vendredi, 30 janvier 2015

L'impossible réforme de la fonction publique genevoise

SCORE, la réforme de l'échelle des traitements de la fonction publique, est mort. Du moins dans son identité et sa forme actuels. Le député Edouard Cuendet, la voix des banquiers, la soutient du bout des lèvres, mais il sait que le couple PLR-PDC n'a plus le pouvoir au Grand Conseil comme la séance d'hier soir du parlement la brutalement illustré.

Roger Golay, le président du MCG a lui carrément annoncé l'acte de décès de la réforme, hier soir au micro d'un Pascal Décaillet, trop girond de montrer que la politique se faisait devant lui - que dis, je grâce a lui - lui, qui sait si bien profiter des rumeurs de la rue et souligner combien le parlement, juste à côté, mouline dans le vide. Dérive classique d'un fou du roi qui se prend pour le roi et qui se réjouît d'une manifestation peu suivie pour d'évaluer le suffrage universel. 

Mais c'est ainsi qu'on gouverne désormais à Genève. SCORE, un projet lancé et défendu par David Hiler, naguère donné comme le meilleur conseiller d'Etat du précédent gouvernement, finira au panier. Et peu importe qu'un Pascal Broulis, usant de la même méthode qu'il s'était appropriée quand le ministre vaudois des Finances et de la Fonction publique (il a aux dernières élections cédé ce dicastère à sa collègue Nuria Gorrite) était chef du personnel de la Banque cantonale vaudoise, ait réussi à mettre en œuvre la réforme "Decfo-Syrem", un SCORE à la vaudoise.

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jeudi, 29 janvier 2015

Grèves, le Conseil d'Etat a donc cédé

com coneil etat 28 janv.pngLa grève des notes pourrait donc s'arrêter le jour de la grève générale de la fonction publique. Voilà ce qu'on lit dans mon journal préféré. Selon les syndicats, le gouvernement aurait accepté de ne pas licencier de profs en raison de la coupe linéaire décrétée par le Grand Conseil - à ma connaissance, il n'a jamais été question de licenciement. Autre revendication acceptée, fixer un nombre maximal d'élèves par classe, ce qui, toujours selon le syndicat qui fait donc la com du gouvernement*, coûterait 5 millions.

Le citoyen contribuable apprendra-a-t-il demain par la bouche du président du Cartel que le gouvernement a accepté de partager les clés de l'évaluation des fonctions, puisque le projet SCORE est la principale raison - si tant est que d'en soit une en ces temps troublés par une décision que la BNS n'a partagée avec personne - de la grève à laquelle appellent les syndicats?

Mais il est vrai que les leaders syndicaux ne se battent pas pour eux-mêmes, mais pour la qualité des services publics qu'une majorité de députés démocratiquement élus met en péril. Je suggère donc à cette majorité, qui sert si mal le peuple, de dresser une statue à ce Cartel si clairvoyant et ordonne qu'on se décoiffe à sa vue en signe de respect, puis de se saborder et d'abandonner le pouvoir à ce dictateur éclairé.

Au moins, la "République" de Genève s'économiserait le ridicule d'une grève, alors que les entreprises et leurs employés se battent conte le franc fort.

PS: Mais où est donc cette majorité qui a voté le budget. Pourquoi ce silence assourdissant des autorités?

*Aucune mention n'est fait de cet accord dans le communiqué de presse du Conseil d'Etat publié mercredi à l'issue de sa séance hebdomadaire. Aucune information visible non plus sur le site du DIP. Pas plus de communication sur le site du DF, où le vaste projet SCORE, objet de toutes les crispassions n'est même pas cité.

09:51 Publié dans Démocratie, Droit, justice, Gestion publique, Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

mercredi, 28 janvier 2015

SDG, ça vous dit quelque chose?

image.jpgSDG doit succéder cette en année à MDG. Soyez rassuré, ça ne tilt pas non plus dans ma petite tête. Comme tout un chacun, je suis encore Charlie ou pas, sans trop savoir pourquoi et ce que ça change pour moi ou pour le monde.

