• L'UDC squatte le 1er Août. Scandaleux!

    Le Pen avait en France squatté Jeanne d'Arc, au temps où la droite et la gauche étaient sourdes aux angoisses des petites gens. L'UDC cette année squatte le 1er Août. Heureusement Calmy-Rey a tenu bon face aux mous et aux défaitistes que nous sommes tous un peu de temps en temps.

     

    Frappé d'une grande croix suisse, l'initiative que l'UDC adresse à tous les Suisses veut expulser les moutons noirs du pays. Dangereuse image qui a des relents d'eugénisme. Après les étrangers, sera-ce le tour des handicapés, puis des vieux? L'usage à cette date de la croix suisse est scandaleux, elle tend à faire croire que seul est bon Suisse qui pense comme l'UDC. Intolérable.

     

    En Suisse romande le tract est diffusé grâce au don anonyme d'un particulier. Rien à dire à ce sujet, Calmy-Rey va discourir sur la prairie mythique grâce aussi à un don de particuliers...

     

    Que faire? Une campagne se répand sur le net et dans les journaux. Il suffit de renvoyer à l'UDC ce tract nauséabond sans y apposer une seule signature évidemment. L'objet est pré-affranchi. A raison de de 70 à 80 centimes par envoi, il pourrait en coûter 3,6 millions de francs si les 4,5 millions de ménages ayant bénéficié des sollicitations de l'UDC suivaient ce conseil, écrit Daniel Mieville dans le Temps. Un conseil que les Verts se sont empressé de diffuser à leurs sympathisant ce matin. Espérons que ce bon conseil fera tache d'huile.

  • Bourgeois squatters?

    Les squatters de Rhino et la Tour ont donc manifesté leur mécontentement. Rituellement (normal, notre société a brûlé ses rites religieux pour s’emmurer aussitôt dans des rites païens, citoyens et consuméristes plus liberticides). Et violemment, confirmant au passage l’actualité de ce vieux dicton: qui fait l’ange fait la bête. Nos gentils squatters et ceux qui les défendent ont tout aussi rituellement été «débordés» par des casseurs. Non pas de la racaille chère à Sarkozy (le ras-le-bol était vraiment populaire dans le neuf treize et ailleurs dans les cités françaises), mais de véritables terroristes urbains qui, comme l’incendiaire ou le poseur de bombe, sont plus excités par le feu et l’éclat de la poudre que par la cause qu’ils croient défendre

     


    Mais là n’est pas l’essentiel. Car question bombes, feux et fumigènes, l’opulente Genève allume ces jours pour plus d’un million de francs de feux d’artifice, à l’occasion du 1er Août et des Fêtes de Genève. Patriotisme et tourisme même partition?
    Mais là n’est toujours pas l’essentiel. Deux squats sont morts et le plus emblématique d’entre eux y a perdu sa corne (un monument qu’on reverra sans doute — l’original ou sa copie — dans un musée ou sur une place publique). Deux squats sont morts et une vingtaine d’autres vont mourir dans les prochains mois. les journaux ont publié la carte des futurs champs de bataille.

     


    Pourtant le plus important squat du canton continue. Sans bruit ni manif. Et il y a de fortes chances pour qu’il continue encore longtemps. Plus vieux et plus durable que Rhino, ce plus ancien squat genevois est un squat bourgeois. A lui seul, il mine mille fois plus la politique du logement que les septante occupants des immeubles licorne. C’est un squat qui a ses associations, ses réseaux et même sa culture des nains de jardin.

     


    Vous donnez votre langue au chat qui ronronne au pied des propriétaires squatters?

     


    Ce squat pernicieux, c’est celui des villas, maisons, parcs ombragés et ateliers qui occupent la zone de développement 3, ce sont les propriétaires qui conservent non construites les zones déclarées constructibles par la volonté des autorités politiques, soucieuses, autrefois plus qu’aujourd’hui, de permettre à la ville de grandir en évitant autant que faire se peut un envol des prix des terrains.

