Barthassat et lui-même, Maudet et Köppel: com, com

barthassat maudet 2.jpgDans le creux informationnel du mois de juillet, tous les médias en ont parlé. Barthassat est le premier membre d'un gouvernement suisse à répondre en direct sur Facebook aux questions savamment filtrées par un de ses sherpas chargés de com. Le contenu que le ministre de l'Environnement et des Transports relaie sur sa page du grand réseau au milliard et demi d'amis, où il a téléchargé 17'500 photos, et sur deux pages dédiées est sans importance. Bien rodée, la langue de bois tourne en boucle. Dans la com, c'est la forme qui compte.

Maudet se fait, lui, bien plus discret. Très en vue lors de son accession au Conseil d'Etat en juin 2012, le "politstar émergeant de la Suisse de l'ouest" (comme l'écrit cette semaine le réd en chef de la Weltwoche), qui allait faire marcher droit la maréchaussée, s'est cassé les dents sur les rigidités syndicales d'un corps de fonctionnaires, qui sait, mieux que tout autre, faire entendre ses humeurs ronchonneuses. Il travaille à son rythme. Il défile dans la rue à la moindre déconvenue. Il dispose d'un syndicat puissant qui a cousu son statut du personnel à sa guise ou presque. Il a des relais nombreux au Grand Conseil. Peu de travailleurs peuvent en dire autant.

Or donc, Maudet ne se répand pas sur les réseaux sociaux. Son blog "En action" (ça sonne comme "En marche" de Macron) est coi depuis le 10 février dernier. Sur Twitter, @Pierre_maudet est vide, #maudet ne renvoie qu'à quelques articles de presse. Même atonie sur Facebook. On apprend cependant, dans la Weltwoche de cette semaine, que le ministre de l'Economie et de la Sécurité entretient tout de même ses réseaux. 

Roger Köppel, conseiller national UDC et très influent rédacteur en chef de la Weltwoche, raconte dans son éditorial qu'il est donc venu à Genf, la semaine dernière, à l'invitation du conseiller d'Etat PLR Pierre Maudet. Visite de l'impressionnant Campus Biotech des entrepreneurs Bertarelli et Wyss et au corps des gardes-frontière (qui n'ont pas le poids politiques ni la langue aussi pendue que les policiers genevois).

Un douanier a montré au Zurichois tous les points de passage, qui relient officiellement la presqu'île genevoise à la terre française.

- Seriez-vous théoriquement capables d'occuper tous ces postes de douane comme autrefois, a demandé le journaliste.

-  Certainement pas, a répondu le fonctionnaire.

- Est-ce donc qu'on aurait couper dans vos effectifs, a poursuivit l'enquêteur?

- Pas le moins du monde, nous avons plus de personnel qu'alors, a répondu l'employé du ministre fédéral des Finances, l'UDC Maurer.

Et Roger Köppel de conclure: "Plus de gardes-frontière et moins de contrôle aux frontières. C'est ce qui arrivera quand la Suisse aura lié son sort à celui de l'UE."

L'éditorialiste ne dit rien des propos de son hôte. S'est-il donc tu devant tant de mauvaise foi?

"Le message, c'est le médium" a dit Marshall McLuhan, pape controversé des médias. C'était dans les années 60, au temps des médias de masse. Aujourd'hui YouTube envahit l'écran TV. Résultat un émiettement de l'audience, une pulvérisation des masses, sauf à l'occasion de quelques rares grands événements, faits divers chocs ou compétitions sportives mondialisées. La livevidéo de Luc sur les transports a été vues 1016 fois, celle sur l'environnement 1022 fois.

 

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