• Sainte Adèle, philosophe en vert et contre tout

    thorens adèle.jpgIl faut l'écouter pour le croire. L'entretien que sainte Adèle (Thorens) a accordé ce jour de la Pentecôte sur le coup d'une heure à notre radio nationale est un parfait exemple de poncifs vert(ueux), un véritable cathéchisme écolo en dix commandements qu'aucune Eglise - même pas la protestante qui fêtait ce matin les 500 ans de son créateur, en grandes pompes et en eurovision, à Saint-Pierre de Genève - n'ose proposer.

    calvin statue.jpgUn tissu de pensée unique que le discours de la conseillère nationale, un jus de crâne d'oiseau des îles, une piquette de méninges hors sol. Et je ne parle pas de la journaliste qui a manqué la question qui tue: dites-nous Adèle, aimez vous les humains? Au fond, si la Nature ne les avait pas créé par hasard, rien des malheurs que vous décrivez ne serait arrivé!

    Ainsi vont les Verts, à dénoncer le modernisme, né avec le christianisme (?), glorifié par le père Descartes et les libéraux (évidemment, les marxistes, c'est bien connu sont de doux écolos).

    Mais heureusement, les Verts sont descendus de la planète Vénus ou de la pome d'Eve, comme on voudra. Et leurs bonnes pratiques vont se papillonner sur le nord de la planète comme des fées clochettes. Mâtinée de solidarité, de restect et d'un zeste de décroissance (il faudra bien tout de même produire l'énergie qui fait avancer les trams publics), la vie à venir sera comme un paradis.

    Certes conclut notre ingénue, il faut encore que les politiciens - caste dont la Vaudoise ne fait pas partie - veuillent bien appliqer durablement les précepte de la sainte écologie et non se contenter d'en faire des slogans électoraux.

    Au fond, les Verts adorent la déflation qui s'annonce et l'austérité tout calvinienne qui va avec.

     

  • Faut-il rétablir la corvée pour sauver le système de santé?

    illustrationMargerin.pngOuf! Semaine chargée, qui m'a empêché d'alimenter mon blog. Ce ne sont pas les sujets qui manquent. Un référendum dans ma commune, le premier de son histoire (j'y reviendrai). La presse américaine qui s'effondre et les journalistes du prestigieux New York Times qui subissent une baisse de leur salaire de 5%. Et ce billet de blog posté par David Divorne et intitulé: "Et si on mettait le concepte de l'armée de milice au service de la santé?". L'enfer comme chacun sait est pavé de bonnes intentions...

    Faut-il rétablir la corvée pour sauver le système suisse de santé et plus généralement les systèmes de santé du monde dit industrialisé?(Encore que ce qualificatif n'a plus grand sens à l'heure oùl'Amérique nationalise ses banques et ses constructeurs automobiles et pourrait même perdre son triple AAA de pays qui remboursent toujours ses dettes)

    La réponse comme toujours n'est pas évidente. Et un minium de réflexion montre que déjà toutes une série de personnes ne survivent décemment que parce que leurs proches acceptent de les soigner. J'admire en particulier les familles d'enfants handicapés qui se mobilisent parfois sans compter.

    Certes comme le souligne un commentaire sous le blog cité, le service civil peut être une manière détournée de recourir à une main-d'oeuvre gratuite pour les hôpitaux et les homes. Il suffirait en fait de facturer aux entreprises ces heures comme celles des travailleurs et de verser la contrepartie à l'impôt général. L'on pourrait coupler service civil obligatoire et paiement de l'impôt.

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  • La révolution est en marche. Et la constituante?

    kasser.jpgOn regrette un peu Louise Kasser. L'icône juvénile, première présidence de la Constituante, a donné l'illusion d'une assemblée inventive. Ce n'était pas le choix des 80 élus de porter sa benjamine au perchoir, mais celui du Grand Conseil qui avait fait une entorse à la tradition en décrétant dans la loi plébiscitée par les Genevois que le benjamin et non le doyen serait le premier président de la noble assemblée. Une fois installé, les Constituants se sont donné une présidence quadricéphale, renouvelable chaque année, de sorte que plus personne aujourd'hui ne sait  qui pilote le bateau.

    Sans audace, en revanche, le Grand Conseil a maintenu le caractère non public des séances de commissions de la Constituante. De sorte que les cinq commissions thématiques travaillent depuis Pâques dans le silence le plus profond. Demain, la Constituante votera son concept de communication et les cinq présidents rendront compte de l'état d'avancement des travaux. Il est peu probable qu'on apprenne quoi que ce soit sur les sujets qui fâchent.

