De la libération des lapins au méchant glyphosate

lapin-clapier.jpgOn meurt de faim, rarement de gloutonnerie et encore moins de malbouffe (sino, les Occidentaux ne vivraient pas si vieux que ça en devient un problème de société). L'air du temps (l'ère du Verseau?) est à la libération des lapins de leur clapier-prison et au régime vegan, l'une et l'autre lutte ayant partie liée nous a appris récemment Julie dans la Julie. Ainsi va l'humeur du monde d'ici qui a peur de mourir ayant perdu la foi en la vie éternelle. 

Le veganisme est une religion qui ne fait de mal à personne, sauf éventuellement à ses adeptes (et à leurs proches, car l'exclusive force ceux-ci soit à adopter le même régime soit à cesser de fréquenter ceux-là) et temporairement à la filière animale.

Une mode ou une tendance durable, s'interroge un des mes confrères fine gueule?

J'ai retoqué la question à René Longet, qui n'est pas vegan mais qui vient de mettre à jour son bouquin publié la première fois en 2005 (Les fruits et les légumes de saison, éd Jouvence): Durable, répond le socialiste écolo.

Les jeunes basculent dans une culture où la viande sera au mieux une garniture et plus le plat principal. Les plus absolus seront vegan, dégoûtés par les usines à viande, la maltraitance animale, la déforestation brésilienne par les producteurs de soya OGM destinés à nourrir nos vaches, moutons, porcs, poules, lapins et dindons, tous voués à l'abattoir. La filière animale a perdu toute crédibilité, résume René Longet.

Quant à notre génération, elle redécouvre les légumineuses, les lentilles de Courtois, le goût des carottes et des céleris. Au fond, c'est comme le vin ou la bière dont chaque terroir, chaque cépage, chaque cuve livrent une variété différente. Les choux et les pommes de terre aussi ont leur variété. 

Et le glyphosate dans tout ça. Il suscite évidemment le rejet sans concession de ma fine gueule. Quatre ans d'études agronomiques à Zurich et dix ans de pratiques agricoles me rendent plus circonspects. Il est sans doute passé le temps où l'on arrosait préventivement les cultures d'herbicides et d'insecticides, mais les interdire relève de la même théologie que le véganisme. 

Très bientôt, le débat sera réglé par les robots qui grattouilleront la terre 24h sur 24, éliminant sans bruit les herbes concurrentes et tirant avec de microcanon sur les pucerons en trop grand nombre. 

 

PS: En lisant le billet de Julie, je relève le commentaire pertinent d'une autre blogueuse du forum des blogs de la Tribune: Marie-France de Meuron qui pourrait s'intituler: liberté surveillée pour les lapins. 

Commentaires

  • "Liberté surveillée pour les lapins" Voici un beau concept pour remplacer les petites cages qui immobilisent à longueur de journée les lapins.
    Est-ce faisable? Comme tout projet qui sort de la pratique usuelle, il demande de l'étude, une mise en pratique et une adaptation des problèmes qui se révèlent.
    Est-ce compatible avec notre système "propre en ordre"?
    Dans une commune voisine aux lapins cités par la Julie, une dame a consacré son jardin et beaucoup de son temps et de son argent à créer un tel espace. C'était sans compter sur la mode actuelle qui veut qu'on ne perde pas de temps à discuter entre voisins et que l'on contacte les services officiels et juridiques quand il y a un problème.
    Une rapide inspection (en 20 minutes) sans analyse globale mena à la décision de castrer tous les lapins en âge de l'être en 2 semaines, alors que la surface était conforme à la loi et que les lapins pouvaient vivre selon leur dynamique de creuser des tunnels et se regrouper en famille. De plus, la décision était impossible en pratique. A cela se rajoute le fait que les lapins sont des animaux très craintifs et qu'ils meurent de stress. Ceci le service officiel en question aurait dû en tenir compte, d'autant plus qu'on sait bien qu'une population animale vivant dans un contexte naturel obéit à des lois de stabilisation (cf internet).
    Un an et demi après, le service de séquestre débarqua pour capturer 22 lapins dont 7 moururent, par insuffisance de soin (ils attendirent 2 h dans des cages en métal, sans foin ni boisson ni aliment, enfermés individuellement alors qu'il est connu que ce sont des animaux sociables.), ou encore ont subi les stress du transport eux qui vivaient toujours sur leur terrain, ou encore lors de l'opération dont on sait que les lapins supportent mal l'anesthésie. A noter aussi que ceux qui ont été rendus castrés ou stérilisés sont revenus affaiblis donc moins aptes à supporter le plein air, surtout qu'on était alors en fin d'année.
    Mais le souci du service officiel est de répondre aux réclamations des citoyens qui savent geindre plutôt que de protéger les animaux qui ne savent pas se défendre, surtout les lapins qui subissent tout dans le silence.
    Ce qui est à souligner aussi, c'est que pour le séquestre de 22 lapins (sur les 25 qui restaient), il y a eu un déploiement de forces démesuré de nos fonctionnaires, alors que des oeuvres bien plus importantes nécessiteraient leurs temps et leurs savoir-faire, pendant les 2 heures sur place, le temps de préparation et les 4 véhicules avec le temps des transports. Jugez-en plutôt : 2 gendarmes uniquement pour surveiller la cuve où les captureurs déposaient les lapins, 2 garde-faune, 4 collaborateurs du Service du Vétérinaire Cantonal et, le plus cocasse de tout : une infirmière de crise. Comme la dame ne s'est pas laissée amadouer par elle, cette infirmière se mit à aider le commando pour capturer les lapins.
    Voilà une expérience de liberté surveillée de lapins, en souhaitant que l'expérience puisse trouver un jour sa pleine réalisation.

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