     


    Non contents de rester passifs, ces propriétaires ont tissé autour de leur «ça m’suffit» un réseau de servitudes réciproques qui empêchent la construction d’immeubles voisins au cas où l’un des propriétaires viendrait à céder aux sollicitations généreuses de l’Etat (qui récemment a augmenté la mise à mille francs le mètre carré, somme à laquelle s’ajoute la valeur à neuf de la maison). Certains d’entre eux se sachant assis sur une fortune potentielle n’ont eu aucune peine à négocier des prêts hypothécaires généreux auprès d’établissements bancaires rassurés de détenir des gages d’aussi bonne qualité.
    Jamais les forces de police ne seront mobilisées contre ces squatters bourgeois. Et c’est tant mieux, car le droit de propriété est un des fondements de la liberté. Cependant le droit de propriété ne saurait être absolu, ni donner lieu à des abus, voire à un accaparement de richesse indu. Le bien commun et les économies d’énergie commandent, hier comme aujourd’hui, de construire la ville en ville.

     


    Voilà plus de 60 ans pour ce qui est de la zone 3 de développement que ces propriétaires savent que leurs terrains sont voués à être densifiés. Ils avaient largement le temps d’anticiper cet avenir. Certains y ont d’ailleurs consenti. Les autres ne peuvent pas être surpris qu’aujourd’hui l’Etat passe à l’action, confronté qu’il est à une pénurie de logements dont chacun ressent les effets au travers d’une pression constante sur les loyers. Ces hausses sont scandaleuses, mais économiquement rationnelles en raison notamment de la confiscation des zones à bâtir.

     


    Faute de pouvoir donner la police contre ces squats silencieux, les autorités pourraient, dans un premier temps, augmenter progressivement la fiscalité grevant ces parcelles jusqu’à leur valeur vénale. Et décréter la nullité des servitudes dont le seul but est d’empêcher la réalisation de la volonté populaire: construire des logements en ville.

     

     

    Le plan directeur cantonal. En rose la zone de développement 3

    Le plan directeur de Genève. En rose la zone de développement 3 

  • Députés sans frontières

    Eric Stauffer s'en va à la chasse aux députés sans frontières. Le bouillant leader du mouvement citoyen genevois propose d'ancrer dans la Constitution genevois l'obligation pour les élus de résider sur le sol de la République. GHI en fait sa une, tandis que la news est publiée le même jour sur le blog du prolixe député (il a rédigé la plupart des interpellations du MCG depuis son entrée fracassante au Grand Conseil). Les autres canards suivent aveuglément.

     

    Discussion animée autour du verre de fin de semaine à la locale de la Tribune. Dominique von Burg, qui rumine son discours du 1er Août, met le doigt sur un os. Qui nous reste en travers de la gorge. Explication. Pour être député, il faut être candidat. Pour être candidat au Grand Conseil, il faut évidemment être éligbible et pour être éligible à Genève, il faut être inscrit sur les registres électoraux. Et pour être inscrit sur les rôles il faut être citoyen suisse et résider dans le canton. CQFD. Ce que confirme l'article 48 de la Constitution.

     Art. 48  de la Constitution genevoise

    Votations et élections
    1 Dans toutes les votations et élections, l'électeur exerce son droit de vote dans la commune sur les registres électoraux de laquelle il est inscrit.

    L'article 48 est donc assez clair. Point besoin d'ajouter, comme le propose le député Stauffer, l'obligation de résidence à l'article 72 (Art. 72  Eligibilité
    Sont éligibles tous les citoyens laïques jouissant de leurs droits électoraux.)

     

    Que quelques députés jouent avec le feu en transformant leur résidence secondaire de France voisine en résidence principale est une affaire d'honnêteté et de police. On pourrait même estimer heureux le fait que quelques élus se coltinent avec le quotidien des 60'000 frontaliers.

     

    La proposition Stauffer est donc un coup d'épée dans l'eau. Mais reconnaissons tout de même le trublion de la politique genevoise a réussi son coup médiatique. A suivre.

  • Ristournes fiscales

    Les socialistes joueraient-ils dans le carré de sable de la droite, question démagogie s'entend? Il y a quelques temps une jeune élue zurichoise n'hésitait pas en réclamer l'emprisonnement des délinquants de moins de 15 ans coupables de crimes graves. Voilà que des Fribourgeois proposent de ristourner une partie des bénéfices de l'Etat aux contribuables.

    Fribourg est un canton particulier. Sa charge fiscale est élevée. Et le char fribourgeois est doté d'un mécanisme de frein aux dépenses autrement plus efficace que celui que nos élus ont mis en place à Genève. Du coup Fribourg boucle régulièrement ses comptes dans les chiffres noirs et le canton est sans dette.