    Les sujets qui fâchent sont pourtant nombreux.

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  • Même le PDC est contre les communes!

    gatti sonia.jpgPour le Parti démocrate-chrétien genevois, le pouvoir communal était cardinal. C'est dans le vivier des communes réunies, les communes catholiques savoyardes et françaises rattachées au canton en 1815, que le parti a longtemps recruter ses élites, avant que la diaspora des cantons catholiques ne viennent lui redonner un nouvel élan dans les années 50 et 60.

    Et voilà que la secrétaire générale du PDC genevois donne ce matin dans la Tribune une nouveau de canif dans l'autonomie communale. "Sport: Genève doit se doter d'une autorité cantonale" écrit la jeune députée. Je suis d'accord, mais cela signifie que ce pouvoir de coordination, tout comme celui que Beer réclame au niveau de la culture, réduira forcément le pouvoir des communes.

    Normal. Les communes genevoises sont trop petites pour continuer d'exister comme si le monde n'avait pas changé depuis deux siècles. Malgré tous les efforts des résistants, des conservateurs, des idéalistes du creuset de la démocratie, les communes ne cesseront pas d'être vidées peu à peu de leur substance. La nécessité de l'harmonisation des politiques publiques l'impose. Et pas seulement pour des raisons économiques ou financières.

    Chaque étage du  mille-feuille démocratique suisse est frappé par ce phénomène qui consiste à confier à la couche supérieure des tâches qui autrefois étaient gérées par le local. C'est vrai pour les communes, c'est vrai pour les cantons, la Confédération, l'Europe même qui délègue une partie de sa gouvernance à des organisations internationales (OMS, UIT, FMI, etc). Et même à des entreprises privées, comme on le voit du monde internet qui est géré non pas par l'UIT mais l'Internet Society, de la qualité des processus dont les normes sont définies par l'ISO basée à Genève ou encore des normes comptables par l'IFRS.

    C'est ainsi qu'on mesure combien le système politique genevois qui permet que des référendums soient lancés contre des prévis communaux et fera ainsi que les citoyens de la ville de Genève, seuls, auront leur mot à dire sur le parc de l'OMC ou le développement du quartier Praille Acacias Vernets est inique et scandaleux.

    Vivement la démocratie glocale: un beau défi pour nos constituants!

  • Le mercenaire, la gazetta et les blogs

    le mercenaire.jpgJ'ai déjà évoqué, je crois, Le Mercenaire, l'intéressant livre enquête historique que Jaques et Olivier Donzel consacrent au major Davel. On y apprend mille et une anecdotes sur la vie des gens du XVIIIe et du XVIIIe siècle. J'y ai (re)découvert le sens du mot gazette.

    Gazetta, c'était le nom de la piecette d'argent que valait la fogli avvisi, une feuille d'avoi publiée à Venise dont Théphraste Renaudot avait fait l'acquisition et qui lui inspira le nom de sa Gazette. Les deux Donzel raconte comment ce protestant de la région de Vienne - l'ancienne capitale des Allobroges - devenu catholique pour plaire sans doute au souverain d'alors créa son journal à partir d'une agence matrimoniale et de petites annonces. Son bureau est le rendez-vous des potins que les gens en quête d'une compagne ou d'un compagnon échangent le temps de consulter les feuilles volantes affichées au mur.

    Le 30 mai 1631, Renaudot obtient la concession perpétuelle "de faire imprimer et de vendre les nouvelles, gazettes et récits de tout ce qui s'est passé et se passe tant en-dedans qu'au-dehors du Royaume". Son journal fait 4 pages de 22 cm sur 16. Près de 100 ans plus tard, Samuel, l'imprimeur lausannois inventé par les Donzel, qui enquête sur la vie du major Davel après sa décapitation à Vidy, rêve de publier une telle feuille d'avis. Il doit se contenter d'un almanach annuel attentivement relu par LL EE de Berne.

    Ce qui m'impressionne, c'est le temps qu'il a fallu pour que la liberté d'expression gagne toute l'Europe. Elle est loin d'avoir conquis le monde et doit sans cesse être défendue. Même chez nous, le diton pour vivre heureux vivons caché l'emporte dans tous les cercles. En tant que responsable des blogs à la Tribune, je peux en témoigner.

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