L'arabe comme seconde ou troisième langue!

image.jpegChaque jour, je lis les blogs édités sur le site de la Tribune. Parfois je m'en vais butiner dans d'autres prairies. J'y trouve toujours des fleurs, des fruits savoureux, des réflexions que je partage, d'autres qui m'interpellent, d'autres encore qui me choquent et que j'essaie de comprendre. Sur Facebook, on trouve aussi des propos stimulants, noyées dans beaucoup de banalités. Tweeter alerte et pousse les portes de l'Internet qui sont innombrables. 

Parmi les blogs de la Tribune, j'aime en particulier celui de Rémi Mogenet. Enseignant et poète dans la vallée verte, il me fait découvrir ce que l'école genevoise m'a toujours caché, la littérature savoyarde, ses sources mystiques et mythiques, ses légendes, bref tout un monde fabuleux, qu'il présente souvent en c'ontre-point au rationalisme parisien régnant. 

Son dernier billet met ce rationalisme au défi. Celui d'introduire l'apprentissage de la langue arabe dans l'enseignement général. Je trouve cette proposition admirable. Elle serait une formidable main tendue au monde méditerranéen et moyen oriental qui nous effraie tant.

Rémi Mogenet évoque une autre raison qui en France, si attachée au creuset républicain, résonne singulièrement. Beaucoup de migrants parlent souvent un dialecte arabe et ignorent la langue écrite et les œuvres de cette civilisation qui ne se réduit évidemment pas au Coran et à ses commentaires. Favoriser l'émergence d'une culture arabophone libérée du primat de la religion, voilà un défi pour l'Education nationale, dont la ministre est une enfant de cette civilisation.

Je repense à ce blog alors que je lis dans La Croix un article sur les tribulations d'un prêtre catholique syrien, le père Mourad. Il a été détenu plusieurs mois par les sbires de Daech qui l'ont menacé de décapitation s'il n'abjurait pas ou ne se soumettait pas à l'impôt des soumis. Il est maintenant en résidence surveillée. Qu'y a-t-il de différent entre Daech et nous au temps des guerres de religion? Il n'y a pas si longtemps, on était excommunié, banni, condamné au Goulag pour ne pas partager la pensée dominante. Tellement d'humains le sont encore.

Commentaires

  • Merci M. Mabut, c'est très flatteur. Entrer dans une culture qui a priori effraie en gardant le fil d'or de la raison, cela permet finalement de conjurer l'effroi. C'est en cela que la raison est un pont vers l'universel.

    J'ai par erreur fait remonter mon blog dans la liste du jour, ce n'est pas par contre une marque de rationalité.

  • Salut Mabut,

    je suis d'accord avec vous...

    Favoriser l'émergence d'une culture arabophone libérée du primat de la religion, voilà un défi pour l'Education nationale, dont la ministre est une enfant de cette civilisation.

    Et pour être cohérent, je l'appliquerais d'abord à la culture européenne, débarsssée de la religion catholique, un cancer au coeur de l'Europe, une gangrène de l'esprit, un polythéisme dissimulé.

  • "Il n'y a pas si longtemps, on était excommunié, banni, condamné au Goulag pour ne pas partager la pensée dominante." C'est gentil d'avoir une pensée pour le fanatique qui hélas a toujours sa statue à Genève. Comme quoi on honore encore un assassin. A quand le déboulonnage?

  • Si c'est de la provocation de bas étage, vous n'êtes qu'un punk. Si vous le croyez vraiment... punk également.

  • L'apprentissage de l'arabe comme langue de communication, un peu comme c'était le cas pour le latin au Moyen Age, ou aussi comme véhicule de toute une culture, une pensée, voire une littérature riche - c'est tout un programme !
    Lorsque une personne de l'assistance a demandé à Nurit Elhanan-Peled et son fils Elik à une conférence à Genève "Comment faire pour avoir la paix?", Elik a exclamé : "Apprendre une langue". Il a ensuite expliqué comment l'apprentissage de l'arabe lui a ouvert les yeux à beaucoup de choses que les Israéliens et les Palestiniens ont en commun, sans en être conscients. Il y a encore un choix à faire entre la langue qui aide un touriste à se débrouiller ou la langue classique, un choix qui ressemble à cibler une langue suisse allemande ou le bon allemand. C'est une aventure enrichissante et sympathique !

  • Oui, l'idée paraît bonne.
    Parler et écrire la langue de son présumé ennemi permet de le mieux comprendre et de se faire comprendre de lui.
    La culture arabe est en effet d'une richesse exceptionnelle. Du temps de l'obscurantisme du Moyen-âge, elle était ouverte à toutes les idées et rassemblait les plus grands penseurs de l'époque.

    Mais une question apparaît.
    Le russe et le chinois ?
    Ces 2 puissances sont encore considérées par l'occident comme 2 dangers potentiels face à une UE déconfite et des USA qui se cherchent mais qui, dans leur arrogance, affirment être encore les maîtres du monde et les seuls à détenir la vérité.
    Essayer de mieux les comprendre serait sûrement une bonne chose.
    Mais l'occident, avec la bénédiction de l'UE, se barricade derrière l'OTAN contre la Russie. Et la Russie se sent agressée, ce qui est normal. Ceci d'autant plus que l'OTAN avait promis de ne pas s'installer ni en Pologne ni dans les pays Baltes, et qu'elle y est. Et qu'elle projette de s'installer en Ukraine.

    Alors, arabe, russe ou chinois, quelle est la meilleure solution face à l'anglais qui peu à peu envahit notre manière de vivre et de penser ?
    Apprendre la langue, la culture et l'histoire d'un peuple est certes un moyen formidable pour rapprocher les peuples. Mais l'histoire arabe est ancienne et nous vivons aujourd'hui. Bien plus, tous les immigrés parlent la langue de leur pays d'adoption. Les échanges culturels sont donc faciles (pour ceux qui le veulent).

    Par contre comprendre un russe ou un chinois n'est possible que pour ceux qui ont appris ces langues et compris leurs cultures. Allez comprendre un discours de Poutine si vous ne connaissez rien ni à la langue ni à la culture russe.

  • Le chinois et le russe s'enseignent déjà en secondes langues dans les collèges en France, même si le russe a moins de succès qu'avant... Il faut voir que le choix de la seconde langue est relativement libre, car on propose constamment l'espagnol et l'allemand, on a le choix entre plusieurs langues. Le problème est donc simplement de savoir si on aura assez d'élèves pour créer des classes et des postes. Mais pour l'arabe étrangement le problème n'est pas simplement celui-là, on sait probable de trouver assez d'élèves volontaires pour créer des classes et des postes, mais on ne crée pas de classes et de postes. Le gouvernement a pourtant essayé, mais en fait ce sont les chefs d'établissement qui ne veulent pas.

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