A Genève, un tram peut en cacher un autre

Et l’avenir? La mise en service du RER Léman Express en 2019 nécessitera un financement supplémentaire de quelque 40 millions de francs. Nouvelle hausse tarifaire à l’horizon? Luc Barthassat espère l’éviter grâce à une forte affluence. «On ne peut pas d’emblée exclure de faire participer les usagers», estime Murat Julian Alder. Pour Caroline Marti, le budget de l’Etat, totalisant quelque 8 milliards, doit permettre de trouver cette somme.

Le paragraphe qui introduit ce blog est extrait de la Tribune de ce matin qui relate le débat que mon journal préféré a organisé sur la hausse des tarifs des TPG, qui de 3 fr 50 ont passé à 3 fr et pourrait, le 21 mai, y rester ou augmenter à 3 fr 20. Un petit arbre qui cache une grande forêt.

Car derrière les tarifs, il y a les arbres de l'aménagement du territoire, ceux du libre choix des modes de transports toujours ancré dans la constitution genevoise, ceux encore du premier accord sanctionné dans les urnes entre les pro-bagnoles et les urbains (adeptes d'Easyjet, de Mobility de l'autopartage et de la location) qui écorne le dit-principe constitutionnel dans l'hypercentre de Genève.

Il y a aussi le coût d'exploitation de la régie publique, il y a le refus de la gauche et des syndicats de concéder l'exploitation des lignes à des entreprises privées, il y a les partisans de la gratuité, il y a les usagers qui refusent de marcher un peu plus pour réduire le nombre d'arrêts et augmenter la vitesse pour tous, il y a les passagers de feu le tram 16 qui n'imaginent pas preste parce qu'ils doivent transborder pour se rendre à Cornavin alors que la Carougeois ont, eux, récupéré le tram 18, il y a le dogme du tram qui coûte bonbon, alors que les BHNS comme disent nos voisins (les bus à haut niveau de service, soit en site propre) font le même boulot. Qu'importe le mode de transport du XIXe sicèle ira tout de même jusqu'à Annemasse, Saint-Julien, Saint-Genis et Ferney (pour autant que les Français paient leur part)...

Plus personne ne parle de parkings d'échange que personne ne veut payer ni même tolérer pace qu'il doit se nicher près des gares qui était jadis en bordure des villes et en sont le coeur volontiers piéton aujourd'hui. Or sans parkings d'échange, facilement accessibles et directement reliés à un arrêt, les pendulaires, qui doivent assumer le coût de leur voiture et d'un abonnement continueront de circuler en auto. C'est un des gros gros problèmes non résolus du CEVA, dont l’article nous apprend qu'il va ajouter 40 millions par an à la facture des TPG (combien en France voisine et sur la Côte vaudoise?), 400 millions par décennie (sans compter les 15 millions d'amortissement par an de la ligne généreusement calculés sur 100 ans et sans intérêt).

On pourrait allonger la liste des arbres qui se cachent derrière les 20 centimes du 21 mai.

Pour terminer, j'aime bien cette réflexion de Caroline Marti: Le budget de l’Etat, totalisant quelque 8 milliards, doit permettre de trouver cette somme. On attend avec intérêt les propositions de la socialiste. On pourrait en effet désinvestir dans la réfection des giratoires comme celui de la route de Drize actuellement.

Commentaires

  • Merci pour ce "coup de gueule" M. Mabut !

    Dans votre inventaire non exhaustive des élucubrations mijotées dans les cuisines de M. Barthassat, on peut ajouter le projet de téléphérique périurbain entre la douane de Bardonnex et l'Aéroport, en passant par les Cherpines. Voir ici :
    http://ge.ch/grandconseil/memorial/seances/010401/3/4/

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