Pourquoi je suis contre le plan de déclassement de Compesières

compesieres ecole carte.jpgAujourd'hui, dit la FAO, s'ouvre la consultation pour création d'une zone sportive, d'une zone de verdure, d'une zone 4B protégée et d'une zone affectée à de l'équipement public (Plan N° 29992-505) à Compesières. Le hameau fut le chef lieu de la grande commune éponnyme, comprenant jusqu'au malheureux divorce de 1851, les actuelles municipalités de Plan-les-Ouates et de Bardonnex (avec Saconnex-d'Arve, Arare, Croix-de-Rozon, Charrot et Landecy et quelques autres hameaux).

Le déclassement de la zone agricole de Compesières est une étape importante d'une saga politico-juridique vieille de plus de 25 ans, qui a coûté plusieurs centaines de milliers de francs à ma commune (on ne doit pas être loin des deux millions en comptant tout et même plus si l'on inclut l'échange avec la paroisse de Compesières)

Tout ça pourquoi? Pour construire une nouvelle école, l'actuelle qui a formé depuis 1898 des milliers de gosses dans un immeuble Camoletti, dont l'architecture dénote singulièrement dans le site de la campagne genevoise, n'offre pas les 80 mètres carrés d'espace réglementaire et est trop petite pour accueillir la population. Le premier pavillon scolaire provisoire date de 1982! Le dernier en date devra être démoli en 2018!

La saga de Compesières mériterait qu'un historien nous la conte.

On retiendra juste qu'après avoir acheté la ferme de Compesières, la commune lança en concours d'architectes dans les années 1990 et que par des circonstances diverses le projet sélectionné mis en colère les architectes bien en cours qui jurèrent que eux vivant le projet Bouvier ne se ferait pas. Ils ont gagné au Tribunal fédéral qui cassa la procédure car elle avait oublié un gros détail le déclassement de la zone agricole en zone ad hoc. Cette étape, sautée de bonne foi par la maire d'alors, sous les conseils empressés du patron des Travaux publics d'alors, un certain Christian Grobet, devait faire l'objet d'un toilettage, comme on disait alors, partant du principe que puisqu'il s'agissait de construire une école, soit un bâtiment public, la question de la zone était secondaire.

Que nenni! Pan, pan cul cul, dirent les juges de Lausanne. Il faut d'abord déclasser car cette procédure exige le vote d'une loi, laquelle, en bonne démocratie, le droit au référendum populaire.  Remettez donc la charrue devant les boeufs!

Voilà pourquoi surgit le ci-devant plan N° 29992-505 soumis séant à la consultation préalable des braves gens du cru et d'ailleurs.

Mais pourquoi a-t-il fallu tant de temps pour franchir cette étape, pas moins de 20 ans se sont écoulés en effet entre l'arrêt du TF et le lancement de la procédure actuelle. Demandez aux élus d'aujourd'hui, serais-je tenté de répondre. A suivre leurs cogitations ont voit que l'école a cheminé du lieu où elle est installée au coin sud du carrefour de Compesières, à l'orée nord du village de Charrot pour finir là où jadis d'aucuns voulaient la rebâtir, à côté de la salle communale. En pleine campagne, détachée du site historique.

C'est la première raison de mon opposition à ce projet. Une école doit vivre et créer une vie dans un village. La centralité de Compesières valait au temps où ses frontières englobaient Plan-les-Ouates et que le nombre d'habitants dans les villages s'équilibraient peu ou prou. ça n'est plus le cas.

Car aujourd'hui le village le plus peuplé de la commune - et de loin - c'est La Croix-de-Rozon, où de nouveaux bâtiments locatifs vont voir le jour dans les cinq prochaines années accentuant encore le différentiel avec les autres localités de la commune.

C'est là la deuxième raison de mon opposition au projet de déclassement de Compesières.

L'école doit être bâtie à La Croix-de-Rozon, dans le quartier ouest du carrefour. Ce sera aussi l'occasion de fournir à une population vivant en immeuble, qui n'a guère d'espace vert ni d'équipements publics à sa disposition, de les lui offrir, sans qu'elle doive prendre un véhicule pour se rendre à Compesières.

De nombreux enfants de Genevois habitant la France voisine sont scolarisés actuellement à Compesières. Une école à la Croix-de-Rozon devrait préalablement poser cette question d'une école européenne.

Une école, ça n'est pas qu'un bâtiment c'est un projet de vie commune, laquelle est aujourd'hui, par la grâce de ceux qui ont tracé la frontière de 1815, transfrontalière, c'est là la troisième raison de ma pétition pour une école à La Croix-de-Rozon.

Et que deviendra Compesières? Ce sera l'objet d'un prochain article

 

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