Les mauvais graphiques de la télévision publique

initiative udc tsr.jpgLa Télévision suisse romande, rebaptisée RTS Une et Deux, est de loin le premier média de Suisse. Le 19.30 rassemble toujours ses fidèles en nombre, quand les églises sont vides. Mais, en chaire, sermonnent les mêmes clercs.

Ce dimanche soir, l'explication de l'initiative UDC pour les familles avait la force apparente de la simplicité, des idées claires. 5 plus 5 égalent 10 moins 2 font 8 pour l'un. 10 plus 0 égalent 10 moins rien pour l'autre. Voilà deux familles suisses normales. Et l'on va, chers téléspectateurs, vous démontrer en quoi cette initiative UDC est une injustice et qu'il faut donc - message subliminal - la combattre.

Sauf qu'il y avait comme un petit problème.

Combien sont-elles ces familles suisses dont l'un des membres du couple gagne 10'000 francs, tandis que l'autre reste à la maison et ne gagne rien? Peut-on donc comparer sans autre deux famille dont le revenu de l'une est composé de deux salaires de 5000 francs et celui de l'autre d'un seul salaire? Sans doute pas. Mais RTS Une l'a fait sans ciller. 

C'est qu'en matière de politique familiale, le diable est souvent dans le détail. Les situations ne sont guère comparables, tant du point de vue des revenus que des charges, sans compter la valorisation des choix de vie, autonomes ou subis ou les effets pervers ou d'aubaine des mutirecomposition familiale.

Le Matin de ce Dimanche s'y est essayé avec plus de subtilité, mais en ajoutant dans la comparaison les deux initiatives du PDC qui ne sont pas au programme des votations du 24 novembre. Au moins la démonstration était faite que l'initiative de l'UDC ne profiterait qu'aux riches, ce qui est le fait toutes les déductions fiscales du fait que le barème des impôts est progressif et ce qu'ont heureusement compris les délégués PDC contre l'avis de leur président déjà orbité en Valais.

Reste que pour apprécier le bilan économico-fiscalo-social de la politique familiale, il faudrait pouvoir peser et mesurer tous les événements qui s’égrènent le long d'une vie. Exercice délicat s'il en est. Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, un parent, le plus souvent la femme, qui cesse de travailler pour élever ses enfants touche un salaire fictif qui lui permettra l'âge de la retraite venue de bénéficier d'une AVS améliorée.

Au final, il y a un argument que j'ai peu entendu. L'incitation qu'aurait l'initiative UDC à diminuer son temps de travail est surtout néfaste à la création de la prospérité commune. On ne peut redistribuer que ce qu'on a, nous rappelle régulièrement l'Union DCentrée.



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