La Cité est illisible

lacité no 1.jpgC'est toujours triste d'ouvrir un journal et d'avoir le sentiment qu'on ne le lira pas. Parce qu'il est illisible. Techniquement illisible. Certes, il est près de minuit et la lumière du salon ne vaut pas la clarté du jour. Mais tout de même. Fabriquer au XXIe siècle un journal digne de Kim il Sung c'est fort!

La Cité n'aura, dans cet état, sans doute pas de deuxième édition. Ma déception est grande et j'imagine que celle des quelque milliers de souscripteurs qui ont reçu le numéro 1 - avec deux jours d'avance - l'est tout autant.

Même le Monde diplomatique (qui dispose d'une application Ipad) a fait des efforts typographiques pour améliorer sa lisibilité. C'est à croire que La Cité l'a fait exprès. Mais où diable sa rédaction a-t-elle trouvé cette police de caractère? Comment Erik Grobet a-t-il pu imaginer des colonnes de 11 centimètres de large! C'est un non sens total!

Page 15, je lis ce titre: "Ces élites qui gouvernent dans l'ombre des élus". Page 16 Musées à vendre. Page 17: fin d'une histoire de compromis? Et page 18 Les enjeux de la densification. Cruels ces titres. Dis moi, Fabio, ces titres, ils ne s'appliquent à la Cité?

Les premières réactions sur la page Facebook du bi-mensuel sont positives. La Cité invite ses lectrices et ses lecteurs à partager une tasse de café vendredi 18 février, de 9 à 11h, au Café Sud, 14 rue Ecole-de-Médecine, Genève! L'heure d'un premier bilan. D'ici là, j'aurai fais l'effort de lire quelques articles et pourrai me prononcer sur le fond.

Il se trouve que, ces jours, j'ai offert mes modestes services à titre bénévole au journal Caritas. Le numéro 471 est sorti en décembre dans un nouveau concept lancé par Camille Kunz sous la responsabilité éditoriale de Dominique Froidevaux, il y quatre numéros déjà. Le journal couvre ses frais avec la publicité et rapporte grosso modo plusieurs milliers de francs en dons à chaque édition.

Caritas a du potentiel. Il a mon âge. Son tirage est voisin de celui du Courrier. C'est un trimestriel. C'est un journal de militants, de travailleurs sociaux. Rien de commun avec L'anachronique Cité, mais le journal Caritas a une longue vie devant lui.

Ajout à 16h.

1) Merci aux commentateurs

2) Je note cette information sur une éventuelle Weltwoche romande, qui  m'avait échappée et que me signale Olivier Francey dans son blog Le vide ne remplacera jamais le néant. Christian Campiche en avait déjà parlé dans la Méduse du 23 décembre. Un journal en ligne volontiers hors ligne.

Commentaires

  • Pas d'accord, j'ai aimé...
    Il y a de la matière et alors..
    Faut-il céder à la mode des journaux light et soft ?
    Sans goûts et idées...

  • Cher Monsieur,

    Vous êtes excessif et à côté de la plaque.

    Je l'ai lu, tout ne me va pas, mais j'apprécie le style, les articles de fond et la démarche. Ca me rappelle les médias "libéraux" qu'on trouve sur la côté Est des Etats-Unis.

    C'est triste de voir un journaliste chevronné sombrer dans la jalousie, la frustration.

    Vous devriez vous réjouir de la naissance d'un nouveau média. Mais non, pas assez à droite selon vous.

    C'est bête, méchant, et vous décrédibilise pour les prochaines itw et articles sur les médias et les politiciens que vos publierez.

    Rendez-vous sur le website de Fox News, vous y ferez votre miel.

    Bien à vous.

    H.B.

  • "Un journaliste chevronné"... hum... sur une voie de garage oui...

  • Jeff,

    je t’appelle Jeff depuis longtemps, contraction affective de Jean-François, une attention, une marque d’affection justement.

    On était collègues à la Tribune de Genève, on s’est toujours appréciés. Respectés. J’ai toujours cru que le fil qui liait nos vues, qui faisait converger nos aspirations était le « journalisme », métier ô combien nécessaire pour la sauvegarde du débat démocratique, une mission à laquelle nous croyons fermement.

    Ce métier a ses règles, ses codes, sa déontologie, dont la première obligation est d’aller à la source, d’appeler la personne qui fera l’objet d’un article, d’une critique. As-tu seulement une seconde songé à prendre le téléphone pour me demander pourquoi La Cité a été sortie de presse avec une police de caractère si petite ?

    Non, tu ne l’as pas fait, hélas. Je t’aurais répondu que nous sommes tout autant surpris (et presque estomaqués) que toi. Les tests d’impression offraient un rendu différent, une police de caractère plus grande, charnue, agréable à lire. A l’arrivée, elle est à l’évidence trop mince.