    La droitre réclame donc une baisse des impôts pour tous. Classique. La gauche, toujours réticente à réduire les prélèvements, inventent donc la ristourne fiscale qui présente l'avantage, à ses yeux, de mettre régulièrement la droite sous pression populaire. Voilà pourquoi: quand il s'agit de répartir - disons 10 ou 20 millions - la simple logique commande de diviser la somme par le nombre de contribuables ou mieux encore par le nombre d'habitants. Pauvre ou riche, à chacun le même bonus. Rapportée au revenu cette ristourne suit donc une courbe dégressive. Les pauvres pourraient même recevoir en retour de leur économe canton plus que ce qu'ils ne lui versent en impôt. On comprend les aigreurs d'estomac de la droite à l'idée d'instaurer une ristourne forfaitaire, tandis que l'impôt continue d'être perçu, lui, selon un barème progressif.

    Le projet socialiste est évidemment séduisant par sa simplicité. Mais il participe d'une étrange conception de l'Etat dont la raison d'être n'est pas de maximiser son bénéfice, mais de produire des prestations en équlibrant autant que posible ses comptes. Le débat devrait donc plutôt porter sur le niveau des prestations publiques - est-il adéquat à Fribourg ou non? - sur les coûts de production de ces prestations et sur la répartition de l'effort fiscal demandé aux Fribourgeois pour financer le ménage public. C'est en effet un peu plus compliqué.

  • Funérailles pour un squat

    Le squat Rhino est mort. Funérailles et livre de condoléances. Dans le courrier des lecteurs de la Tribune et sur les blogs, chacun égrène son spleen. Je joins à ce billet le communiqué de l'Usine.

     

    "Amnésiastadt" qu'ils veulent rebaptiser Genève, nos alternatifs, nostalgiques de la "Kalvingrad" des anées 80 et des contrats de confiance inventés par Claude Haegi. En plein boom immobilier, Genève inventait alors la coexistence pacifique, alors que Zurich et Lausanne s'enfonçaient dans la violence. Mais la paix des squats n'a guère enfanté des projets immobiliers ou architecturaux originaux.

     

    "Dans le climat actuel, aussi répressif qu'expéditif, cette initiative ne serait pas envisageable." écrit L'Usine. Vraiment? Le problème ne vient-il pas que la société avale et digère plus vite qu'autrefois les cultures alternatives *, que le marketing se l'approprie, que les politiques ont multiplié les aides sous diverses formes, que le net change le rapport à la création, que le monde, comme les tomates, vit hors sol? Que l'occupation d'un immeuble ne garantit pas une invention culturelle. Que le squat ne saurait être une solution durable contre la précarité.

     

    * SlowUp 5 août. Fan de vélo, de rollers, de trottinette ou de marche à pied, venez parcourir les 26 km de chemins et de routes débarassés pour l'occasion de tous véhicules motorisés! Cette annonce ne vient pas d'un flyer branché, mais du site internet de l'Etat de Genève. La manifestation est sponsorisée par la Migros et intégrée aux Fêtes de Genève. tout un programme.

     

  • La Cour des comptes et l'affaire Jobin

    Ils ont réussi leur premier coup médiatique fin juin en dénonçant de graves dysfonctionnements au Service des contraventions. Ils comptent bien garder le contact avec le public dont ils espèrent recevoir quelques bons tuyaux sur les dysfonctionnements qui minent les administrations (une adresse courriel indépendante du système informatique de l'Etat a été ouverte à cet effet courdescomptes@infomaniak.ch ).

     

    Ils sont les gardiens du "bon emploi des crédits, fonds, biens et valeurs mis à disposition" des administrations de la République, communes et associations subventionnées comprises. Ils sont trois juges titulaires, quatre suppléants et une douzaine de collaborateurs spécialisés. Ils travaillent à plein régime depuis quelques mois. Logés à l'étroit sous le toit mal isolé du 27 boulevard Helvétique, ils disposent d'une vue imprenable sur la ville. Ils sont les magistrats de la tout jeune Cour des comptes genevoise et cherchent encore leurs marques, alors que l'affaire Jobin leur pose un premier défi de taille.

