68? Non 36,9!

Capture d’écran 2014-10-24 à 20.50.58.pngDifficile le débat lancé par 36,9. Moncada est sensible, souvent pertinente. Ce soir, elle n'a que brassé des poncifs. Sans doute le sujet abordé est-il trop vaste, trop douloureux, trop étranger à la vie qui va. Les malades, les vieux ne font pas la une des journaux.

Ils sont solitaires, les vieux. Ils s'en plaignent. La belle affaire.

On a donc eu droit à des louches et des louches de bons sentiments, de pétitions d'intention, de pas mal de y'a qu'à et de beaucoup de faudrait qu'on. C'est oublier que les vieux sont comme des gamins. Tous les six mois, ils changent, leur vision des choses se modifie à leur corps défendant, leurs besoins ne sont plus les mêmes. Les uns grandissent, s'émancipent, se renforcent, se libèrent, les autres rouillent, angoissent, dépriment, s'enferment.

Heureusement que le président de Pro Senectute a remis quelques pendules à l'heure. Et évoquer la facture sans oser en exprimer le montant. 80% sont des salaires, on ne va pas réduire les salaires. Qui va payer? La question est posée. Mais personne n'y a répondu. Les assureurs maladie, absents du débat, en ont pris pour leur grade. Maillard a fait le beau. Pensez, l'Etat de Vaud a augmenté de 90% son budget pour les soins à domicile. 150 millions. Qu'est-ce que ça veut dire face aux 68 milliards des coûts de la santé en 2012 (largement plus de 70 aujourd'hui)?

Les soins à domicile, c'est aussi une privatisation des coûts, un report sur les familles et les proches. C'est évidemment moins chers que les coûts exorbitants des EMS, entre 6 et 7000 francs par mois pour une piaule, quelques animations, une surveillance carcérale, à boire et à manger et tous les soins pour vous faire durer.

Trop lisse l'émission, un peu comme Moncada, professionnel, attentionnée, à l'écoute, mais quand on est vieux et mal en point, on est vieux et mal en point. Point!

PS: pour les coûts de la santé en Suisse, il suffit de taper coût santé et Suisse dans n'importe quel moteur de recherche et l'on trouve sans peine la facture et qui paie.

Questions subsidiaires: 1) pourquoi le Suisse moyen dépense-t-il 13 francs pour se soigner (très bien) et moins de 8 pour se nourrir (pas toujours bien)? 2) peut-on inverser la proportion?

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Commentaires

  • la question subsidiaire me semble tout à fait pertinente ! Elle est à mettre également en regard des sommes dépensées dans d'autres domaines.

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