• Avully ouvre son presbytère vide à une famille de réfugiés. Que fait Bardonnex?

    compesieresavant 1900.jpgLa cure de Compesières est promise à devenir une extension de la Mairie de Bardonnex.

    Outre que l'emprise de cet espace vital me paraît discutable compte tenu du rôle de plus en plus congru que jouent les communes à Genève et que son acquisition par la municipalité viole la lettre constitutionnelle (article 218), sinon l'esprit de l'inaliénabilité (sans doute contestable) des biens curiaux (les biens des églises que la République radicale avait nationalisés avant de les leur restituer en 1907), on pourrait imaginer une destination plus ouverte au public du château de Compesières, comme celle d'accueillir le musée des Suisse à l'étranger qui doit quitter le domaine de Penthes et de créer, à Compesières, le musée des migrations (celles des Suisses en terres étrangères et celles des étrangers en Suisse).

    Un tel projet aurait de quoi séduire un mécène. Tout près de l'ancienne commanderie propriété de l'internationale des chevaliers de Malte jusqu’à la révolution française (lesquels y tiennent encore un musée), vit un riche étranger, dont j'ai lu dans la revue des 300 plus riches de Suisse que Bilan vient de publier, qu'il a renoncé à son statut de réfugié fiscal pour devenir un bon et loyal contribuable genevois et de l'ancienne commune de Compesières.

    Cette introduction pour dire que la cure de Compesières pourrait facilement accueillir une ou deux familles de réfugiés durant quelques mois, sans mettre en péril le projet du maire. Le maire d'Avully vient, nous apprend la Tribune de ce jour, d'ouvrir l'ancien presbytère à une famille de requérants.

  • Grève et Budget 2016: Kriegspiel à la genevoise

    150916_Point_Presse_RIE_III_04.JPGLa fonction publique va donc faire grève ce mardi. Une grève reconductible. Une grève "pour la défense du service public". Une grève admirable aux yeux du socialiste canal historique Pascal Holenweg et de quelques uns de ses amis, convaincus que "la lutte des fonctionnaires genevois pour conserver leurs acquis est aussi un service rendu à tous les travailleurs exploités par les patrons". 

    Certes on ne peut pas exclure un accord surprise dans la journée, grâce au rétablissement de l'annuité en 2016 (40 millions), que rendrait possible la découverte de nouvelles recettes dans l'escarcelle du ministre des Finances. Impossible? Souvenez-vous, à la veille de la dernière grève, le Conseil d'Etat annonçait avoir trouvé 111 millions de recettes nouvelles de quoi couvrir les 7,8 milliards de dépenses et boucler l'année 2016 avec un modeste bénéfice. (Même avec cette recette tombée du ciel, on s'étonne que le projet de budget 2016 prévoie un produit des impôts sur les personnes physiques inférieur au produit enregistré aux comptes 2014, alors que le Conseil d'Etat s'attend à une croissance du PIB de 1,3% l'an prochain... *) 

    Sur le dossier de la réduction de la dette et du frein à l'embauche, voté par le Grand Conseil, les syndicats continueront de grincer des dents mais ce bras de fer se résoudra dans les urnes, au plus tôt le 5 juin 2016, puisque'un référendum a été lancé contre la loi 11398

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  • Qu'un sang impur abreuve nos sillons!

    image.jpegLes paysans suisses marchent à Berne, mais ils ne se mettent pas en grève. Les vaches ne le supporteraient pas et il n'est pas politiquement correct de jeter des aliments dans les rues la veille du Samedi du partage. L'avenir des fermiers tient autant à la production alimentaire qu'à l'entretien du paysage, à la production d'énergie, au recyclage des déchets biodégradables et au maintien d'un mode de vie propice au tourisme et à l'école à la ferme. Le paysan Zeller de Vernier est un précurseur.

    Les fonctionnaires genevois font grève et prennent les élèves en otages, alors qu'ils gagnent deux fois plus qu'un paysan moyen suisse (qui travaille 45 à 50 heures par semaine), ont la sécurité de l'emploi, enseignent dans des écoles bien chauffées et bénéficient d'une retraite garantie, payée aux deux tiers par les contribuables.

    Les climatocraintifs font un joli cœur dans plusieurs villes de Suisse. Pourquoi marchez-vous, ai-je demandé à un haut fonctionnaire, membre de l'Association climat Genève? "Pour que nos élus se réveillent car il y a urgence." Mais, ai-je encore demandé, n'est-ce pas le peuple qu'il faut convaincre, lui qui est la véritable société civile dans un pays démocratique? "Le peuple est lobotisė par la propagande des sociétés pétrolières." On comprend pourquoi les Verts ont perdu les dernières élections fédérales.

