Lausanne, Munich, Genève...

ivan maiski.jpgMardi soir, je suis resté scotché devant une de ces émissions historiques en noir et blanc dont Arte a la spécialité. Il s'agissait du pacte entre Hitler et Staline. On suit - un brin sidéré - le jeu des puissances d'alors au travers d'un relais diplomatique, l'ambassadeur soviétique à Londres, Ivan Maïski, un "petit juif" d'origine polonaise qui, par miracle, échappa aux purges de l'ours rouge, raconta son histoire et mourut dans son lit en 1975 à 91 ans. 

Avant la signature du Pacte germano-soviétique qui permit au dictateur d'envahir l'Europe étape par étape, on revit l'envahissement du territoire des Sudètes en Tchécoslovaquie et la signature des Accords de Munich, qui l'y autorisait, par le premier ministre britannique Chamberlain. Munich, c'est aujourd'hui, nous dit-on, la honte de l'Europe. 

C'est aussi la honte de la SDN fondée à Genève. Toute cette histoire que l'on ne nous a pas apprise à l'école m'a rappelé aussi le Traité de Lausanne signé en 1923 qui fixa les frontières de l'actuelle Turquie et précipita le Kurdistan dans le néant. 

Curieux de savoir comment Genève avait reçu les Accords de Munich, j'ai ouvert les archives du Journal de Genève qu'on trouve gratuitement sur le site du journal Le Temps. Et j'y ai découvert daté du 1er octobre 1938 cette première page, cet éditorial et, daté du 2 octobre, cet hommage de Genève à Monsieur Chamberlain, qui m'ont laissé bouche bée. 

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Commentaires

  • Le traité de Lausanne qui précipita certes le Kurdistan dans le néant, mais entérina surtout le sinistre remplacement de la population de l'Anatolie orientale, en constatant dans les faits le succès du Génocide des Arméniens par le précédent gouvernement Jeune Turc, et en refusant aux survivants de ce peuple tout droit de retour sur leurs terres ancestrales.

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