Suis-je devenu un soldat, puisqu’on nous dit en guerre? Puis-je désormais tout écrire, tout dire, comme Charlie ou Dieudonné pour qui le spécial Charlie publié par le "Monde des médias" demande la liberté d'expression et réclame de Valls-Hollande qu'ils introduisent dans la Constitution française le Premier amendement de la Constitution américaine. Et pourquoi pas en Suisse aussi!

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dimanche, 25 janvier 2015

Syriza, Podemos, Cinque Stelle, MCG

Syriza, Podemos, Cinque Stelle, MCG... Ils ne prendront pas tout le pouvoir, mais une part suffisante pour en être. Soit comme leader d'une coalition gouvernementale, soit comme partenaire d'une alliance plus large et plus instable, soit comme vecteur de citoyens apeurés qu'on n'écoute pas. Ce 25 janvier, la Grèce, berceau de la démocratie (dont les femmes, les serfs, esclaves et autres étrangers étaient exclus), donnera vraisemblablement le premier rôle au parti de gauche Syriza.

En Espagne, Podemos a de grandes ambitions dans un pays qui entre dans un marathon électoral avec des régionales, des municipales et des nationales en décembre. En Italie,  l'éclat de Cinque Stelle a, semble-t-il, déjà pali. Tous ces mouvements sont très dépendants d'un leader charismatique. Cependant, leur fond commerce, fait de mécontentement, de désillusion, de défiance à l'égard des institutions du jeu démocratique, y compris les médias, demeure.

Pegida en Allemagne en donne un autre exemple. Le mouvement des "Europeens patriotes contre l'islamisation des pays du soleil couchant" http://fr.m.wikipedia.org/wiki/PEGIDA deviendra-t-il un parti? Trop tôt pour le dire. La citoyenne Merkel vien d'être réélue et conduit une grande coalition, dont seule l'Allemagne et la Suisse connaissent le secret de la durabilité. Rien à voir avec la cohabitation à la française. 

Et le MCG, que vient-il faire là me direz-vous?

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09:26 Publié dans Air du temps, Démocratie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

samedi, 24 janvier 2015

Une erreur à ne pas commettre

Capture d’écran 2015-01-24 à 14.34.26.pngLes institutions politiques suisses sont comme les montres mécaniques qui font la fierté de notre beau et petit pays. Elles sont à complications multiples. Prenez nos chères communes, berceau de la démocratie comme on les chante d'ordinaire au Premier Août, creuset du vivre ensemble, espace d'apprentissage de nos gouvernants, bref rien que de belles institutions qu'il serait fou de vouloir faire disparaître...

Sauf que la réalité comme d'habitude contredit les discours. Si les grandes communes peuvent à l'occasion produire de bons conseillers d'Etat, ce n'est pas ipso facto une garantie de qualité ni d'efficacité. Bien des magistrats ont laissé leur nom dans l'histoire des cantons sans passer par la case commune...

La commune, berceau de la démocratie, à l'égal de l'agora grecque antique, ne l'est plus ou mal dès que la population dépasse quelques centaines d'habitants... sauf qu'elle est le seul lieu, où les étrangers établis depuis plus d'un lustre sont des citoyens de troisième zone, mais des citoyens électeurs tout de même.

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14:29 Publié dans Affaires municipales, Communes genevoises, Démocratie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

jeudi, 22 janvier 2015

Genève pourrait se passer des communes et n'en conserver qu'une ou deux

Capture d’écran 2015-01-22 à 22.01.15.pngLa démocratie a un gros défaut. Elle est conservatrice. Les constituants genevois qui avaient de grandes ambitions les ont vues douchées par les élus municipaux: pas touche à ma commune! Résultat deux articles sans sel ni poivre: l'un sur la fusion des communes - un gros mot qui écorche les oreilles des communards - l'autre sur la répartition des tâches - une usine à gaz - et la répartition solidaire des ressources. Le Conseil d'Etat, courageux mais pas téméraire, a empoigné le premier volet, renvoyant les questions qui fâchent vraiment à plus tard.

