Iconoclaste: que vaut Palmyre?

L'assassinat du vieux directeur de Palmyre a suscité presque moins d'émotions que l'explosion d'un temple romain que personne n'avait jamais vu, sauf quelques archéologues payés pour ça et quelques touristes aisés qui font ou faisaient au pas de course le tour Liban, Syrie, Jordanie ou assimilés, comme les Chinois ou les indiens font Paris-Lucerne-Rome, entre autres.

Au fait combien de "trésors" archéologiques Rome a vu s'effondrer? Il n'est sans doute pas bien de s'en prendre aux vestiges sans défense, surtout quand ceux-ci sont devenus sur le (très, très) tard un marché lucratif dans un pays, qui comme ses voisins n'a guère de marchandises ou de services à offrir sur le marché mondial. 

A l'heure où l'on clone les grottes de Lascaux et la tombe de Toutamkamon, dont la tombe cacherait des trésors inconnus, la perte d'un vestige romain est une idiotie, pas un crime contre l'humanité.

On n'a sans doute pas encore bien compris pourquoi IS suscite autant de vocations jusque chez nous. La soif des idéaux et des actions fortes. La guerre d'Espagne a levé son lot de jeunes brigadsites, mais l'on me dit que ça n'a rien à voir. Bon.   

Le temps des croisades est passé comme les guerres de religion, me dit on encore pour ce qui revient à rejeter les guerriers de Daech dans le camp des fous. Ah, rebon!

Dans un récent article, The Economist relate la bien interessante thèse qu'un prof français vient de publier à Oxford. Selon Jean-Pierre Filiu, IS serait moins dirigé contre la démocratie que contre les régimes autoritaires en place engagés dans une contre-révolution après avoir écrasé les printemps arabes. Ces régimes ressemblent, argumente Filiu, à ceux des Mamelouks, des esclaves rebellés, qui ont tenu le pouvoir durant un demi-millénaire et le tiennent toujours. IS serait un mouvement de résistance plus qu'une croisade contre les infidèles. 

http://www.economist.com/news/books-and-arts/21660506-blame-dictatorship-not-democracy-unravelling-order-arab-world-burning

Dans la même veine, je défends que les jeunes qui s'embarquent pour tuer ou se faire tuer expriment sans doute aussi une révolte contre l'Occident qui ravage des pans entiers de territoire naturelle partout dans le monde en quête parfois meurtriere de ressources minières dont les autochtones ne récoltent que les terrils et la pollution.

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