     

    Vont-ils confirmer le mot "excessif" utilisé par le ministre de tutelle de l'aéroport pour qualifier la fête de départ à la retraite de Jean-Pierre Jobin et l'intronisation de son successeur à la tête de l'établissement à 100% en mains de l'Etat? Une dépense de 350 à 600 mille francs pour 600 convives, selon le mode de calcul. Tiendront-ils compte des mérites du directeur sortant qui grâce à EasyJet a redoré le blason de Cointrin? Quel poids les juges donneront-ils au fait qu'Unique, l'aéroport zurichois, dépense 60'000 francs par an dans une fête de relations publiques, que Jobin n'a eu l'idée de réaliser qu'une fois en treize ans, la veille de son départ? Qu'est-ce, en l'occurrence, que le bon emploi des deniers publics? Comment le mesurer?

     

    Motus et bouche cousue dans le cas d'espèce. "Seul le mandant pourrait vous répondre sur la portée exacte de notre enquête" expliquent les juges qui signalent ainsi un périmètre d'investigation plus large que la seule fête et qui, pour le reste, se réfugient prudemment derrière l'opportun secret de l'instruction que leur impose la loi. "Nous publierons nos conclusions avant les élections", assurent-ils, soucieux de manifester leur célérité, estimant que Robert Deillon et François Longchamp ne mettront pas plus de trois semaines pour produire leurs remarques qui doivent figurer dans le rapport.

     

    Plus généralement, le bon emploi, c'est quoi? "Notre tâche n'est pas de remettre en cause les politiques de l'Etat, ni de dire si le montant des subsides versés à telles ou telles personnes est judicieux. Ce genre d'appréciation appartient au Grand Conseil et à la Commission d'évaluation des politiques publiques." Nos juges pointerons du doigt les administrations pléthoriques, dépourvues de contrôle interne ou inefficaces. Mais ils souhaitent aussi donner dans la pédagogie et recommander de bonnes pratiques: "Conformément à notre base constitutionnelle, nos recommandations porteront sur l'amélioration de la gestion de l'Etat, de manière à éviter les doublons et à la rendre plus plus fonctionnelle et efficiente".

     

    Où commence, où s'arrête le champ d'investigation de la Cour, qui, faute de pouvoir sanctionner les abus, ne peut que dénoncer les faits pénaux au procureur et aux autorités les actes administratifs qu'elle juge irréguliers ou illégaux ou non économiques? Regards en coin. Manifestement, il y a un os.

     

    Cette question est déjà - la loi est entrée en vigueur début janvier - l'objet de discussion entre l'exécutif et le Grand Conseil en vue d'une révision législative. De fait, le cahier des charges de la Cour est en tout point identique à celui de l'Inspection des finances hormis la publicité de ses rapports et la saisine de la Cour par n'importe quel quidam. La différence est de taille certes, encore que les rapports de l'ICF sont quasi publics puisqu'ils sont remis aux députés chargés des finances et du contrôle de gestion. La Cour des comptes souhaite se prémunir de possibles disputes de compétences avec l'ICF, qui, par ailleurs, navigue sans chef depuis un an: "Nous souhaitons, assurent les magistrats, contribuer à une meilleure répartition de compétences dans le domaine de la surveillance, la répartition actuelle ne réglant pas la situation de doublon".

     

    Sans doute le concept de bon emploi des crédits définira la ligne de partage des eaux: à l'ICF le contrôle de la régularité formelle et de la légalité des actes administratifs, à la Cour des comptes l'appréciation du bon emploi des budgets et au Grand Conseil, à qui incombe la haute surveillance de la Cour, l'examen de la pertinence des politiques. Au fond l'affaire Jobin, si affaire il y a, relève plutôt d'une commission parlementaire.

     

    Au passage, le législateur serait bien inspiré de ne pas confier la révision annuelle des comptes de la Cour des comptes à l'ICF (c'est un peu le serpent qui se mord la queue), mais à un organe externe. Pourquoi pas la Cour des comptes vaudoise ou le Contrôle fédéral des finances? Ce dernier organisme vient d'être contrôlé par la Cour des comptes allemande dans le cadre de l'Association Eurosai.

     

  • Squatteurs-Blocher: même peuple?

    Qu'est-ce qui est à la base de la démocratie? La question rebondit en marge de l'affaire des squats qui défraie la chronique en ce mois de juillet un rien maussade.