J'ai lu le projet de loi et l'exposé des motifs y relatif, une coquille vide pour l'instant. Qui ne mécontente personne. Et promet donc des petits fruits genre ppdm (plus petit dénominateur commun). Je ne demande qu'à être contredit...

Que serait donc le canton, s'il osait la révolution? Genève et ses 45 communes, ça n'est jamais qu'à peine plus d'une fois la ville de Zurich en population, trois fois en territoire, et un peu plus d'un quart en terme de budget.

A défaut de n'en conserver qu'une, Genève pourrait se contenter de deux communes: la ville et le reste du canton, voilà une belle ambition, non!

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mardi, 20 janvier 2015

Dal Busco et la maire de Paris

dette geneve affiche.pngEn 2011, la dette du Canton de Geneve, dont les milieux patronaux dénonçaient régulierement la croissance, sans jamais s'intéresser aux actifs de l'Etat, en était à quelque chose entre 11 et 12 milliards de francs, soit à l'époque 8 milliards d'euros. L'horloge augmentait de 18 francs à la seconde. Quatre ans plus tard, la dette a dépassé 13 milliards de francs, autant en euros, et l'horloge croît au rythme de 10 francs à la seconde.

Serge Dal Busco part donc en guerre. Le nouveau ministre des Finances de Genève, qui a bien mis un an à s'installer et à prendre la mesure des défis, nombreux et ténébreux, de son Département, n'a pas le choix. La loi l'y contraint.

Incapable de réduire le ménage courant de l'Etat, la droite, un peu en désespoir de cause, a en effet décidé de freiner les investissements, si la dette dépasse 13,3 milliards de francs. On y est ou presque.

La gauche, pas mieux inspirée, n'a qu'un seul discours. Il faut augmenter les impôts. Peu semble leur importer, aux uns comme aux autres, que tous les autres cantons produisent du service public en dépensant moins, voire beaucoup moins par habitant que le petit canton de Genève. Mais comment font-ils donc? Jamais une délégation de parlementaires n'est allé voir comment ils font. Surdité récurrente.

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22:43 Publié dans Economie, Gestion publique, Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

lundi, 19 janvier 2015

Euro soit qui mal y pense

euro 1.jpg"On n’en serait pas là si on avait adopté l’euro comme monnaie! Sa faiblesse doperait notre économie au lieu de la pénaliser."

Le propos va faire hurler la droite nationaliste MCG et UDC, les deux ne faisant plus qu'un selon la Tribune de ce lundi, qui constate que le MCG s'ancre à droite, ce qui est le port d'attache naturel de la plupart de ses élus.

La citation ponctue en fait, en guise de conclusion, une tribune libre du conseiller national écologiste et lausannois Luc Recordon, que publie 24 Heures ce même 19 janvier

Un propos qui tranche heureusement avec les pleureuses qui croyaient que la Banque nationale allait pouvoir encore longtemps tenir la parité de 1 fr 20 pour un euro. Luc Recordon, qui a de la mémoire longue comme Marian Stepcynski qui dit à peu près la même chose dans sa chronique économique du lundi dans la Tribune, se félicite de l'indépendance de la Banque nationale tout en constatant qu'elle ne nous protège pas toujours.

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samedi, 17 janvier 2015

Charb et Brague

braque.pngComme les tremblements de terre, les répliques de l'exécution des Charlie font leur lot de victimes. Cependant, là comme ailleurs, la règle du mort kilomètre s'applique. Plus les victimes sont éloignées, inconnues, anonymes, misérables, moins elles intéressent les lecteurs et donc les journalistes. Le blogueur Raif sort de l'anonymat non par ses écrit mais par la barbarie du châtiment qui le frappe. Un châtiment infligé par des cons - des exécuteurs zélés et aux ordres - et décrété par des cons, selon la typologie Charlie.