    La France ponctue par deux virils Marseillaise l'hommage aux 130 victimes du terrorisme du 13 novembre. Mais aucun sang impur n'abreuvera les sillons de la nation. Une sale guerre civile déjà vieille de quatre longues années se poursuit à deux mille kilomètres à l'est. Et jusqu'à présent, personne n'a compté les victimes collatérales des bombardements aériens des desalliés. Seuls les migrants qui frappent à nos portes nous épouvantent, nous font dresser des murs et regarnir les frontières d'hommes en armes.

    C'est bientôt Noël. Ce dimanche est le premier jour de l'Avent.

    http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Je-gagne-plus-a-methaniser-mon-fumier-qu-a-faire-du-lait/story/17822168

  • Tonton Pierrot est dans la page people de la Tribune

    Pierrot 16 avril 2006 - copie.jpgTonton Pierrot n'a jamais fait d'histoire, ni de grande ni de petites. Du moins, c'est le souvenir que j'en garde à l'heure de sa dernière heure. Il est né paysan. Paysan il fut, paysan il demeura bien après l'âge de la retraite, bichonnant son jardin et ses fruitiers jusqu'à plus de 80 ans. Cette photo prise en avril 2006 le montre rayonnant, presque facétieux derrière ses lunettes en écaille rouge.

    Et le voilà ces jours, à son tour, dans la page "people" de la Tribune, la page des décès, la page la plus lue de la Julie. Une page pleine d'émotions.

    Je l'ai vu pour la dernière fois mardi dernier. Dans son lit, à Vessy, il était agité, nerveux, angoissé, recroquevillé comme un pauvre diable. Encore une fois, dix fois, cent fois, mille fois, il cherchait à s'échapper.

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  • Sonia Zoran, l'empathie et le format long

    sonia zoran.jpg(…) Tu nous as donné avec Eclats de Méditerranée d’être moins bêtes, moins ignorants sur ce qu’on appelle la crise des migrants. Dans le Temps, tu as très vite rédigé des éditoriaux dont un - il y a longtemps déjà - sur les deux nationalismes qui s’affrontent en ex-Yougoslavie une thèse qui en très court contenait ce que tu aurais sans doute écrit dans ta thèse que tu n’as pas composée,  faute d’avoir trouvé un accueil éveillé à  l’Université où un professeur avait jugé le sujet du nationalisme sans avenir. « Et ça fera mal », concluait cet édito prémonitoire. Ton écoute des autres déjà t’avait donné les clés de l’actualité. A la Radio, Frank Musy t’a aidé à faire du Sonia Zoran, un ton, un son, où  derrière le je on entend le nous.

    Les archivistes de la radio ne savent pas trop dans quelle case te mettre, dit encore Anal Lietti à qui le comité du prix Jean Dumur avait confié ce jour l’éloge de la lauréate 2015. Tu n’es pas dans le segment information mais dans les programmes où tu dis te bien trouver. (…) Et tu désires, comme nous, qu’on te dise au retour d’une immersion,  «Raconte», plutôt que «Combien tu veux» quand ce n’est pas «Tu as 3000 signes».

    «Regarde ce que les gens mangent et oublie l’angle.» Sonia Zoran cite Bertil Galland dans ses remerciements. « J’ai un côté chèvre de Monsieur Seguin… » Elle associe les techniciens de la radio qui ont l’oreille du ton juste, du prolongement musical pertinent. Et puis, l’actualité s’impose: «J’utilise le Je non pas pour dire Nous mais pour fuir le Nous. Car le Nous, ajoute cette Vaudoise qui en a l’accent à peine, renvoie au Eux, les migrants, les Arabes stigmatisés, mais aussi cette homogénéisation qui nous guette et nous menace.» Elle ne dit pas  purification ethnique, une actualité qu’elle a éprouvée dans ses Balkans d’où elle vient à moitié.

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  • Une seule formation pour les enseignants romands!

    emery-torracinta guiraud 2014.pngLes policiers genevois vont se former avec les Vaudois et les Valaisans. La Haute école en administration publique vient d'être intégrée à l'Université de Lausanne. Les journalistes se forment depuis toujours à Lausanne dans une structure paritaire, et depuis peu à l'Université de Neuchâtel. La plupart des certificats de capacité sont fédéraux. La formation des infirmières et de très nombreux métiers d'ingénieurs sont gérés par la Haute école supérieure de Suisse occidentale sous la maîtrise de la Confédération. Il reste un métier coincé derrière les murs des cantons: la formation des enseignants.

