Hommes de pouvoirs, grosses têtes et grandes gueules à Genève

armoirie drapeau geneve.jpgIl y a une chose qui frappe dans l'excellente série de mon journal préféré sur les hommes de pouvoir à Genève, c'est que la liste des nominés est inattendue. Certes, le banquier Ivan Pictet, l'homme de Genève gagne et de la fondation pour Genève, qui l'a ouverte, et l'industriel devenu financier Ernesto Bertarelli, l'homme du défi Alinghi, mais aussi de la vente de Serono à Merck, qui l'a close, sont deux incontournables de l'entreprenariat genevois. Les autres peinent à convaincre que leur influence dépasse significativement celle de beaucoup d'absents de cette série.

Une autre observation me frappe, c'est l'absence de tout homme (et femme) politique, présent passé ou à venir. Aucun élu à Berne, aucun maire d'une commune ne serait donc un homme d'influence, aucun conseiller d'Etat passé, aucune conseillère fédérale même. Il est vrai que c'est le choix assumé de la rédaction à la veille des élections cantonales que de ne pas retenir les politiques. Cependant, dans les autres cantons, des industriels, des journalistes, des secrétaires patronaux, des syndicalistes, des paysans, des assureurs sont aussi des élus de poids.

Sélectionner les 10 mecs qui comptent est évidemment un exercice casse-gueule: Quel serait votre propre liste des hommes d'influence à Genève? Et celle des femmes d'influence? (postez-la dans les commentaires!)

L'absence de leadership dans la classe politique genevoise actuelle est frappante. Qui connaît Cyrill Aellen, le meilleur député du parlement? Le canton ne manque certes pas de grandes gueules mais peine à afficher des grosses têtes. Ce manque se reflète dans l'éparpillement des forces politiques.

Tout aussi préoccupant est l'âge des dix nominés de la Tribune: 58 ans en moyenne.

Avec près de 500'000 habitants, Genève est le sixième canton suisse par sa population, trois fois moins que Zurich et deux fois moins que Berne. Mais, en raison d'un taux d'étranger élevé (le plus élevé du pays), il est le moins suisse de tous les cantons. Quand on rapporte le nombre des citoyens à la population, on constate que ceux-là représentent à peine plus de 50% des habitants (voir le tableau ci-dessous à propos du scrutin de septembre 2017). Même si la participation genevoise aux votations se situe dans la bonne moyenne suisse, le nombre des votants tourne autour de 100'000 personnes. C'est moins qu'en Valais ou qu'au Tessin, dont la population est d'un tiers plus petite.  

Faut-il voir dans le petit univers des votants à Genève une raison au manque de leaders en politique dans le canton? (On notera, non sans intérêt, que l'audience de la Tribune de Genève - 107'000 lecteurs selon la REMP - et celle du Tages Anzeiger - 417'000 lecteurs - égalent exactement le nombre de votants de chacun de ces cantons)

Une autre raison tient à l'attachement des habitants à ce coin de terre. J'ai déjà dans ce blog défendu que la population du bout du lac était hors sol. C'est le cas des étrangers, même si certains sont plus Genevois que les Genevois. Bon nombre de citoyens sont des confédérés qui ont conservé des liens affectifs, familiaux voire économiques avec leur canton d'origine. Parmi les Genevois pur sucre, nombre d'entre eux sont locataires à Genève et propriétaires ailleurs. Quant aux Genevois frontaliers, l'humeur locale leur refusera sans doute un siège au Conseil d'Etat. 

Le parlement et le gouvernement attirent certes un nombre de candidats record. Il faut y voir le souci des partis de ratisser large à défaut de concentrer l'attention sur une dizaine de noms qui pèsent.  

 

La série "Les hommes de pouvoirs"

Ivan Pictet, 74 ans

Carlo Lombardini, 53 ans

Rolex, (Hans Wilsdorf, mort en 1960)

Patrick Odier, 63 ans

Jean Barth, 72 ans

Thierry Barbier-Mueller, 58 ans

Marc Simeth, 49 ans

Philippe Eberhard, 41 ans

Blaise Matthey, 60 ans

Ernesto Bertarelli, 52 ans

 

Population electeurs votants 2017.jpg

Les commentaires sont fermés.