    C’est le propre d’un numéro zéro d’afficher ses défauts, c’est un test grandeur nature, une invitation faite aux lecteurs à exprimer leurs avis, à contribuer à façonner le journal, pour que le numéro 1 et les suivants soient aussi proches que possible de leurs attentes, tant dans la forme que dans le contenu.

    Nous avons reçu nombre de messages en ce sens. Ils nous ont été adressés sur notre mail, une politesse que nous apprécions au plus haut point.

    Je voudrais aussi m’attarder sur ta remarque sur la longueur de certaines colonnes : 11 cm.

    C’est la taille de la page d’un livre, car nous considérons que le journalisme est une catégorie de la connaissance et du savoir. Graphiquement, des colonnes aussi larges symbolisent cette réalité.

    Ce n’est pas la seule touche « novatrice » du journal (je ne m’attarderai pas sur les autres), que tu considères comme un produit « anachronique ». Sincèrement, je ne crois pas que ce terme soit utilisé à bon escient. Tout comme le fait de juger que certains titres sont « cruels ».

    Un « titre cruel »…. mhhhh, je me demande ce que cela peut bien vouloir dire. Puisqu’on utilise les mots de notre chère langue française à tort et à travers, permets-moi alors d’oser cela :

    Cruel, c’est jeter aux orties sa faculté de juger. Cruel, c’est porter un jugement sur un seul numéro, de façon hâtive, sans demander des explications à ses auteurs.

    La faculté de juger s’exerce sur une base aussi large que possible d’éléments, contribuant tous à façonner son propre jugement sur une réalité. C’est au terme d’une douzaine, voire de 24 parutions, d’une année de publications, qu’on devrait en ce sens commencer à tirer des conclusions, non ?

    Mais voilà, les exigences de rapidité et l’hypercriticisme, qui sont le propre des blogs, ont pris le dessus sur le journalisme. Ce sont les traits d’une façon d’exercer le métier qui appartient au passé, lorsque les journaux et les journalistes ne faisaient aucune distinction entre les faits et le commentaire. C’était avant les codes déontologiques qui fort heureusement régissent notre métier.

    D’une certaine façon, ce sont ces manières qui pourraient éventuellement être taxées d'anachroniques, si tu le permets.

    Quant à moi, je continue de croire que les journalistes doivent toujours se comporter en gentlemen (dans un monde de brutes).

    Considères ces quelques lignes tout de même comme une ultime marque d’affection. Après tout, qui aime bien, châtie bien, non ?

    Fabio Lo Verso
    Rédacteur en chef de La Cité

  • J'ai fait circuler un peu ce journal ... réactions unanimes : Il est beau ce journal, mais c'est écrit un peu petit.

    A ceux qui ne le connaissent pas, soyez audacieux, achetez le ... vous aurez au moins la chance d'avoir autre chose que du papier pour allumer le feu entre vos mains.

  • Mon cher Fabio,
    Sans doute la charge de la nuit dernière est-elle trop rude. Je sais que ce qui est excessif est insignifiant. Autant pour moi. Je précise tout de même, à ce stade, que je me suis pas prononcé sur le fond. Je n'ai pas encore eu le temps de goûter l'ivresse du vin que tu nous sers. Je ne me suis prononcé que sur la forme de la bouteille et sur l'étiquette.

    Je compte bien revenir sur l'expérience de presse que tu as l'audace et le courage de lancer.

    Sur la forme toujours - tu le sais sans doute - j'attends avec impatience l'irruption des tablettes de lecture - l'Ipad en donne un avant goût. Car la presse papier est morte. ça n'est plus qu'un question d'année. Il restera sans doute toujours des journaux imprimés, mais ils ne seront plus leaders. Ils ne le sont plus déjà par la masse des gens qui se contentent de la télé, mais surtout se précipite sur les médias électroniques, les intelliphones, les réseaux sociaux, les blogs aussi.
    Sans doute, une petite minorité de nos concitoyens a-t-elle besoin d'un information indépendante, pointu, pertinente (C'est tout de même faire un peu injure aux médias existants que de prétendre qu'ils ne visent pas eux aussi cette objectif). Elle la trouvera peut-être sur quelques sites internet tel Publica, où des journalistes travaillent en réseau, trouvent des mécènes et publient des enquêtes internationales à ramifications nombreuses, dont aucun besogneux que nous sommes ne peut même rêver.
    A demain.