Infliger mille coups de fouet à un citoyen parce qu'il réclame que son pays, l'Arabie, se gouverne par elle-même et rompe avec la tutelle des imams, ne peut en effet être qualifié que de con, car dire que cette sentence est injuste sous-entend qu'une sentence plus mesurée pourrait être juste...

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19:07 Publié dans Air du temps, Dans quel état j'erre, Démocratie, Médias, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

vendredi, 16 janvier 2015

The Economist vote l'initiative des Verts libéraux

image.jpgLe 8 mars prochain, les Suisses auront l'opportunité de manifester une fois de plus que leur pays est un laboratoire politique dont les autres nations devraient davantage s'inspirer. Un fédéralisme poussé, la démocratie directe, mais aussi la taxe sur les poids lourds, la politique agricole *. Le 8 mars, le petit parti des Verts libéraux invite les Suisses à faire un grand saut dans l'inconnu en supprimant le plus gros impôt de la Confédération, la TVA, et en le remplaçant par un impôt sur l'énergie. 

Et bien, je lis ce matin dans l'édition du 17 janvier, qui s'est téléchargée automatiquement sur mon iPad, que le célèbre magazine anglais est pour une taxe sur le carbone. La chute historique des prix du pétrole et l'abondance du gaz qui va maintenir les prix de ces énergies fossiles bas doivent inciter les politiciens qui d'ordinaire agissent à la marge à favoriser les énergies vertes, d'autant que les technologies dans ces domaines sont désormais matures, écrit The Economist dans un éditorial.

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08:28 Publié dans Affaires fédérales, Economie, Energies, Gestion publique, Monde, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

jeudi, 15 janvier 2015

Je l'ai!

image.jpg8h30. Comme un gamin qui touche un jouet, j'exhibe mon Charlie-Hebdo. Il passe de mains en mains. Jamais canard n'aura été tiré à autant exemplaires, jamais une feuille n'aura eu autant de lecteurs. "Tu devrais le louer", me souffle un collègue, qui a passé quelques mois dans un pays africain en stage dans un journal.  Tellement pauvres, les rédacteurs, ils passaient de bureaux en bureaux pour louer les rares exemplaires...

Charlie-Hebdo, ce n'était pas très différent. Jusqu'à un terrible mercredi. Des victimes innocentes, une énorme émotion nationale, en passe de devenir une des plus formidables opérations de communication et de propagande de ce XXIe siècle commençant. De l'information? Un peu! De l'irrévérence? Pas mal!

Et un formidable coup de pub du bon dieu, celui qui est miséricordieux. Peu importe son nom. Dans ma culture chrétienne, je trouve formidable qu'il ait réussi à guider la main qui a écrit: "Tout est pardonné!" Le pardon ne figure pas au rang des droits de l'homme. Pourtant, avec les couilles, c'est bien ce qui fait avancer l'humanité!

je ne suis pas Charlie, mais, chapeau, Charlie!

22:57 Publié dans Air du temps, Dans quel état j'erre, Médias | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

mercredi, 14 janvier 2015

La Pâquerette, Charlie, la BCGE and Co

image.jpgConfiance excessive, confiance trahie, confiance aveugle... Risque thérapeutique, risque sécuritaire, risque d'entreprise. Liberté, fraternité, prospérité.... L'émission de la RTS sur l'affaire Adeline nous apprend que le meurtrier qui avait commandé un cure-pied chez Victorinox (?) avait lui-même modifié sa commande par internet sans que personne ne le sache. C'est, me semble-t-il, la seule nouvelle révélation dans la mort tragique de la physiothérapeute. Le reste figure dans les deux rapports rendus sur l'affaire par Me Ziegler et le prof Chappuis.

Est-ce que cette révélation suffit à condamner quelqu'un en particulier dans la chaîne de responsabilités? Sans doute pas.

L'émission fait la part belle à la famille, très digne, et surtout aux accusations du comité justice pour Adeline à l'encontre de l’État qui ferait tout pour protéger l'institution, alors qu'elle veut un coupable.

