L'Inde et la Casamance

L'Inde, c'est plus d'un milliard d'habitants, plus de 500 millions d'illettrés, des centaines de millions ne vivent qu'avec moins d'un dollar par jour, mais l'Inde est aussi incroyablement riche, industrieuse, inventive, capable de nourrir sa propre population. L'Inde, c'est la paire de boeufs attelée à l'araire et les éoliennes, ce sont des millions de molardiers qui ne mangent pas tous les jours à leur faim et des vedettes du shobizz, de l'économie et du criket multimillionnaires.

 

 

 

Il n'y a effectivement plus de famine en Inde, "seulement" un problème d'emploi pour des centaines de millions de gens. L'agriculture vivrière permet en théorie de survivre, mais il y a loin de la coupe aux lèvres.

 

Il ne suffit pas d'attribuer un lopin de terre à un ouvrier agricole pour qu'il se transforme soudain en paysan capable de préparer cette terre de manière à prévenir l'érosion et à conserver l'humus, de l'ensemencer avec du bon grain (OGM), de protéger la culture durant des mois contre les vermines et les herbes folles, de l'irriguer, au temps de la récolte de stocker la moisson à l'abri des rongeurs et de la commercialiser et tout cela sans tomber dans le cercle vicieux du surendettement. Combien de réformes agraires ont échoué faute d'avoir su résoudre tous ces problèmes à temps? L'Inde y parvient peu à peu même s'il y a encore énormément à faire, notamment dans les infrastructures de transport et d'électricité notablement insuffisantes.

 

Par contraste, le Sénégal s'enfonce, toujours incapable de produire de quoi nourrir sa population. La Casamance est l'exemple même de l'échec des responsables politiques à prendre un problème à bras le corps pour sortir cet enclave naturellement riche de l'ornière dans laquelle elle végète depuis 25 ans.

 

Cette année, il faut même importer en masse du riz de l'étranger pour nourrir la population de cette région que les Sénégalais appellent toujours le grenier du Sénégal. Selon Le Soleil de Dakar, la coopération allemande est à l'oeuvre. Les Allemands ne se contentent pas de livrer de l'aide alimentaire, ils seraient sur le point de construire une centrale solaire dans la région de Ziguinchor. Espoirs donc?

 

Si les vivres arrivent bien dans cette région destructurée par l'action d'un Mouvement d'indépendance insensé, combien de projets pharaoniques du style de la centrale solaire n'ont pas dépassé le stade des articles de presse et des propos de bouche des politiciens?

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