Genève traite les eaux du Pays de Gex. Pourquoi Bellegarde ne pourrait-elle pas brûler nos déchets?

sidefage bellegarde.jpgSera-t-il réélu celui qui n'est pas plus paysan que moi? Les supputations vont bon train. Pour retrouver son fauteuil, Luc  doit arriver dans les six premiers dimanche 6 mai. Rien n'est joué. Il suffit de lire ce que la tradition dit des Luc, un prénom d'évangéliste, pour comprendre que l'homme ne manque pas de ressources. 

Pour se rabibocher avec les paysans, le ministre de l'Environnement a suspendu hier les études en cours pour enfouir les mâchefers des Cheneviers sous une terre agricole (dont le canton manquerait tant, dit Berne dont les compteurs sont restés bloqués au XXe siècles et qui ne compte pas les serres ni les vignes ni les bois ni les futures fermes à insectes, ni les champignonnières ni les autres systèmes de culture prisées par les Verts - jardins en toiture, hydroponie, aquaponie, permaculture etc. (dont les zones franches) - dans les capacités de production alimentaires du canton). 

 

Cela suffira-t-il à QDB pour faire le plein des voix dans les campagnes dont on sait la force électorale? Il est vrai que les leaders de la paysannerie soutiennent aussi Willy Cretegny, un gauchiste que le gauchiste Stéphane Guex-Pierre ne soutient pas. parce qu'il est, dit-il dans son blog Recréons Genève, "favorable à l'arrachage des arbres sur la plaine de Plainpalais"... Les voies des urnes sont bien impénétrables. A gauche comme à droite. C'est ainsi que la gauche et les enseignants vont réélire AET qu'ils n'aiment pas tant, de peur de se retrouver sous la gouverne du grand Pierre.

Mais puisqu'on parle des Cheneviers, dont un autre article de mon journal préféré chronique la démolition d'une tranche, posons bêtement cette question:

Pourquoi le canton de Genève offre-t-il aux Gessions (et en partie aux habitants de Saint-Julien) et  à prix d'amis la dépollution de leurs eaux usées  dans sa station ultramoderne d'Aïre et ne pourrait-il pas contracter avec l'incinérateur de Bellegarde qui lui est relié au rail (ce qui n'est pas le cas des Cheneviers)? 

On n’exporte pas nos déchets, répond-on officiellement, sans doute encore affecté par le trauma des déchets napolitains qu'on voulait brûler à Genève, sauf que les eaux usées sont aussi des déchets et que les excavations du CEVA sont allées trouver un dépotoir bien loin à la ronde en terre française. Et que faute de bâtir assez ici, Genève participe activement au mitage du territoire de sa proche banlieue française et vaudoise. N'est-ce pas une forme de pollution du paysage? Sans parler des transports. 

Genève manque sérieusement d'ambitions et de vision.  

Ses grands équipements publics sont et doivent être dimensionnés pour le Grand Genève. C'est le cas du Grand Théâtre et de la comédie, de l'Aéroport et de l'Hôpital, de l'Université et de la Genève internationale et d'autres encore... Et pourquoi ça ne serait pas le cas des installations environnementales que sont les stations d'épuration, l'approvisionnement en eau, en chaleur, les incinérateurs, les centres de compostage et les lieux de dépotoirs finaux des mâchefers?

Il est à souhaiter que le grand Pierre, à défaut devenir président du Conseil d'Etat, ce qui n'a pas de sens tant qu'il ne pourra pas cumuler le titre de maire de Genève - comme c'est le cas à Bâle-ville -, inspire un discours de Saint-Pierre digne de James Fazy, son radical ancêtre, qui sut se défaire des remparts qui asphyxiait la ville au milieu du XIXe siècles, accueillir le chemin de fer et imposer les règles de la république laïque à l'enseignement. 

Mais il est à craindre que bien des remparts sont encore dans la tête des vieux Genevois pour penser pareille révolution.  

 

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