Le Pays de Genève

Ge armoiries.jpgAu cours des obsèques de Jean-Jacques Marteau, le pasteur Babel a évoqué le pays de Genève que Jean-Jacques comme son illustre homonyme aimait à arpenter goûtant les rêveries du promeneur solitaire. L'expression Pays de Genève est peu usitée au bout du Léman.  Bien moins que chez nos voisins vaudois, où le Pays de Vaud résonne de tous les accents, ondule comme le gros de Vaud, chante comme le pays d'En Haut.

Chez nous, la notion de pays a un petit air désuet. Le mot fleure bon la campagne, le pas lent du paysans semant à la volée. C'est vraisemblablement que le canton de Genève dans ses frontières politiques étriquées n'est pas un pays. Le Genevois en effet court des crêtes du Jura à celles du Salève, s'étend des abords de Thonon jusqu'aux portes d'Annecy. Bref couvre assez bien l'aire géographique du projet franco-valdo-genevois.

Chez nous, on se plaît à qualifier Genève de ville internationale (tapez ville internationale dans Google...), quoique la RSR en doute. C'est une île entourée de nulle part, un navire sans port d'attache, sous quelques rapports un pavillon de complaisance?

Genève deviendra-t-elle jamais une métropole sachant converser en bonne intelligence avec son arrière-pays? Comment réconcilier la ville et son Land?

A propos me rappelle, une consoeur d'origine grecque, en orthodoxie, une métropole c'est une ville où siège le chef des évêques d'une région. Genève a banni le sien, François de Sale, au XVIe siècle. La cité n'en retrouvé un que récemment, ce n'est qu'un auxiliaire. Un second rôle.

Comme nos maires et le président du Conseil d'Etat, serais-je tenté d'écrire, que nous changeons chaque année. Le souvenir de la dictature calviniste est-il encore si prégnant qu'il faut couper la tête de tous les chefs? La question n'est pas si anonodine à l'heure où le canton conduit à la fois un projet d'agglomération ambitieux et une révision complète de sa constitution.

PS: sur un plan plus déjanté, la désencyclopédie nous en livre cette définition:  "Genève (prononcer jnèèèève, avec l'accent local), ville communiste ultra-libérale internationale, siège de nombreuses organisations internationales et de nombreuses banques a 400'000 habitants la nuit et 800'000 la journée quand elle est envahie de Vaudois et de Français".

Commentaires

  • c'est bien ton blog toujkours aussi interesasnt! :)

  • Je suis sceptique. Ce n'est pas François de Sales qui a été chassé de Genève en 1535, mais un autre évêque dont j'ai oublié le nom. Pour moi, le Genevois est historiquement un duché qui est parti de Genève, et dont la direction s'est déplacée à Annecy. De fait, le Genevois a d'abord intégré la partie ouest de l'actuelle Haute-Savoie ; il était prééminent également sur le Faucigny, et c'est ainsi que le duché de Genevois constitué sous les princes de Savoie intégrait le Faucigny. Mais cela n'allait pas jusqu'à Thonon : cela s'arrêtait à Hermance. Cela intégrait Rumilly, en revanche. Cela n'intégrait pas le Pays de Gex, mais celui-ci a pu être aussi sous la dépendance du comté de Genève, avant 1535. La direction n'est pas exacement la bonne, car je crois que Genève se rêve capitale lémanique, et de fait, le Léman représente bien une unité sur le plan économique, mais les frontières anciennes du Genevois n'étaient pas d'essence commerciale, n'avaient pas de fondement économique : elles étaient liées à l'organisation militaire de l'ancien royaume de Bourgogne. Militaire, oui, et non économique. Annecy comme capitale du duché de Genevois avait également un fondement militaire, même si Genève restait la capitale économique.

    Aujourd'hui, le duché de Genevois n'est présent que dans des toponymes, tels Saint-Julien-en-Genevois, ou Clermont-ene-Genevois.

    Que pourrait-on alors appeler le Genevois ? A mon avis, sur le plan politique, ce serait légitime et significatif pour le canton de Genève. Car toutes les communes du canton de Genève ne sont pas Genève-Ville. Il y a également en France une communauté de communes qui se réclame du Genevois, parce qu'il s'agit de la zone dépendant économiquement de Genève. Mais sinon, je reste sceptique.

    Cela dit, ce qui rassure, c'est que le Salève faisait bien partie du duché de Genevois.

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