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22:55 Publié dans Droit, justice, Gestion publique, Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

Où sont les femmes?

debat uni bastions 14 sept.pngTrès bon débat ce midi à dans l'amphithéâtre principal, comble, d'Uni Bastions. C'était quelque part une gageure que de placer côte à côte des journalistes et des professeurs d'université, tous habiles babilleurs, autour d'une question aussi explosive que Sommes-nous tous Charlie? Exercice réussi par les responsables du GSI, Nicolas Levrat et Frédéric Esposito. On n'a pas vraiment reçu de réponse mais un ensemble de considérations que j'ai tenté de tweeter en life.

Une remarque. La seule femme invitée sur l'estrade était l'incontournable Lucia Dahlab, emmitouflée dans son voile. Présentée comme vice-présidente de l'Union des organisations musulmanes de Genève, l'enseignante, conseillère municipales écologiste à Vernier, s'est empressée de dire qu'elle ne représentait qu'elle-même. Elle a aussi affirmé être un ferme défenseur de la liberté d'expression. Bref pas de quoi introduire dans l'université l'universalité des opinions qui peuplent et déchirent notre univers actuel. Entre gens du monde, on a donc pu échanger des points de vue sans s'agresser.

16:10 Publié dans Dans quel état j'erre, Démocratie, Droit, justice, université | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

lundi, 12 janvier 2015

Sacré François!

"J’ai lu un jour que les prêtres sont comme les avions: ils ne font la une des journaux que lorsqu’ils tombent, mais il y en a beaucoup qui volent."  Ce mot d'esprit clôt le discours des vœux de Noël du pape François au gouvernement du Vatican. Je n'avais pas lu ce texte incroyable. C'est une bribe d'une émission de France culture captée ce matin qui me l'a fait connaître. Tout à fait par hasard. 

Le sociologue Olivier Bobineau tire un parallèle audacieux entre Francois d'Assise qui avait été éconduit par le pape à qui il avait expliqué que l'Eglise s'était égarée dans la pompe et la puissance et le pape François qui dit aujourd'hui la même chose à la Curie. Un pape révolutionnaire. Qui, pense le sociologue, n'aura sans doute ni le temps nécessaire ni le pouvoir de réformer ces institutions.

France Culture diffuse dans Culture monde une série de quatre émissions sur la réforme de l'église catholique. Passionnant à l'heure où d'aucuns espèrent la réforme de l'islam. Et d'autres croient qu'il suffirait d'effacer les religions pour mettre fin au terrorisme religieux.

http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Pape-Francois-le-texte-integral-du-discours-des-15-maladies-2014-12-24-1284566

http://www.franceculture.fr/emission-culturesmonde-l-eglise-catholique-a-la-recherche-d-un-nouveau-souffle-14-les-chemins-de-la-

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22:58 Publié dans Air du temps, Dans quel état j'erre | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

France: le jour d'après

assassin creed.pngQue faire des quelque millions de marcheurs et des dizaines de millions de téléspectateurs qui ont retrouvé, l'espace d'un dimanche, un état de communion républicain jamais vu depuis la Libération? La France se réveille en ce 12 janvier, interrogeant les raisons d'une mobilisation populaire aussi puissante, d'un partage cathartique aussi profond.

L'assassinat des dessinateurs de Charlie, de policiers et de consommateurs juifs dans une superette casher a agi comme un électrochoc. La France l'attendait comme tous ceux, dont je suis, qui aiment ce pays plus que tout autre et qui se désolaient de voir la République - car la France incarne plus que tout autre l'idée de la République - se déliter.

Sur France Culture ce matin, Régis Debré et Caroline Fourest ont tenté une première analyse. Que faire, a demandé le chroniqueur Brice Couturier, pour que le soufflé ne retombe pas? Leurs réponses ne m'ont pas convaincu.

"Cesser de parler de gouvernance, un mot copié collé du monde des affaires, et parler davantage de gouvernement", a dit le médialogue: Arrêter de bourrer les discours politiques des chiffres balancés par Bruxelles. Et puis oser enfin évoquer le fait religieux dans les écoles et l'interroger rationnellement. Il faut plus de prof de philo aussi.

