Je vais peut-être bien voter pour No Billag

IMG_3435.PNGEmission phare de notre chère RTS, Temps présent avait une réputation d'objectivité, de pondération. L'émission de ce soir sur la LAMal qui dysfonctionne, qui met 30'000 habitants sur liste noire, qui paupérise les pauvres, érode les revenus de la classe moyenne âgée et qui enrichit les assureurs, était un parfait plaidoyer à charge.

Bien sûr, l'assureur de service a  eu droit à sa part, tout comme la directrice de l'hôpital, borgne, ainsi que le ministre de la santé Karakasch, dont le discours pour une maîtrise de l'offre vient d'être battu en brèche par ses concitoyens -  les Neuchâtelois ont voté pour le maintien de deux hôpitaux contre toute logique économique.

Le biais de l'émission tient au parti pris des deux journalistes, au ton de la voix, au montage. De bout en bout, la part belle a été donnée aux pauvres qui ne se soignent plus, qui bouffent des pâtes ou se noient dans les dettes. Jusqu'à la litanie finale sur les salaires scandaleux des directeurs, les réserves incroyables et l'opacité évidemment entretenue du système, l'haïssable privatisation du système. 

De solutions, point évidemment. 

 

On ressort de ce lavage de cerveau la rage au cœur, la conviction que tout va mal dans la LAMal.

La liste noire pratiquée au Tessin et en Suisse alémanique est - Temps présent le dit - scandaleuse. Pensez, 30'000 habitants mauvais payeurs qui n'ont droit qu'au remboursement que des soins d'urgence, c'est évidemment intolérable. En plus, assure la journaliste, il ne le savant même pas, ces pauvres diables, qu'ils sont sur une liste noire. Il est vrai qu'endetté on n'ouvre plus les rappels.

L'assureur a eu beau expliquer que l'inflation des primes maladie vient du vieillissement de la population, du suréquipement de la Suisse, d'un nombre excessif de prestataires de soins, des progrès de la science médicale. L'émission n'approfondit aucune de ces thématiques. Elle coupe sur la directrice d'un hôpital lambda qui nous dit la bouche en coeur qu'elle maîtrise ses coût, que les responsable sont donc ailleurs. 

A Genève, on va ce week-end ouvrir les portes du bâtiment Juillard, un petit joyau dit la Julie (188 chambres de 1 à 2 lits), au cœur du quartier hospitalier, avec son secteur de médecine privée de pointe. Tout le monde s'en félicite. À quel prix? Quelque 650'000 par lit.

Va-t-il contribuer à augmenter la productivité des soins et donc être un facteur de réduction des coûts hospitaliers?

Ankara va cette année inauguré en marge du quartier de l'université privée de Bilkent, un megacentre hospitalier construit par un consortium dans le cadre d'un partenariat public privé, 3800 lits, 100 plateaux chirurgicaux, 8000 employés, 1,4 milliards de dollars (400'000 frs par lit). Objectif: attirer des patients étrangers, y compris sans doute ceux que la Suisse aura ruiné. Un bon sujet pour Temps présent!

 

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