• Une tour pour gagner du temps

    Neuf tours de 75 à 175 mètres de haut. Mais quelle mouche a donc piqué le Conseil d'Etat se demandent les amoureux de l'horizontalité genevoise qu'imposent à leurs yeux le plan lémanique et les monts qui s'étirent tout en langueur aux extrémités de notre cuvette glacière?

     

    Longtemps les tours de la cathédrale furent seules à désigner le ciel ou plutôt les cieux à l'attention des croyants. Puis vint le jet d'eau, avatar débordant, à l'origine, d'un réservoir chargé de maintenir la pression dans le réseau des eaux publiques. Bien plus tard, la tour banale de la TV et, bien plus loin, celles du Lignon ou de Carouge. Et puis plus rien.  

     

    Cette rupture soudaine avec le plancher des vaches s'est peut-être imposée au Conseil d'Etat moins pour des raisons urbanistiques que pour des raisons politiques. Nombre de citoyens et d'architectes ont à Genève concoté des projets de tour. Hélas sans lendemain.

     

    Certes la construction d'une tour fait gagner de l'espace. Elle offre surtout à ce gouvernement le moyen de laisser, d'ici trois à quatre ans, une trace virile dans l'histoire, tout en donnant du temps, beaucoup de temps pour aménager pico bello le reste du périmètre de la Praille Acacias, à la sauce genevoise. De quoi rassurer les entreprises et leurs employés qu'on imagine un brin préoccupés depuis l'annonce de ce grand chambardement urbanistique.  

  • Une tour de 175 mètres

    Enfin un peu d'audace et d'élévation dans le ciel genevois! Bravo au Conseil d'Etat d'oser proposer aux Genevois la seule voie qui permettra au canton de préserver au maximum ses espaces verts. La seule aussi qui évitera à Genève de finir ses jours dans son conconning lémanique, comme n'importe quelle ville d'eau. Pour voir le projet de la Praille cliquez sur ce lien 

     

    Espérons dans la foulée que notre gouvernement aura l'audace de proposer une nouvelle traversée de la rade. Il suffit de circuler quotidiennenent sur l'autoroute Verxois Bardonnex pour savoir qu'une nouvelle artère autoroutière s'impose entre le réseau suisse et le réseau français. L'ancien conseiller d'Etat Philippe Joye propose une solution bien séduisante.

  • Réforme avortée en ville, pourquoi?

    La presse et la politique ne courent décidément pas la même course. La première voudrait voir s'enchaîner les 100 mètres et tenir chaque jour au bout de son objectif des vainqueurs à célébrer et des vaincus à introspecter. La seconde trottine des marathons, parfois sans fin.

     

    Il a fallu deux générations pour créer effectivement une assurance maternité en Suisse. La rénovation de l'école primaire à Genève a mis plus de dix ans à se concocter et à s'expérimenter avant de s'effondrer. Depuis combien de temps sait-on que la matu à 18 ans s'imposera sans oser la mettre en oeuvre? Le redressement des finances publiques tient plus à l'embellie conjoncturelle, hors du champ d'influence de nos politiciens locaux, que de leur zèle à reconfigurer un Etat svelte et champion de la productivité. Quant à la réforme des communes, elle tient de l'Arlésienne.

     

    Voilà pourquoi la bande des "quatre plus un" n'a réussi qu'à faire apparaître ses chamailleries et son incapacité à réformer la manière de gouverner la Ville.

     

    Il y a deux ans, le Conseil d'Etat nous l'a jouée plus finement en chamboulant les départements. Au point qu'aujourd'hui encore on ne sait pas qui s'occupe de l'économie - c'est Unger qui a perdu l'aéroport. On ne sait pas non plus de quoi s'occupe Muller, à qui Cramer a chipé le navire amiral de l'aménagement du territoire. On sait, certes, que Moutinot est empêtré dans la police, mais on se demande qui gouverne la Justice. Beer navigue à vue dans le DIP, mais quelle ambition a-t-il pour les HES ou l'Uni embarquées sur la mer agitée de Bologne? Quant à Hiller, des bénéfices conjoncturels retardent son épreuve du feu. Puisque c'est lui - aberration suprême - que l'on encense ou que l'on honnit selon que le compte est bon ou pas.

     

    Nos gouvernants se partagent les dicastères et créebt des Comités interministériels, moins pour mettre un collègue sous tutelle que pour améliorer la réalisation d'une politique. La délégation est une bonne manière de gouverner en collège. Arthur Andersen avait insisté sur ce mode de fonctionnement de nos autorités, il y a maintenant 12 ans. En deux mots, le consultant international mandaté par le peuple à la suite de l'initiative du groupement Halte aux déficits disait ceci au gouvernement: Arrêtez de vous occuper des détails de la gestion au quotidien et passez votre temps à convaincre vos clients que sont les citoyennes et citoyens qui vous ont élu et qui vous paient.