  • Bon, ben, beau, moi j'aime la qualité de ce nouveau journal et de plus l'utilisation des images belles et ultra-contemporaine, et j'aime ça. J'aime le format aussi. J'aime le contenu aussi et la part dédiée à la culture. J'aime aussi la video mais dans ce blog, je la trouve un peu spéciale: pas très pro en fait pour un pro, je ne sais pas pourquoi. Caritas c'est beau, c'est bien mais pourquoi comparer le journal de Caritas avec "La Cité" ? En tout cas je vais prendre une part à "La Cité". Voilà.
    Signé Bibou!

  • M'enfin Cher Mabut, vous n'avez donc pas lu la presse du jour me semble-t-il, sinon vous ne vous seriez pas posé la question de savoir pourquoi "La Cité avait une police de caractères trop petite" ?...

    Ne saviez-vous donc pas que notre police, celle de Piogre, est en grève ? Par conséquent, ils tournent en effectif réduit. Déjà qu'en effectif normal on ne les voit guère, alors imaginez-les en civil et armés de brassards, ils deviennent invisibles ... Quant aux caractères de cette police, c'est vrai qu'on y rencontre tous les caractères possibles, des plus petits au plus grands et parfois même de vrais sales caractères nos flics, jamais contents, râleurs et bientôt barbus ...

    Conclusions : La grève ne grandit ni le corps, ni le caractère d'une police ...
    Quant à "La Cité", il faudra que j'y jette un coup d'oeil quand même, un oeil de presbyte, moi qui suis un peu casse-couilles ...

  • Mon pauvre Mabut, il est vrai que le code visuel pain-fromage de la Tribune vous convient mieux. Il est en parfaite osmose avec ce que vous estimez être un journalisme de qualité.Cela dit laissez aux vrais esthètes le soin de choisir ce qu'ils préfèrent. Vous aimez sans doute la saucisse de Payerne et le taillé aux greubons mais il est des gens qui savent apprécier la finesse et l'ellipse.

  • Toute nouvelle publication est la bienvenue, bien sûr ! Je constate et regrette que la largeur de la colonne du présent blog soit de 160 mm de justif avec Corps 10 (?). Depuis que les graphistes et les informaticiens ont la haute main sur le graphisme, la typographie et la mise en page, on découvre chaque jour des tombereaux de singularités dans nos imprimés et nos journaux.

    Les premières brochures de propagande électorale pour les "municipales", lardées de photos anthropométriques et les arguments donnent des frissons dans le dos ou suscitent le sourire...

    Demain, j'achète La Cité sur papier car (délibérément ?) non lisible online. Et s'il le faut, une nouvelle paire de lunettes à la Johnny:-)

  • Bonjour, je n'ai pas eu l'occasion de toucher la version papier, en revanche l'édition électronique me fait penser - dans la mise en page - à l'information immobilière de la SPG.
    L'erreur de corps sera un souvenir vite oublié... ou alors je re-sortirai mes vieilles lunettes à double optique pour percer les points noirs ^^
    Bonne chance!

  • Fabio Lo Verso,
    Bienvenu et bon courage à votre journal. Un nouveau journal n’est jamais de trop.
    J’espère y trouver des informations intéressantes et qui me donneront à réfléchir sur toutes sortes de sujets.

    Jean d'Hôtaux,
    Étant barbu, ce qu'il ne veut pas dire que je travaille dans la police, car je sais taper à la machine avec deux doigts, mais ma Remington commence à prendre de l'âge et me cause bien des soucis, je suis donc à la recherche d'une machine à écrire ayant bon caractère et ne craignant pas la police.
    Seriez-vous à même de m'indiquer où je pourrais me procurer ce genre de belle mécanique ?

  • Benoît Marquis: "où je pourrais me procurer ce genre de belle mécanique ?"

    J'ai une électrique, si cela vous intéresse? :)

  • Je viens de le feuilleter en même temps que J-f Mabut.... je le trouve super intéressant! Au vu des sujets cela vaut la peine de prendre une loupe.... ou alors une visite chez l'ophtalmo.... J'aurais pu lire quelques lignes si vous ne tourniez pas si vite les pages..... :)

  • Merci beaucoup Patoucha, mais une machine électrique est trop compliqué pour moi et il paraît qu’elle font des fautes d’orthographe même si elles ont bon caractère.

  • Mdr mdr mdrrrrrr Benoît Marquis. Je me suis fait avoir! LOLLLLL

  • Je trouve dommage que le débat de la cité se fasse dans le cadre de ce blog; critiquer au seul sens négatif du terme, lancer des piques superficielles, et cela avant même d'avoir lu un article, ne témoigne pas vraiment du professionnalisme que j'attends d'un vieux loup.
    Je m'arrête donc là, et poursuit la discussion en un lieu plus approprié.

  • Marc Münster, bien au contraire! c'est grâce à ce billet que j'ai découvert ce nouveau journal.

    Dommage que vous partiez si déçu...

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