Y a-t-il un tweetprof dans la classe?

"Je tweete, tu tweete, nous lisons!" Après 3 ans d’expérimentation de l’usage de Twitter avec ma classe de CP, je peux dire que les tests sont convaincants : de façon quotidienne, mes élèves se trouvent confrontés à de l’écrit, dans des situations de communications réelles. Ils n’écrivent pas pour avoir une bonne note ou pour faire plaisir au maître, mais pour être lus par des personnes bien réelles ; les abonnés au compte de la classe réagissent, répondent, retweetent, et motivent ainsi les élèves à produire encore plus.

Combien y a-t-il de profs à Genève qui peuvent se prévaloir d'une telle expérience (trouvée sur xyetz grâce au Twetwed Times de Lyonel Kaufmann) ou d'autres au cœur du web?

La semaine passée, j'ai accueilli Nicolas, un élève des Grandes Communes, pour une journée d'initiation au journalisme. Trop court pour tester le terrain. Ce petit bain médiatique m'offre aussi l'occasion de réfléchir sur mon métier, de mesurer la distance entre l'idéal, l'ambition et la réalité quotidienne.

Nicolas apprend le latin. Tweete-t-il? Non. Il n'a pas de page Facebook non plus. Et ses profs? Il ne sait pas. Dommage, lui dis-je, la guerre de Gaule en gazouillis, ça serait cool. Et un blog de classe, ça s'impose, non? Je fais ma promo. Je ne perds pas espoir de convaincre un jour un prof - c'était presque fait - et le DIP de foncer sans attendre d'équiper tous les élèves d'une tablette. (Ce qui, au passage, s'impose bien plus que la rénovation des murs.)

Commentaires

  • Je ne sais pas si un jour le prof de mon enfant se lancera dans le projet de construire un blog, mais dans tous les cas cela ne saurait se faire ici. Les profs n'ont pas à faire de la réclame pour une entreprise privée. Dont le responsable fait preuve d'un esprit partisan.

  • Nous commençons à peine à prendre la mesure de la révolution provoquée par internet que déjà se profile le web 3.0, l'internet des objets et l'avènement des "prosumers". Nous devenons tous ce que nous sommes déjà sans vraiment pouvoir l'exploiter : des producteurs-consommateurs qui peuvent faire profiter de leur art n'importe quel intéressé sans passer par des intermédiaires. (Jeremy Rifkin : "the zero marginal cost society")

    L'éducation en profite déjà de manière spectaculaire avec la possibilité de suivre des cours en ligne gratuits et donc accessibles dans les coins les plus reculés du monde.
    Les moyens, comme celui que vous relevez dans votre blog, redonnent le plaisir d'apprendre. Même le caractère rébarbatif de l'appris par coeur du vocabulaire d'une langue se fait de manière ludique (Quizlet).

    Alors oui, évidemment, chaque élève devrait disposer d'une tablette. Mais est-ce à l'école de la fournir et à quoi servirait-elle si les profs ne l'utilisent pas ?

    Quant à la réfection de nos écoles, je trouve que ces jérémiades de la gauche comment à bien faire. Nous disposons de locaux considérablement plus confortables que n'importe où ailleurs dans le monde. Même le cycle du Renard qui subit des dégâts dus au manque d'entretien est un bâtiment qui pourrait être classé. Les couloirs sont spacieux, les matériaux nobles. Je me rappelle que de mon temps, nous suivions nos cours dans des baraquements supposés provisoires (Cayla, l'Aubépine, etc.) qui sont restés debout plus de 30 ans. Nous n'en avons pas souffert. Au contraire, il nous reste des souvenirs et des émotions qui étaient en partie au moins provoqués par la nature obsolète de ces édifices.

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