    Ce jour, dans la Tribune, l'enseignante d'histoire devenue patronne du DIP, réagit à l'audit de la Cour des comptes sur l'IUFE. "Nous avons anticipé et nous n'allons pas tout bouleverser", dit-elle. Bref, circulez, y a rien à voir. Triste cantonalisme d'une socialiste qui ne sait plus ce qu'est l'internationale. 

    Madame Emery Torracinta, si vous voulez travailler pour le bien commun des Genevois et des Suisses, faites une seule école pédagogique avec les autres cantons romands. Libérez-vous! Libérez-nous! Instaurer la libre circulation des profs entre nos cantons! Et introduisez dans cette formation un stage de six mois minimum en immersion linguistique de tous les profs.

  • Attentats, la peur est mauvaise conseillère

    etat islamique.jpgNous ne sommes pas en guerre ou alors cette guerre a commencé en août 2014 et ce ne sont pas les attentats de Paris qui l'on déclenchée.

    Il se trouve qu'une coalition de vingt-deux Etats, sans la bénédiction de l'ONU, dont la France fait partie, tente de réduire l'action jugée illégitime d'une... (qu'est-ce qu'est Daech au fait: un Etat, une guérilla, des révolutionnaires, des bandits, des conquérants, une force, un peuple en armes, "une organisation militaire, politique et terroriste, d'idéologie salafiste djihadiste", comme le décrit Wikipedia?...) une organisation donc.

    L'Etat islamique s'est constitué en 2006 et 2012, après avoir avalé, suivant un plan terroriste, les dépouilles sunnites de deux Etats gouvernés par des chiites,  la moitié de la Syrie et un gros tiers de l'Irak, de part et d'autre d'une frontière dessinée par la France et la Grande-Bretagne il y aura 100 ans le 16 mai 2016, aux termes des accords de Sykes-Picot. Frontière qui jusqu'à l'émergence de l'EI a été considérée comme légitime aux yeux des nations concernées et des Nations Unies. Elle a volé en éclat. Il faut s'en souvenir, même si c'est un peu plus compliqué.

    D'une précédente guerre, celle d'Irak, un autre Etat est né, jugé légitime, celui-là, par les Européens, mais pas par ses voisins: le Kurdistan (irakien). Où s'arrêtera la décomposition des Etats nés après la première et la seconde guerre mondiale (la Syrie est née en 1946)?

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  • Dix mois après Charlie, fusillades terroristes à Paris, état d'urgence en France

    Vendredi 13 novembre 2015, les marchands de chance ont fait le plein jusqu'à la fermeture à 20h - 127 millions à l'une des loteries, renseigne la tenancière du bar PMU Le France. Trois heures trente plus tard, l'Europe est sous le choc. Des Parisiens sont tombés sous les balles et les explosions d'une bandes de fous lourdement armés.

    Le choc est énorme. La tristesse profonde. Notre compassion va aux victimes et à leurs proches.

    Les questions se bousculent. Les guerres civiles du Proche et Moyen Orient soudain sont dans nos murs. Et nous découvrent démunis. Les forces de sécurité savaient que ce type de scénario pouvait se produire. Ces attaques aveugles - ni blasphémateur ni juif ni journaliste ni politicien ne semblent spécifiquement visés - portent la mort au cœur d'une capitale dont les avions bombardent des cibles de l'Etat islamique en Irak et en Syrie. 

    Qui sont les terroristes? Des Français? La réponse n'est évidemment pas anodine. Est-ce pour autant une rupture stratégique? La preuve de l'incapacité des forces de l'ordre d'empêcher ce genre d'attaque? Peut être. Ce qui est vrai, c'est que nos armées, nos polices, nos systèmes judiciaires sont bien mal préparés face aux nouvelles menaces.

    La France est en état d'urgence. Hollande est grand dans l'adversité. J'habite à la frontière. Sa déclaration m'impressionne particulièrement. Mais ces attaques ne sont pas la guerre. Rien à voir avec l'effroyable Grande guerre ou la Seconde, plus meurtriere et destructriçe encore ni avec ce qui se passe depuis des décennies au Moyen Orient.