Les myrtilles du Pérou et l'agriculture suisse

IMG_3155.JPGC'est l'histoire d'un petit garçon qui adore les myrtilles. Sa grand-mère s'en va donc quérir pour son p'tit loup une boîte de ces fruits chez un commerçant qui fait sa pub et construit son image sur la région. D'où viennent les perles bleus? "Origin Peru", lit-on sur la boîte. Plus précisément de Trujillo. L'occasion d'un voyage imaginaire dans un pays mystérieux que la grand-mère connaît grâce aux Sept boules de cristal et au Temple du soleil,  et qu'elle a hâte de relire avec son petit fils. Sur la boîte, il est aussi écrit "by Danper".

L'enquête commence. Facile, il suffit de taper Danper sur Internet. On découvre qu'il s'agit d'une entreprise agricole, grosse de 6000 hectares au sud et au nord du pays et de 6500 employés, qui collectionne les prix de l'innovation et de la durabilité. Dan vient de Danois et Per de Pérou. 

Et on se dit deux ou trois choses.

Qu'il n'y a pas que les Chinois pour investir et faire prospérer les terres agricoles ailleurs. On le savait avec les plantations. Les Chinois ne font que ce que les Européens et les Américains font depuis belle lurette. 

On se demande s'il n'y a pas des entreprises suisses dans ses maxi-exploitations. Et l'on se souvient que le premier produit agricole exporté par la Suisse est... le café et que le chocolat doit suivre de près, certes avec un peu de lait de nos vaches, qui elles avalent pas mal d'aliments concentrés d'Outre mer.

On se demande enfin combien de temps encore le modèle de la petite exploitation familiale, encore propriétaire de ses terres (en fait c'est souvent le banquier qui l'est) va tenir ici. Et pourquoi il n'y aurait pas ici comme ailleurs des très grandes fermes (Migros, Nestlé ou autres) dans nos campagnes? N'y a-t-il pas belle lurette que nos manteaux ne sont plus fait de la laine de nos moutons, filée et tissée - comme le fromage, mais de moins en moins - dans des ateliers "de la région"?

 

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Commentaires

  • "Big is beautiful"... En fait , plus il y a de grandes entreprises (agricoles ou autres) sur un marché, plus le nombre des entreprises familiales diminue et, automatisation/mécanisation/ digitalisation obligent, moins il y a d`emplois rémunérateurs. Remplacer les exploitations agricoles familiales par des "grandes fermes" ferait diminuer les prix a la consommation mais générerait aussi une flopée de gens qui n`auraient plus assez de revenu de par leur travail et qui, forcément, devraient etre plus-ou-moins assistés par la collectivité. Il faudrait donc probablement encore augmenter les charges fiscales... Is really big so beautiful?

  • Danper est-elle donc une joint venture entre une entreprise danoise et une entreprise péruvienne? La bonne nouvelle serait alors que ce sont les Péruviens qui exploitent eux-mêmes leurs terres au lieu de la confier à Del Monte ou Ffyffes. Vendre le produit de son agriculture est une façon d'obtenir des revenus, il ne faut pas voir cela uniquement sous l'angle de la spoliation.

  • La Suisse (un pays non emprunteur membre / actionnaire de la Banque interaméricaine de développement BID,AIBD), participe et aide au développement de Danper Trujillo.

    https://www.iadb.org/en/news/news-releases/2017-11-20/idb-invest-finances-peru-agricultural-sector%2C11964.html

  • Je suis aussi un fan de myrtilles. Seulement voilà, les seules qui ont encore du goût se ramassent une à une dans la foret à une certaine époque de l'année. Tout le reste c'est de la flotte dans une enveloppe violette.
    On peut donc parler business, économie, investissement, chômage, RBI et optimiser ad infinitam les rendements, on agit que sur la quantité au détriment de la qualité de nos vies.
    Je ne mange donc plus de myrtilles.

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