La Presse un modèle pour la Tribune

la presse home.pngL'info reste lacunaire. Elle provient principalement de l'entreprise elle-même. Néanmoins, je crois que "La Presse", un journal créé en 1884, cinq ans après la Julie, montre la voie que la Tribune de Genève devrait suivre. Cesser d'imprimer cinq jours par semaine au profit d'une seule édition le vendredi. Et le reste de la semaine? Adopter la maquette du journal montréalais, être un média de référence sur le net et en adopter l'ADN; la gratuité pour les lecteurs.

La Presse tirait à 180'000 exemplaires quand son éditeur a fait le saut en 2015. Elle semble plutôt bien se porter. Sa maquette sur les tablettes est un modèle du genre, dont les journaux suisses feraient bien de s'inspirer. Une plate-forme de blogueurs et de commentateurs, des chats-conseils, des informations automatiques sur tous les clubs sportifs locaux, tous les conseils, toutes les associations et des lucarnes en diverses langues feraient de ce média une vraie tribune des habitants de et autour de Genève. 

"Leader de l’information numérique au Québec, La Presse+ est consultée sur plus de 273'000 tablettes uniques au quotidien, ayant vu son lectorat augmenter de 18,7 % au cours de la dernière année", lit-on dans un communiqué de presse signé publié par Paul Gilbert le 21 avril 2017. Qui dit mieux! 

Tamedia relèvera-t-il ce pari? La Tribune est sans conteste le mieux placé de ses médias pour oser l'aventure. Malgré un tirage papier inférieur à celui de son confrère 24 Heures (dont la population est 50% plus élevée que celle du canton de Genève et bien plus homogène puisqu'elle ne compte moins de 25% d'étrangers contre plus de 40% à Genève), le quotidien genevois est en tête pour son audience sur le web. Les Genevois sont sans doute les mieux équipés et plus enclins que d'autres à utiliser leur ordiphone et autres tablettes. Ils feront le pas sans difficulté. Bien sûr, quelques lecteurs diront combien ils regrettent le papier, mais savent-ils le coût économique et environnemental de cette technologie du XIXe siècle? Et ils étaient plus nombreux cet été à se plaindre de la minceur de la feuille genevoise..

Pour l'éditeur, qui est aussi imprimeur, cette orientation est sans doute autrement plus délicate. A l'issue de la présentation des résultats du premier semestre aux collaborateurs zurichois de l'entreprise (seule présentation intégralement disponible en vidéo sur l'intranet), le directeur général Christoph Tonini a eu cette réponse à un rotativistes bernois qui s'inquiétait de l'avenir: Pas de soucis, a-t-il dit en substance, nos rotatives peuvent tourner sans problème jusqu'en 2025 voire 2028. Sans doute tournent-elles moins vite puisqu'il y a chaque année moins de copies à produire. Il a ajouté que c'est une chance d'avoir un parc de machines en ordre... 

Un mot encore à propos des rubriques centralisées

Pour la rédaction de la Tribune, la migration vers Züsanne d'une partie d'elle-même est sans doute une perte importante. Le fait de ne plus fréquenter des collègues des rubriques monde, suisse, éco, sport au briefing, dans l'open space, au café et, pour eux, de devoir penduler vers Züsanne, tient de l'amputation cruelle, douloureuse, intolérable. N'empêche que ce n'est pas Tamedia qui a inventé ce modèle fort pratiqué en Suisse. C'est le quotidien de la RTS depuis toujours.

Mieux, La Liberté, qui passe pour être le dernier journal indépendant de Suisse romande, mais rencontre les mêmes défis face aux GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon & Cie) , livre des pages toute faites au Courrier de Genève, qui ne passe pas pour être ni fribourgeois ni catholique. La Liberté livre aussi des pages au Quotidien du Jura et à l'Express de Neuchâtel. Et que dire des radios locales, subventionnées par l'abonnement obligatoire (la redevance) et qui reprennent les bulletins d'informations de la RTS, en ont-elles perdu leur ancrage local?

La Tribune elle-même participe à un syndicat d'édition en publiant régulièrement des commentaires, des enquêtes des reportages rédigés par des collègues de plusieurs grands journaux européens dans le cadre du partenariat LENA. Pourquoi ne pourrait-elle pas développer des partenariats avec La Presse et Luncher autour du monde avec elle. 

 

Sur le sujet Tamedia, on lira aussi avec intérêt le blog d'Haykel Ezzeddine, le blog de Pascal Holenweg, la chronique de Marian Stepczynski, la chronique du médiateur Tamedia

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