Aux antipodes de Genève

P1030042.JPGAppenzell, moins de seize mille habitants, 496 délits pénaux en 2013, dont 59% sont élucidés, 160 chômeurs, des comptes 2o13 juste équilibrés grâce ici comme chez nous à d'heureuse rentrées fiscales, un centre ville absolument silencieux rythmé par le bourdon de la grosse cathédrale, austère au dehors, rococo au dedans, qui frappe les heures et les quarts, imperturbable.

Où que le regarde porte, des prés verts, piqués de pisse-en-lit en fleurs, de moutons noirs et blancs, de bovins bruns et de fermes à deux corps. La ville à la campagne, c'est ici. C'est à quatre heures de route de Genève. Un berceau de la démocratie dit-on quoique la Landsgemeinde viole un principe cardinal de la déclaration des droits de l'homme, le secret des urnes et l'accès égal de tous au vote.

Voteront-ils comme un seul homme les Appenzelloises et les Appenzellois peu après-midi comme le leur recommande leur Grand Conseil dont ses 49 membres ont adopté à l'unanimité les projets de loi soumis au verdit du souverain. Le dernier décompte des voix remonte à 9 ans, remarque un journaliste dans l'Appenzeller Zeitung.

La vraie démocratie, a rappelé le curé de la cathédrale devant les autorités réunies et en présence du président de la Confédération, c'est la démocratie de concordance, celle qui respecte toutes les minorités qui tend à réaliser sans jamais l'atteindre ici-bas cette utopie qu'on vécu les chrétiens au temps des apôtres vivre ensemble,blé comme un seul cœur et une seule âme et l'Eglise continue à porter dans les âges malgré les moqueries et les controverses, n'en déplaise à ceux qui prétendre parler pour le peuple et tiennent des discours de haines, de peur et placardent des affiches d'exclusion.

J'ai rarement entendu un sermon aussi engagé en pareille circonstance. Il est vrai qu'aux antipodes, la République genevoise n'entend plus guère ce genre d'homélie.

Commentaires

  • dans quelques semaines la seule soeur de Menzngen encore active à Appenzell va nous rejoindre ici et je m'en réjouis. Je l'avais rencontrée une fois et l'avais tout de suite questionnée au sujet du Landsgemeinde (c'était durant une retraite de silence et de prière), son visage s'est illuminé et elle me dit: bien sûr que je vote la main levée:patriote, elle l'était et elle doit encore l'être. Vraiment Apenzell, pour cette enseignante, était comme une famille et la solidarité n'était pas un mot.

    Ceci pour dire combien je suis en accord avec ce "un cœur et une âme" de cette population tout en espérant que cela n'empêche pas des variantes.

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