     

    Hélas, l'administration genevoise est tombée dans cette perversion que nombre de décisions remontent aux Exécutifs politiques. Ce n'est pas complètement de sa faute. Souvent, c'est la loi qui le veut ainsi. Et qui fait la loi? Le Grand Conseil. En fait notre grand corps malade n'est pas seulement l'administration et ses chefs que ses mandants - les députés et les conseillers municipaux- qui les noient sous des montagnes de questions insignifiantes. Nos parlements de milice auraient déjà bien à faire en se cantonnant à donner les axes majeurs des politiques et à contrôler que le cap fixé est bien tenu.

     

     

  • Maudet karcher, Pagani sourit

    Comment nettoyer la ville et assurer la sécurité des biens et des personnes quand on ne détient pas de pouvoir de police? Chacun sait que les sympathiques agents de sécurité municipale sont juste capables de surveiller les marchés, mais pas d'attraper les chiens qui souillent les trottoirs, les cyclistes qui circulent comme si l'espace public était à eux ou les voitures qui parquent en double file ou empêchent les TPG de rouler en cadence. En écopant du dicastère de la salubrité et de la sécurité et des nouvelles technologies, le jeune radical est face à un redoutable défi.

     

    Tout aussi périlleuse sera la participation de l'élu ultraminoritaire à un Comité de tutelle -- pardon de facilitation politique -- du gauchiste Rémy Pagani, nommé ministre de l'Aménagement en Ville de Genève. Un ministère, soulignons-le, sans pouvoir (l'aménagement est une compétence cantonale), mais pas sans pouvoir de nuisance. Coincé entre le héraut de la défense des quartiers et des squatteurs et le confirmé ministre de la Culture Patrice Mugny, Pierre Maudet risque bien d'être minorisé ou accusé par ses pairs de faire le jeu de la gauche, à moins de rompre la collégialité.

     

    En fait, toute cette construction laborieuse ne fonctionnera que pendant deux ans. En automne 2009, Cramer quittera le Département du Territoire à moins que la pression contre le cumul des mandats ne précipite une démission du gouvernement. Le départ de Moutinot, déjà au bout du rouleau, fait déjà naître d'amères espérances dans le coeur de Manuel Tornare. Il y a fort à parier qu'il se fasse souffler la place par une femme. Purro, Salerno et Kast sont sur les rangs. Lot de consolation, Tornare sera maire en 2008-2009. A lui, d'ici là, de faire passer une loi au Grand Conseil qui pérennise cette fonction durant quatre ans.

     

    Balai neuf balaie bien, dit le dicton. Sauf que les conditions dans lesquelles cette répartition des charges s'est opérée augurent mal de l'avenir. Le Conseil administratif ne cache pas dans le communiqué officiel de la Ville que "les attributions des départements ainsi que le répartition des services ont nécessité un certain nombre de votes." Sans dire lesquels, la transparence a ses limites.

     

    A noter aussi que le blog de Pierre Maudet n'a pas été actualisé depuis le 30 avril. Cliquer sur les mots sécurité et d'aménagement pour connaître son programme. En revanche, rien sur la salubrité. Rien non plus sur le site des radicaux de la Ville, même si une ville plus propre et plus accueillante fut un de leurs slogans de campagne.

     

     

     

  • De bonnes raisons d'être contre la 5e révision de l'AI?

    Samedi dernier, c'était, outre le 20e des Caves ouvertes à Genève, une journée d'action contre la 5e révision de l'AI. Je suis tombé tardivement sur le communiqué du comité contre cette révision et vous en livre ici l'essentiel. Intéressant, non!?

    Depuis sa création en 1960, l’assurance invalidité a pour mandat de réintégrer les personnes handicapées dans le monde du travail plutôt que de leur verser une rente. Au lieu de se demander pourquoi les Offices AI n’ont pas réussi à remplir ce mandat, la 5e révision LAI propose de doter cette infrastructure d'un demi-milliard supplémentaire et d'augmenter de manière unilatérale la pression sur les personnes handicapées. En l'absence de mesures concrètes et efficaces pour augmenter les places de travail pour les personnes handicapées, l'intégration restera un vœu pieu. Les personnes handicapées veulent s’intégrer dans le monde du travail et se battent au quotidien pour vivre de manière autonome. Il est choquant de constater que même auprès des employeurs publics la proportion de personnes handicapées employées par les administrations fédérale et cantonales est dérisoire : Confédération : 45'000 fonctionnaires – 215 postes de travail pour personnes handicapées. Pourcentage des employés handicapés dans l’administration cantonale : Fribourg : 0.2% sur 4'900 employés, Genève : 0.9% sur 13'637 employés, Neuchâtel : 0.8% sur 2’400, Valais 1% sur 3'200 employés. La 5e révision LAI ne prévoit aucune mesures incitatives ou contraignantes pour les employeurs, c’est pourquoi les personnes handicapées et toutes leurs associations refusent cette réinsertion-alibi qui ne leur offrira finalement ni travail, ni rente.