L'an prochain, Mai 68 aura 50 ans

IMG_3476.PNGC'est si loin Mai 68! L'an prochain, la France des élites et des médias se souviendra de cette révolution culturelle. Alors que je m'approche de l'âge de la retraite, j'étais alors trop jeune pour en être un acteur, mais je garde le souvenir aigu des manifestations monstres, des grèves, des slogans, mais aussi cette année-là du Printemps de Prague, du Rideau de fer qui se referme pour 10 ans encore, de la Guerre des six jours, un an avant, ou encore, mais moins nettement, de la Révolution culturelle en cours en Chine de la Guerre du Biafra au Nigéria.

Je suis francophile, mais je n'aimerais pas être français dimanche. Je reste sur ma position la plus osée, que je n'excluais pas, il y a un mois, d'un duel final entre Fillon et Macron, vraisemblablement plus favorable au jeune centriste (façon Kennedy ou, plus proche de nous, Blair, Renzi ou Trudeau) que dans l'autre hypothèse d'un face-à-face Fillon Le Pen que l'ancien premier ministre de Sarkozy devrait gagner.

The Economist, une fois de plus, donné un commentaire éclairant et une caricature qui l'est plus encore. Il ne lui manque que deux traits. Le premier qui séparerait les partisans de l'ouverture et de l'Europe, face aux isolationnistes. Le second qui couperait les camps progressistes et conservateurs.

Le contraste est on ne peut plus frappant entre La Grande-Bretagne qui va offrir à sa première ministre (Fillon en jupon sans les costumes ni les mises en examen) une solide majorité et la France, qui, après la présidentielle, un an après le lancement de la campagne des primaires, sera à la recherche d'une majorité parlementaire introuvable.

Car même si seul Fillon, des quatre finalistes, peut espérer une majorité au soir du second tour le 18 juin prochain (date on ne peut plus symbolique), elle ne sera pas homogène et les coups bas ne tarderont pas quand la gauche déconfite sera dans la rue.

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NB: Le dernier attentat de Paris occupe tous les médias qui lui donnent une ampleur démultipliée et sans doute démesurée. C'est un défi pour la presse de ne pas amplifier l'impact d'une action terroriste sans se faire complice des acteurs de la peur. Il est de tradition de ne pas parler des fausses alertes à la bombe ni des suicides tant qu'ils ne perturbent pas outre mesure la vie des gens. La presse doit-elle apprendre à mesurer davantage encore ses effets?

 

On lira avec profit au sujet de la présidentielle, la dernière analyse de mon confrère Olivier Bot: Le tiercé gagnant pour la présidentielle française

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