Air du temps

  • Quel islam pour l'Europe?

    quel islam pour l'europe.pngJe suis tombé sur la première épreuve non corrigée d'un petit livre d'une centaine de pages intitulé "Quel islam pour l'Europe?" (l'ouvrage doit sortir le 6 septembre chez Labor et Fides). Pour un aussi petit livre, le titre est ambitieux. Et incongru.

    Incongru car il laisse entendre que l'Europe aurait besoin d'un islam ou aurait dans son ADN quelques liens avec l'islam (ce que défend l'un des deux auteurs) ou encore qu'un islam à la sauce européenne (c'est-à-dire compatible avec la démocratie, la suprématie du droit civil et les droits humains) serait possible tout en restant conforme au Coran.

    On veux bien espérer cette dernière issue. On appelle même de nos voeux cette réforme de l'islam. On n'en voit rien poindre aujourd'hui dans les discours des imams. Mais il est vrai que ce ne sont pas les horlogers qui ont inventé la montre à quartz, la swatch ou la ewatch.

    La réforme de l'islam (ou un possible vivre ensemble, ce qui ne serait déjà pas mal) viendra donc d'ailleurs. De l'Europe? De Genève?

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  • Kosovo, Albanie, Monténégro... Suisse

    Une petite quinzaine de jours à travers le Kosovo, la côte albanaise et monténégrine ne donne évidemment qu'un piètre aperçu de l'incroyable millefeuille social, ethnique, religieux, culturel, politique - techtonique même - de ces pays où l'euro est la monnaie d'échange officielle (au Kosovo et au Monténégro et de facto en Albanie même si les commerçants vous rendent la monnaie en leks), démontrant le statut de protectorat ou de bailliage commun dans lequel sont ces confettis à des degrés divers, en attendant une hypothétique immersion dans la fédération des Etats européens. Pour cela, il faudrait que l'Europe fasse sa révolution de 1848. 

    Je ne sais pas encore si l'ouvrage publié fin juin par NZZ-libro «Kleinstaat Schweiz – Auslauf- oder Erfolgsmodell?" (de Jaeger et Hummler) évoque la constitution de la Suisse moderne, qui mit tout de même plus d'un siècle à accorder le droit de vote à ses citoyennes (les radicaux républicains sur ce point ont mit du temps à convaincre les esprits du mâle dominant - c'est dire combien le Kanun (la loi coutumière dans le monde albanophone) a encore de beaux jours devant lui -, mais on comprend à quelques conversations (un ami est un des survivants de l'opération de la police serbe qui tua 52 membres de la famille Jashari dont Adem, un des fondateurs de l'UÇK - son nom est associé à celui de l'aéroport de Pristina-, qui déclencha officiellement la guerre de libération du Kosovo) et à la lecture de Kadaré combien il est difficile voire impossible de recoller ces pays tant les hormes et leurs territoires sont émiettés. Et que seule la liant européen pourra apporter sinon la concorde du moins les instruments d'une pacification durable dans ces régions meurtries et torturées depuis des milliers d'années.

    A suivre

  • De la libération des lapins au méchant glyphosate

    lapin-clapier.jpgOn meurt de faim, rarement de gloutonnerie et encore moins de malbouffe (sino, les Occidentaux ne vivraient pas si vieux que ça en devient un problème de société). L'air du temps (l'ère du Verseau?) est à la libération des lapins de leur clapier-prison et au régime vegan, l'une et l'autre lutte ayant partie liée nous a appris récemment Julie dans la Julie. Ainsi va l'humeur du monde d'ici qui a peur de mourir ayant perdu la foi en la vie éternelle. 

    Le veganisme est une religion qui ne fait de mal à personne, sauf éventuellement à ses adeptes (et à leurs proches, car l'exclusive force ceux-ci soit à adopter le même régime soit à cesser de fréquenter ceux-là) et temporairement à la filière animale.

    Une mode ou une tendance durable, s'interroge un des mes confrères fine gueule?

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  • Un réd en chef passe du côté de la "force obscure"

    dynamic group.jpg«Le journalisme est un métier noble, mais ce n’est pas le seul». Etrange citation, qui laisse donc entendre qu'il y a une hiérarchie dans la noblesse des métiers, comme si l'éboueur ou le plombier n'était pas aussi nécessaire à la société. Cette citation est devenue un titre dans 24 Heures, hier sur le site web, aujourd'hui dans sa version imprimée. Elle annonce que le patron de la rédaction va quitter le navire à la fin de l'année. Pour rejoindre le "côté obscur de la force". Tout un programme.

    Thierry Meyer a bien raison de changer d'air. Il fait mieux que les deux mammouth du Conseil d'Etat du plus gros canton de Suisse romande, Broulis et Maillard, qui ont rempilé pour cinq ans, tous deux convaincus qu'ils sont indispensables à la liberté et à la patrie. Réélus par acclamations par un peuple vaudois fidèle, le doigt sur la couture. Les rédacteurs en chef, eux ne sont pas élus. Ils sont nommés par un propriétaire, lequel, dit-on, a été surpris de la défection surprise de sa tour lausannoise.

