Peut-on se fier à un budget en période électorale?

Certes David Hiler n'est pas candidat à sa succession. Le ministre vert qui aura bénéficié durant ses huit années de règne d'une conjoncture remarquablement résistante, alors que l'Europe affrontait sa pire crise depuis les années 30, boucle ses deux législatures sur un pied de nez budgétaire de 400'000 francs. Quand la marge d'erreur entre le budget et les comptes se chiffre régulièrement en dizaines voire en centaines de millions de francs, il y a de quoi laisser songeur.Le futur ministre des finances ne manquera pas sans doute une fois élu de durcir ce budget électoral 2014.

Hiler se saura d'ailleurs systématiquement trompé en bien, puisque ses comptes ont bouclé toujours mieux que ce qu'il avait prédit. Tant mieux pour nous, sauf que ce mieux a tout juste permis de stabiliser la dette à quelque 25'000 francs par Genevois.

Brûlant la politesse à son allié de la droite régionale, le parti de la droite nationale a dégainé le premier son commentaire. Sans rire, l'UDC genevoise appelle un PLR vaudois à l'aide. Le très sémillant ministre des Finances du très rupestre canton voisin, Pascal Broulis, présente lui un bénéfice de 17 millions et surtout une dette dix moins élevée que ces Messieurs de Genève.

Il faut se méfier des comparaisons. Vaud et Genève ne fonctionnent pas avec des moteurs de même cylindrée. La Peugeot vaudoise compte encore beaucoup sur les communes pour délivrer le service public. A Genève, les 45 municipalités n'ont plus guère de pouvoir. Leurs budgets réunis, sans doute encore trop élevés, représente moins de 20% du total de la collectivité cantonale.

Cette différence se mesure simplement en divisant les presque 9 milliards du budget du canton de Vaud par les 730'000 habitants du plus grand canton romand, soit 12'000 francs par habitant. La dépense par tête est exactement la moitié de celle du canton de Genève...

Pour les investissements, la différence est plus grande encore. Broulis dit que l'enveloppement des grands travaux et des équipements, à 329 millions ou 450 francs par habitant, atteint un plafond. A Genève, Hiler prévoit pour son successeur de bétonner et d'acheter des équipements, en 2014, pour 657 millions de francs ou 1383 francs par habitant, soit trois fois plus qu'en Pays de Vaud. Là encore, il faut compter que les communes vaudoises font davantage que leurs copines genevoises. La différence reste cependant interpellante.

Bref tout ça pour dire que le futur ministre des Finances du bout du lac, mais peut-être avant tout le Grand Conseil, pourra commencer par faire un stage à Lausanne pour apprendre à réduire le volume des dépenses publiques. ça sera sans doute plus difficile à digérer à gauche qu'à droite.

A propos: qui sera le ministre des finances 2014-2017?

En bonne logique, le PLR François Longchamp, qui aura fait voter le plan directeur cantonal 2030, devrait s'y coller. Qui dit mieux!

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