MBG est elle encore audible? Qu'en pense Odette?

MBG yeux sur www.brunschwiggraf.ch.jpgLa Confédération boucle l'année 2009 avec un bénéfice de 2,7 millions. Bravo dit le bon peuple. Pourtant ce n'est pas le signe d'une bonne gestion publique.

Décaillet ce matin sur Radio Cité, 92.2, ne rate pas l'occasion de tendre le micro au porte-voix de l'économie suisse, dont le ton maîtresse d'école passe de plus en plus mal. On ne s'étonne donc pas que Martine Brunschwig Graf se réjouisse du bénéfice engrangé l'an dernier et félicite son conseiller fédéral Merz. Que le journaliste abonde, est plus étonnant.

MBG se réjouit notamment du bon fonctionnement du frein à l'endettement. C'est juste surréaliste. En matière de finances publiques, contrairement à la conduite d'une auto, il faut lâcher le frein quand l'économie va mal et dévalle la pente de la conjoncture ce qui a été le cas en 2009 et serrer le frein aux dépenses quand la croissance s'emballe. Berne fait tout le contraire.

mbg smart vote.jpgCôté dépenses, pas de quoi donc tresser des couronnes aux ministres des finances. Côté recettes, elles tombent dans la caisse fédérale sans que cela ne dépende de l'habileté du grand argentier. C'est davantage le résultat de quelques reliquats des bonnes années qui ont précédé la calamiteuse année 2009.

Pour 2010, rebelote! On va devoir continuer à serrer la ceinture, annonce la conseillère nationale radicale libérale. Tant pis si la courbe du chômage continue sa grimpette. MBG, retraitée du Conseil d'Etat, n'est pas menacée elle dans son train de vie.

On savait Martine bien ancrée à droite, mais son profil Smartvote surprend tout de même [cliquer sur l'image pour l'agrandir].

Sur l'axe "Politique des finances restrictives", elle paraît plutôt modérée. Sans doute est-ce parce qu'elle est favorable au sauvetage des banques par l'argent des contribuables. Au fait combien d'années Berne devra-t-t-elle faire des bénéfices pour égaler le ballon d'oxygène octroyé à UBS?

Trêve de plaisanteries, l'heure est grave. Cependant les déficits annoncés de la Confédération jusqu'en 2013 ne doivent pas inciter les élus à tomber dans des considérations de ménagère. Le budget de la Confédération n'a rien à voir avec celui d'Odette tout le monde. Il est par exemple parfaitement normal que la dette de l'assurance chômage augmente en période de récession.

Ce mécanisme fait partie de ce que les spécialistes appellent les stabilisateurs automatiques de la conjoncture. Car les dettes du chômage - qui ne coûtent pas grand chose à Berne au taux d'intérêt actuel - sont en fait des rentes qui tombent dans la poche des milliers d'Odette tout le monde au chômage. Lesquelles consomment du pain, des raves et des patates.

Le maintien de la consommation, c'est bon pour Coop et Migros, pour l'agriculture suisse, pour l'économie en général. C'est le rôle des finances publiques de soutenir l'activité économique (à condition bien sûr d'être assez sage et de faire de rembourser la dette en période de vaches grasses).

On devrait même leur donner de quoi, aux Odette tout le monde au chômage, de s'acheter des oranges. Elles consommeraient moins de médicaments et ça éroderait un peu les bonus des copains de Martine.

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