     

    Le dernier communiqué de la communauté Rhino (lire ci-dessous) vaut son pesant de leçon politique. Elle oppose les tenants de l'occupation durable des immeubles au député UDC et viticulteur de Satigny Eric Levraz.

     

    Dans une interview publiée ce lundi par notre confrère Le Matin, le ci-devant Eric Leyvraz (et non Christian Leyvraz comme l'écrivent les squatteurs) rappelle que "le respect de la propriété privée est à la base de la démocratie". Ce qui fait hurler nos démocrates sans toit ni loi, qui défendent, eux, que la démocratie résulte exclusivement de la volonté du peuple?

     

    On croirait entendre Christophe Blocher, qui, à tout bout de champ, invoque le peuple contre les institutions (Conseil fédéral, Parlement et même votations populaires). Les squatteurs comme Blocher ne craignant pas pour les besoins de leur cause de créer à l'occasion un peuple mythique dont la volonté ne s'exprimerait pas au travers des urnes mais par leur seul bouche éclairée. Evidemment il ne s'agit pas du même peuple. Dans la droite ligne de son mentor, le député UDC de Satigny dérape à son tour. Il ne craint pas d'autoriser l'Etat à bafouer la loi lui aussi, en déclarant: «Je ne vois pas pourquoi il faudrait respecter la loi envers ceux qui la bafouent». Bel exemple de civisme asséné par un élu!

     

    Pascal Couchepin n'avait pas hésité à qualifier ce genre de dérive de dictature.

     

    Le communiqué des squatteurs:

    "A Guantanamo avec Christian LEYVRAZ
    "A lire les déclarations de Christian (ndla: en fait Eric, les squatteurs font une erreur) LEYVRAZ dans Le Matin du lundi 23juillet, on se demande s'il envisage d'ouvrir un camp du type Guantanamo en nos bonnes terres genevoises. Il affirme en effet: "Je ne vois pas pourquoi il faudrait respecter le loi envers ceux qui la bafouent".
    L'idée n'est pas nouvelle, mais on félicite Christian LEYVRAZ de l'avoir récupérée dans les tiroirs totalitaristes. Le citoyen doit respecter l'Etat, mais l'Etat n'est plus tenu de respecter le citoyen! plus besoin de respecter la loi envers ceux qui la bafouent!
    Plus besoin de s'embarrasser de légalité, de proportionnalité! Vous fumez un joint? Votre chien lâche une crotte sur le trottoir? Vous faites du bruit la nuit ? Vous ne payez plus votre loyer? Vous roulez à 40 dans une zone30? Vous ne respectez pas la loi, donc vous ne méritez pas le respect de la loi. L'Etat pourra faire de vous ce qu'il voudra. Prison? Torture? On fait confiance à l'imagination de Christian LEYVRAZ pour que les futurs détenus de notre Guantanamo à nous n'aient pas le temps de s'ennuyer!
    Mais le pire des crimes, pour Christian LEYVRAZ, c'est l'atteinte à la propriété privée, hissée au rang de premier commandement de la démocratie. Il scande: "La base de la démocratie est le respect de la propriété privée".
    Non Monsieur LEYVRAZ! la base de la démocratie, c'est que le peuple puisse décider souverainement de son avenir en respectant la dignité des femmes et des hommes qui le compose.
    Non Monsieur LEYVRAZ, le pire des crimes, c'est le vôtre: faire croire que la démocratie doit oublier les droits de l'homme pour anéantir celles et ceux d'entre nous qui, par leur comportement, remettent la loi en cause. Pourquoi le pire des crimes? Car il nie l'essence de la dignité humaine et donc tue la démocratie.
    Pierre BAYENET Avocat"

  • « Sommes-nous de plus en plus conservateurs?»

    France Culture, qui a quelques chose entre les oreilles, s'est interrogée la semaine dernière, à Montpellier, sur le retour en cour et en politique du slogan pétainiste (le mot de fut pas prononcé) Travail, patrie, famille comme valeurs rénovées de la société française, où la patrie prend les accents un brin communautariste de l'identité. En écho à ce foisonnement argumentaire, je suis tombé, dimanche matin, sur la causerie protestante qui en guise de culte a réfléchi d'un point de vue chrétien à cette question. Olivier Abel y a proposé quatre petites méditations autour de textes bibliques, un peu salés. Le sel d'ailleurs, n'est-il pas un conservateur? Une demi-heure bien stimulante. A écouter sans médération ici.