... 

Maintenant que j'aborde le troisième âge, je vais gagner le droit de penser comme un vieux... Et de me souvenir du temps doux de mon enfance (c'était avant le réchauffement climatique, il y avait de la neige en campagne et on pouvait aller luger à loisir et alentour). Une seule pièce était chauffée dans la maison jusqu'à mes 8 ans, quand Poussin - le père du dessinateur je crois - installa le chauffage central chez nous. C'était en 1962. Une révolution.

Faire la grève du climat à Genève est donc une sympathique promenade qui ne coûte rien à personne. Parmi les slogans chantés et les calicots joyeusement brandis, je ne crois pas avoir vu celui-ci:

"Nous voulons tous être des Sénégalais!"

Un Sénégalais consomme 0,27 tep (tonne équivalent pétrole) par année soit dix fois moins qu'un Suisse moyen si j'en crois les données de l'Agence internationale de l'énergie. 

En attendant de revenir à la sobriété forcée des population du Continent premier, il reste encore l'équation de l'égalité des sacrifices à régler.

A chacun son crédit énergétique!

Imaginons que chaque Suisse dispose d'un crédit énergétique personnel. Comme une de ces cartes de crédit qu'on charge avant de partir en vacances. Le crédit s'épuiserait chaque jour et l'on se retrouverait à la fin de l'été sans moyen de circuler autrement qu'à pied et sans moyen de faire tourner nos prothèses électriques et sans moyen de se chauffer quand la bise sera venu. Chaque année, le montant du crédit se réduirait jusqu'à atteindre le niveau requis pour stopper, voire réduire le réchauffement climatique. 

Voici ci-dessous, quelques chiffres clés de l'Agence internationale de l'énergie qu'on peut aussi lire sur son smartphone avant de s'en séparer proprement pour un recyclage terminal.

Le graphique ci-dessus est tiré du site connaissancedesenergies.org. J'y ai ajouté la consommation moyenne par habitant dans notre pays. (cliquer sur l'image pour l'agrandir)

aeg chiffres energetique.jpg

 

Ajout dimanche 20 janvier

Je reçois une vidéo postée sur Youtube de la manif de Lausanne. Les slogans me laisse un peu pantois. Truffés d'infox, comme l'affirmation qu'en Susse la loi sur le CO2 n'existe pas. Pas un panneau pour la justice sociale, un travail, une vie digne pour tous. Et si aucune des deux premières revendications ne sont pas satisfaites (déclaration de l'état d'urgence climatique et sortie des énergies fossiles d'ici 2030), il faudra changer de système. Mais qu'est-ce que ça veut? 

Vers la fin de la séquence, un jeune en jaune dit que le capitalisme vert n'existe pas qu'il faut démanteler les multinationales coupable de tous les maux y compris les milliers voire millions de réfugiés climatiques qui vont arriver chez nous ici en Europe... 

La naïveté est mère de toutes les aventures.

Comme celles des gilets jaunes les manifs pour le climat s'installent dans la durée. La prochaine aura lieu le 2 février.

 

Commentaires

  • Nostalgie pour nostalgie, je me rappelle avoir lu "Sécheresse" a la fin des années soixante, un roman de SF de J.G. Ballard dans lequel un changement de climat durable provoqué par la pollution entrainait une sécheresse et une canicule de fin du monde. A l`époque, meme l`auteur ne devait pas prendre l`histoire trop au sérieux car la mode était a la venue d`un nouvel age glaciaire et Ballard ne voulait peut-etre que faire original. Il faut espérer que la réalité ne rejoindra pas la fiction car, dans le livre, tout sombre dans le chaos style Mad Max. A rapprocher du roman prémonitoire de Jean Raspail, "Le Camp des Saints", sur l`immigration massive des Africains en Europe. Peut-etre devrait-on prendre plus au sérieux les romanciers visionnaires avant qu`il ne soit trop tard pour redresser la barre.

  • Il ne faut pas penser consommation, mais rejets.
    Clairement il y a souci avec le transport...non électriques / non hydrogènes.
    Ensuite tout dépend de de la production électrique. Si c'est du renouvelable, nucléaire, charbon.
    Evidemment, il y a aussi la fabrication dans les pays lointains des divers gadgets avec des usines à charbon.

    En mélangeant le tout en parlant du climat, on évite de s'attaquer à la voiture, une des causes principales (avec les vaches !).

    Pour le reste, on consomme trop, mais ce n'est pas si simple. Il y a une consommation qui grimpe et parallèlement, il y a une plus grande efficacité de fabrication, des nouveautés issues de la recherche : Les matières (or,...), il y en a beaucoup plus que ce que l'on pensait. On commence à créer de la viande à partir de cellules animales, etc.

    Mais face à ces nouveautés technologiques, la stabilisation des populations est le moyen le plus efficace de diminuer l'impact. Il est donc nécessaire que les grands pays consommateurs voient leurs populations diminuer naturellement et non faire venir des gens qui deviendront de grand consommateurs à leur tour.

    Et pour finir, le plus important est de donner une très bonne qualité de vie. Il ne serait pas étonnant qu'une mauvaise qualité de vie pousse à la consommation, comme une drogue pour compenser des frustrations.

    Quant aux pays en devenir, on n'a aucune prise. Le seul espoir est une recherche et un développement qui leur évite de passer par la case voitures à essence avec des usines à pétrole ou charbon, grâce à des produits abordables.
    La lutte contre la pauvreté n'est pas à notre portée dans des régimes à démocratie variable.

    La décroissance ne devrait pas être nécessaire à mon avis et impossible à mettre en œuvre sauf si une catastrophe nous y oblige.

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