Le 12 décembre, jour férié?

Traité de St Julien.pngLe Mouvement des citoyens de Genève a proposé de rendre férié le 12 décembre. Le débat va revenir sur le devant de la scène les 18 ou 19 septembre prochain au Grand Conseil. Sur son site internet, Eric Stauffer publie son rapport de minorité. On en déduit que la majorité de la commission a rejeté l'idée du jour férié. Il dresse la liste des Genevois tombés au champ d'honneur dans la nuit du 11 au 12 décembre 1602 (selon le calendrier julien (lunaire) que les réformés genevois ont conservé jusqu'en 1700, le 21 décembre selon le calendrier grégorien (solaire) adopté par les Savoyards).

Pas un mot sur les morts savoyards (dont des prisonniers décapités). On est bien loin de l'esprit de Genvève qui plonge ses racines aussi dans l'oeuvre d'un certain Dunant qui voit dans les victimes d'abord des hommes avant de voir des belligérants. Fêter l'indépendance de 1602, c'est bien, fêter la paix et la concorde avec ses voisins, c'est mieux. Le MCG  ferait donc mieux de décréter jour férié le 21 juillet. C'est le jour où fut signé en 1603, sous la tutelle d'Henri IV, la paix de Saint-Julien. Une date autrement plus symbolique pour l'avenir de la région. Mais il est vrai que la politique, c'est la guerre conduite par d'autres moyens et sur ce plan le MCG fait preuve d'une belle soif de sang.

Commentaires

  • Honnêtement, M. Mabut, un traité signé sous la tutelle du roi de France, cela ne flatte pas spécialement l'amour-propre des Savoyards, dont le duc de toutes façons a été obligé de signer, après sa défaite de 1602. Ce traité n'est que l'épilogue de cette guerre.

    Personnellement, je crois qu'on peut laisser à Genève cette fête de l'Escalade, car elle est la marque que la Providence, si je puis dire, a agréé la volonté des Genevois d'être libres et autonomes. Mais aussi, un peu seuls, si j'ose dire.

    Si on veut nouer des liens avec les voisins, et en particulier les Savoyards, il ne faut pas se focaliser sur ces événements, qui de toutes manières ne sont que la suite des efforts constants de la cité genevoise de se délivrer de ses souverains féodaux : car deux siècles avant, les Genevois s'alliaient avec les Savoyards contre le comte de Genève et l'évêque de Genève. Cela ne veut rien dire. On peut gommer l'antagonisme avec les Savoyards en rappelant que 1602 est d'abord l'aboutissement des efforts de liberté de la cité genevoise, tant contre le comte de Genève (qui néanmoins régnait sur des terres qui devinrent ensuite savoyardes, depuis Annecy, notamment), que contre le duc de Savoie.

    Je crois que pour les relations tranfrontalières, il faut oublier ces événements, qui ne signifient rien, et se rapporter à l'époque des Lumières, et à Horace-Bénédict de Saussure et à Jacques Balmat. Je propose d'ajouter une fête, celle qui commémore la rencontre entre ces deux hommes ; elle pourrait avoir lieu à la fois à Genève et à Chamonix. Mais le traité de Saint-Julien, croyez-moi, ne pénètrera jamais au coeur de la Savoie : il ne pourra toucher, au mieux, que St-Julien et Annemasse, et consacrer leur dépendance économique vis à vis de Genève. Mais cette dépendance n'est pas réellement regardée d'une manière favorable par l'ensemble des Savoyards. Le traité de 1603 a en réalité été demandé par Genève au roi de France. Il scelle la victoire genevoise. Les Savoyards ne s'y intéressent guère. Ils préfèrent les savants genevois qui ont aidé à la création des guides de Chamonix.

  • Erratum : dont le duc de toutes façons a été obligé de signer, après sa défaite de 1602, LE TRAITE AUQUEL VOUS FAITES ALLUSION.

    (Et, M. Mabut, c'est dommage, que les Genevois ne s'intéressent pas davantage à ce que H.-B. de Saussure a écrit des Savoyards de la montagne, car je le redis, si les Genevois intéressent tous les Savoyards et leur font plaisir, c'est bien à travers les belles pages écrites par ce géologue ; le reste leur passe au-dessus. Je crois que même les amis genevois des Savoyards ne doivent pas se focaliser sur St-Julien et Annemasse, qui pour les Savoyards ne représentent que la zone d'influence économique genevoise.)

  • Pourquoi tout le canton de Genève faiterait-il le 12 décembre, alors que l'on sait qu'à part la vieille ville située derrière les remparts représentait la Genève d'alors et que le reste, dont Carouge, étaient des ennemis de la République !Pourquoi le MCG ne parle-t-il que des Genevois de la vieille ville morts pour défendre Genève, et ne parle-t-il pas, de Genevois morts pour la Savoie ?

  • Carouge en 1602 n'existait quasiment pas, M. Café. Mais la question que vous posez pourrait aussi se poser pour le 14 Juillet, en France : le 14 juillet 1789, la Savoie n'était pas française non plus. En 1291, Genève n'était pas suisse. Et ainsi de suite. Cela dit, la tradition académique genevoise est issu de Genève même, et non des communes réunies, et cela biaise le tout, naturellement. C'est comme l'université de Savoie qui est en fait née après l'Annexion : voyez les effets dans mon article du jour. Le nom est peu opératoire. L'université de Savoie émane de celle de Paris.

  • R.M.

    Il est évident que s'il s'était agi d'un blog autre que celui de M. Stauffer, je n'aurai pas parlé de Carouge, mais sachant qu'il ne perd pas une occasion de tirer à bout portant contre les savoyards, je me devais de réagir.

    Et de toute façon les morts à Genève (républiques) valent-ils plus que les morts de Carouge ?

    Bonne journée.

  • M. Café, j'ai l'impression que M. Stauffer ne fait pas la différence entre les Savoyards en particulier et les Français en général. Je crois que l'autre jour, il a appris de ses lecteurs qu'en 1602, il y en avait une.

    Je pense, de toutes façons, que le terme "frontaliers" et le terme "Savoyards" ne sont pas du tout synonymes. Ils peuvent se recouper, ou pas. Or, je ne pense pas que M. Stauffer soit le seul à assimiler les uns aux autres. Il dit, du reste, que Genève est ouverte au monde, et s'il dit vrai, ma foi, on pourra le vérifier quand justement les Savoyards et les frontaliers sont clairement distingués, comme ils le sont effectivement, dès qu'on ne voit plus les choses selon le seul point de vue genevois.

  • Erratum : SERONT clairement distingués.

    Et bonne journée aussi !

  • Un jour férié pour fêter la non-réélection de Christoph Blocher, le 12 décembre... quelle excellente idée !!! ;-)

  • @ R.M. : cessez deprendre les Genevois pour des gentils cons, svp!!!

  • Encore une fete ou vous n'allez pas le considerer come une fete officielle? En meme temps je crois que c'est une bonne idee, encore une fois nous pouvons nous rappeler l'histoire du pays.

  • Des idées intéressantes dans votre bloge.Priyatno a été lu ih.Ochen aimé les commentaires de blogueurs.

  • @ hp armada charger: tu dis que tu a aime les commentaires de blogueurs. lol))) et tu comprends le francais? j'espere bien, mais je doute de cela.
    En ce qui concerne les fetes a Geneve je suis completement pour. Ils ont gagne ca!

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