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  • Islam: pourquoi Mireille Vallette n'est pas entendue

    radicalisme dans les mosquees vallette.JPGAu début du mois de mai, j'ai reçu, comme d'autres journalistes, "Le radicalisme dans les mosquées suisses", le dernier ouvrage de Mireille Vallette, imprimé en Serbie par Xenia. J'en ai survolé le 30 premières pages. Puis la présidentielle française, les votations du 21 mai et toutes sortes d'autres événements plus ou moins importants ont occupé mon temps et l'ouvrage est resté en plan.

    Lundi, autour d'un café, Mireille Vallette m'a demandé pourquoi aucune recension de son ouvrage n'avait paru dans la presse romande, aucun écho même de la part de journalistes qui suivent attentivement le dossier islam. 

    J'ai repris donc son ouvrage en ce jour d'Ascension (la Résurrection du Christ est affaire de foi et donc de folie, son Ascension est affaire de liberté, de notre liberté, nous qui sommes de ce fait seuls face aux questions essentielles, existentielles qui taraudent de temps en temps les humains, croyants ou pas).

    Et j'ai trouvé aux pages 116 et suivantes  la raison de l'ostracisme dont est ma consœur, amie et lanceuse d'alerte genevoise se dit victime.

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  • Troinex ma voisine fête le bicentenaire de son divorce

    bicentenaire troinex.jpgLa commune de Troinex n'y va pas par quatre chemins. Cette fin de semaine, elle ferme les routes qui la relient à ses voisines, Bardonnex à l'ouest et Veyrier à l'est. Impossible d'aller faire ses emplettes locales au marché Chavaz sans passer par la France et les douanes de Pierre-Grand, de Bossey ou de Veyrier ou par le chef-lieu de Genève sud, soit la cité sarde, Carouge, que quelques politiciens en panne d'audience voudraient marier avec Lancy.

    Troinex fête le bicentenaire de son divorce d'avec Veyrier, le 30 mai 1817. Entre les deux villages, il n'y avait pas que des marais, mais aussi deux histoires, deux peuples: les catholiques de Veyrier qui avaient perdu le pas de l'Echelle lors de la création du canton en 1815, et les bourgeois protestants de Genève qui avaient bâtis leurs maisons de campagne du côté de Troinex, dans les anciens territoires du prieuré de Saint-Victor, nationalisés en 1543 au détour de la douloureuse histoire du Genevois, alors occupé par les Bernois, après la Réforme. Bref deux communes antinomiques.

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  • Republik, BPLT, la démocratie, la liberté

    republik.jpg2'929'599 francs, c'est le niveau atteint ce dimanche soir, fête des mères en Suisse, jour de l'investiture en grandes pompes de Macron en France, jour de la troisième défaite consécutive des sociaux-démocrates régionales en Allemagne, lendemain du coup de semonce infligé à la ministre de l'Instruction publique par ses camarades à Genève et surlendemain du licenciement du patron du FBI par Trump aux Etats-Unis,... Près de 3 millions, c'est le niveau atteint par la souscription publique (crowdfunding) de republik.ch, un futur nouveau journal en ligne en Suisse allemande.

    En quinze jour, c'est un record, l'équipe espérait glaner 750'000 francs auprès de 12'000 souscripteurs. Du coup l'équipe y croit, rajoute un rédacteur et deux stagiaires, promet quatre enquêtes d'envergure et coûteuses supplémentaires par année... Tout ça parce qu'"il est temps de défendre la démocratie contre la barbarie". Erdogan, Le Pen, Trump sont désignés. En Suisse, la menace est le patron de la Weltwoche et conseiller national UDC... 

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  • En marche

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    La dernière publication de Public Eye interpelle. Elle focalise sur les travailleurs de la première étape de l'industrie mondialisée de la chaussure, celle de l'ouvrier anonyme exploité au fin fonds d'ateliers inconnus dont le salaire est de 2fr 80 pour une paire de godasses vendue en Suisse 120 fr. 

    Public Eye ne dit pas le salaire des autres travailleurs qui s'activent tout au long de la chaîne de production-vente: celui des transporteurs, des employés des grossistes et des détaillants, des fonctionnaires des douanes et de ceux qui collectent la TVA, des juristes qui assurent la probité des contrats, des financiers au service des grands capitalistes où des caisses de pension...

    On se dit cependant que si le salaire des ouvriers de la chaussure était augmenté de moitié, voire doublé, puisque, selon le dossier, certains salaires seraient inférieurs de moitié (et même bien plus comme en Albanie) au salaire minimal du pays, le consommateur final, nous, ne débourserions que 2fr 80 (sans compter la TVA).

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