• La police autorise l'érection d'un minaret à la Place-Neuve

    matthey-doret David.jpgDavid Matthey-Doret annonce sur Facebook l'érection ce matin à 10 heures d'un minaret éphémère sur la Place Neuve. La police s'est fait prié, explique le président du Groupement de liaison genevois des associations de jeunesse, mais il a, semble-t-il, optenu gain de cause. Lire ci-dessous le communiqué du groupe créé sous le titre "Le premier nouveau minaret à Genève ! Marre d'avoir honte de notre pays !"

    Comment interpréter cette manifestation? Une farce de collégien digne de l'Escalade, un  mépris de la votation populaire de dimanche, un hoquet de l'esprit de Genève, une salutaire résistance à la "peur et à l'ignorance", qui expliquerait le vote des Suisses selon les mots du rabbin François Garaï, dans une lettre est publiée sur le blog d'Hani Ramadan? J'attends avec intérêt vos commentires.

    Pour ma part, j'ai toujours quelques réticences à remettre en cause le vote populaire. Contester le vote du peuple suisse revient à dire qu'il s'est trompé ou, en l'occurrence, décréter que ce vote ne s'applique pas à Genève. Voilà qui devrait conforter les indépendantistes. Genève demandera-t-elle son rattachement à la Savoie, 150 ans après l'annexion de notre arrière pays à la France?

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  • Bernard Favre lance un Kulturkampf via Facebook

    Favre.jpgBernard Favre m'invite à participer au groupe "Né un 30 novembre", qu'il vient de créer sur Facebook. Ancien journaliste à la Tribune de Genève, ancien secrétaire général du parti radical genevois, ce Valaisan est actuellement secrétaire adjoint du Département de la Solidarité et de l'Emploi et, à ce titre, homme des missions spéciales de François Longchamp. Le conseiller d'Etat radical deviendra le 7 décembre président du gouvernement genevois. Comment interpréter l'action de son bras droit?

    Comme une action citoyenne lancée dans l'émotion d'un vote populaire. Bernard Favre lance un Kulturkampf pour la laïcité. Il propose de corriger aussi vite que possible le vote des Suisses contre les minarets de ce dimanche. Un vote certes honteux, un vote contraire à notre Etat de droit et à la Convention européenne des droits de l'homme. Un vote de peur, mais aussi un vote protestation.

    Protestation des Suisses, qui ont saisi l'occasion sans frais, d'exprimer leur avis contre une pensée figée et inégalitaire. Protestation des femmes surtout, qui, peut-être plus que les hommes - les analyses sociologiques du vote nous le diront - ont exprimé le ras-le-bol du double langage des leaders musulmans, mais aussi des hommes musulmans qui continuent de tenir les, leur(s) femmes pour quantité négligeable.

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  • La Suisse un pays d'extrême droite? Lisez les commentaires dans la presse étrangère!

    figaro minarets.jpgtsr minaret.jpgLa première émission commune TSR-RSR a eu droit à un baptême de choc (de civilisation). Le vote des Suisses contre les minarets est le fait du jour - un dimanche noir selon la journaliste Judith Mayencourt. Sans doute pas tout à fait. Je ne partage pas non plus l'avis d'Olivier Tornay qui conclut l'émission, sur le coup de 18h15, en prévoyant une lourde tâche pour notre diplomatie pour redresser l'image d'une Suisse d'extrême droite. Vraiment?

    Certes les pays arabes manifestent leur indignation. Il faut bien admettre que les leçons de droit-de-l'hommisme à la plus vieille démocratie du monde de ces régimes autocrates - voire carrément dictatoriaux - résonnent un peu faux.

    Dans son excellent blog La presse internationale, David Laufer cite les commentaires postés par les internautes sur le site web du journal anglais The Independent et du Figaro de Paris qui ouvre son site sur cette info [cliquer sur l'image pour l'agrandir]: de l'Helvétolâtrie. Jugez-en!

    "La Suisse, seule démocratie dans le monde ; la Suisse, seule à se lever contre la barbarie ; la Suisse, modèle de liberté ; vive la Suisse,...

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  • Les Genevois votent pour le CEVA. Normal!

    ceva accepté.jpgMoins de 60% de oui aurait été une vraie claque pour la classe politique qui, de l'extrême gauche à la droite, était favorable à la liaison Cornavin Eaux-Vives Annemasse. Avec 61,5%, la claque n'est pas passée loin. Genève aura donc un CEVA, dont le tracé, dessiné à la fin du XIXe siècle, ne dessert correctement ni l'hôpital, ni l'Université, ni les cités satellites, ni l'aéroport. Qu'importe, on construira un tunnel de trois cent mètres pour entrer à l'hôpital et on changera de train à Cornavin pour aller à Cointrin. Quant aux cités satellites, leurs habitants auront bientôt tous leur tram qui les convoiera au centre ville.

    Le CEVA n'est pas cher, puisque, comme l'a affirmé Guy Mettan président du Grand Conseil lors du débat de la Tribune, les Genevois n'en supportent que 47% de la facture (sans compter les aménagements de surface à la charge des communes et du canton), le reste c'est Berne qui le finance. Pas sûr que l'augmentation de la facture de 50% entre 2002 et 2008, convaincra la Confédération de continuer à investir dans les trams. L'avenir le dira.

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  • Deneys - Halpérin: le choc de l'Athénée

    DENEYS_55_-JPEG.jpghalpérin.jpgPénétrer dans les salons du Palais de l'Athénée, juste à côté de la Mairie de Genève, c'est pénétrer dans l'histoire de Genève. Hier soir, la passe d'armes verbale qui a opposé le député socialiste Roger Deneys au président du parti libéral Michel Halpérin sur le thème "Vouloir payer moins d'impôt, est-ce moral?" a eu lieu dans le grand salon tiré d'un tissu pourpre rehaussé de portraits d'illustres genevois, où fut signé l'acte de fondation de la Croix-Rouge.

    La joute verbale était organisée par la classe de l'industrie de la Société des arts. Elle n'a pas fait couler le sang, même si le ton était vif et les propos parfois mordants. Roger Deneys n'hésite pas à qualifier un grand industriel de délinquant fiscal lorsque celui-ci décide après avoir vendu son entreprise de s'installer à Gstaad, villégiature où la fiscalité est plus douce. La concurrence fiscale que se livrent les communes et les cantons est-elle morale, s'interroge ce patron d'une PME membre de l'association des patrons progressistes?

    Michel Halpérin s'insurge. "Dites-moi où commence la justice fiscal, à  quel taux?" Et l'avocat de brosser à grands traits l'histoire de l'impôt. Au début, c'est par la rapine et le butin de guerre que le prince remplissait ses caisses. Vient le temps des fermiers généraux, puis celui de l'impôt proportionnel et enfin de l'impôt progressif. "L'argent est au bout du fusil", clame l'avocat qui tempère un peu plus tard ses propos en jurant qu'il n'est pas contre l'Etat social moderne.

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