Vous avez dit catastrophes naturelles?

Bondo.jpgLe Tages Anzeiger publie depuis ce mercredi une série de grandes interviews pour passer le Nouvel An, traditionnellement riche en bulles, en voeux et en lumière mais chiche en news. Période de vaches maigres pour la presse qui recycle ses bonnes émissions, tire plus ou moins habilement des bilans ou des plans sur la comète.

Ce qui frappe dans l'offre du Tagi, c'est que les neuf interviewés sont inconnus de ce côté-ci de la Sarine. Rien de nouveau sous le ciel helvétique me direz-vous, chaque canton cuit sa cuisine dans son chaudron. Mais en ces temps où le citoyen cherche des raisons de voter non à No Billag le 4 mars prochain et donc oui à sa chère SSR, on se dit qu'elle a vraiment raté une de ses missions clés: l'entre-connaissance des Suisses et de leurs cultures.

Ce jeudi, c'est le tour du "plus important connaisseur des Alpes" (dixit le quotidien zurichois), Werner Bätzing, un Allemand, le second de la série après Campino. Campino est, comme chacun sait, le chanteur du groupe punk Die Toten Hosen, qui s'est découvert un amour pour Merkel...

Sous le titre "Dass in Bondo ein Neubauquartier verwüstet wurde, ist typisch", Werner Bätzing dit deux, trois choses qui méritent une petite attention à propos des catastrophes naturelles. 

1) De 1910 à 1987, les Alpes ont été exceptionnellement épargnées par les catastrophes naturelles, un véritable trou de catastrophes selon l'historien Christian Pfister.

2) Les dernières catastrophes naturelles survenues dans les Alpres ne sont donc pas exceptionnelles mais le retour à un période normale

3) L'inondation dévastatrice de Brig en 1993 a notamment pour cause la construction par des ingénieurs peu observateurs du temps long d'un pont qui a fait barrage et provoqué le débordement que l'on sait. Ce n'était donc pas une catastrophe naturelle

4) Même chose à Bondo, l'an dernier. Il est normal qu'une montagne s'effondre dans les Alpes qui sont toujours en formation. En outre, le quartier dévasté dont le Tagi publie une grande photo était neuf. Le vieux village n'a pas été touché.

5) que les glaciers ne disparaîtront pas des Alpes. Et que leur recul actuel qui n'est pas terminé n'a rien d'extraordinaire. Les Alpes furent vertes au Moyen Âge, au temps des Romains et au temps des Minoens il y a 4000 ans. Notre vision des Alpes est le fruit de l'imagerie des années 1850 au plus fort de la progression des glaces.

6) Qu'un tourisme holistique (pas seulement orienté sur le ski) mais sur les cultures alpines est plus durable et que de bons exemples se trouvent en Autriche (Villgratental).

7) Que la politique suisse des régions (inconnue à Genève) conduite depuis 2008 qui laisse la main au libéralisme est une vraie catastrophe pour les Alpes. Là encore l'Autriche offre une vision conservative bien différente dont la Suisse ferait bien de s'inspirer. 

Commentaires

  • Ce que dit ce monsieur est loin d'être nouveau, la question n'est pas là. Mais ce discours est mis de côté depuis longtemps par les médias. C'est un choix politique, destiné à favoriser en particulier les formations dites écologistes
    (mais qui ont un autre agenda derrière ces motifs...).

  • @Géo, pas nouveau peut-être mais toujours "ravigotant" à lire, dans le catastrophisme ambiant. Merci Monsieur Mabut!

  • En droit anglais, les catastrophes naturelles sont désignées par l'appellation étrange d'"Acts of God"

    https://en.wikipedia.org/wiki/Act_of_God

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