Dans la même veine, Caroline Fourest a suggéré d'augmenter le nombre de profs de dessin. Et d'apprendre aux élèves qu'une caricature qui s'en prend au bon dieu ou à ses saints, ça n'est pas du racisme envers une communauté. Il faut armer les profs à répondre aux élèves dont la culture est faite de slogans répétés en boucle.

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dimanche, 11 janvier 2015

Brouet

Deux millions, trois, quatre millions, des Français, des Européens, quelques Américains, aucun Chinois. Des premiers ministres et des présidents par dizaines, dont quelques-uns qui piétinent les droits de l'homme au pied, des millions de téléspectateurs aussi, dont moi. Nous voilà tous prêts pour un Patriot Act à l'européenne. Et avec les applaudissement du public.

J'ai regardé d'un oeil la TV et d'un autre le fil Facebook et Twitter. Aussitôt la différence m'a sauté aux yeux. Je ne vois pas le même événement. Du côté de la télé, le ton est à l’empathie avec les gens. Exceptionnel, historique est l'événement. Belle unité nationale. La communion entre le mass-média et le public est totale. Aucune interactivité. Le téléspectateur est captif, voit ce qu'on lui montre. C'est spontané. Encadré. Digne. Chaleureux. Impressionnant!

Sur les réseaux sociaux, la diversité s'exprime. Les opinions s'échangent. les débats s'enchaînent. Et surtout des informations retweetées  glacent. Comme cette nouvelle tuerie au nord du Nigeria perpétrée par Boko Haram. Ou ce blogueur, Raif Badawi, qui a reçu, samedi, les 50 premiers des mille coups de fouet auxquels un tribunal d'Arabie Saoudite l'a condamné parce qu'il avait eu l'audace d'évoquer les droits de l'homme et aurait donc de ce fait "insulté l'islam".

http://www.lesinrocks.com/2015/01/10/actualite/boko-haram-detruit-16-villages-et-fait-2000-morts-au-nigeria-11545330/

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samedi, 10 janvier 2015

Les dévots de l'argent ne sont pas des Charlie

Les assassins sont morts. Justice n'est pas faite, contrairement à ce qu''écrit l'éditorialiste du Figaro ce samedi 10 janvier. D'abord parce que la menace demeure. Que des Français et des Européens croient sérieusement que leur combat et leur mort leur ouvrent les portes du paradis - quand donc les imams dénonceront-ils cette supercherie? - et parce qu'un procès, aussi difficile soit-il, est porteur de vérités que l'émotion des derniers jours a occultées.

Une qui n'est pas tombée dans l'émotion, c'est la bourse de Paris, qui, relève Le Monde, n'a pas réagi à l'action terroriste. Les dévots de l'argent ne sont pas des Charlie.

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vendredi, 09 janvier 2015

Téléréalité

image.jpgEn direct! Des millions de spectateurs scotchées, des heures d'attente, d'approximations, de supputations. Quelques minutes intenses. Et des heures encore d'images, d'histoires, d'émotions, en boucle, des platitudes, un peu d'analyses, le nez dans le guidon, des condoléances, sincères, la gloire des forces spéciales, le sursaut national, fragile, la solidarité des démocraties voisines, téléphonée, le cloisonnement des cerveaux, surtout ne pas diaboliser l'islam. Ce n'est pas une guerre de civilisation. Vraiment?

Q'auraient été nos longues guerres de religion sous l'œil permanent des caméras de télévision, sous le déluge des tweets, des sms? Objectif?

Et pendant ce temps, les Palestiniens demeurent sous occupation, l'Arabie Saoudite nourrit le wahhabisme et ses fondamentalismes satellites, la société musulmane tient la femme en dépendance, le monde occidental -ou plutôt les grandes firmes sans frontières? - impose encore son impérialisme dans l'économie, la technologie, la science. Pour combien de temps? Déjà il ne domine plus par sa culture et plus beaucoup par sa politique.

The show must go on. Mercredi prochain, le numéro de Charlie Hebdo, 10'000 abonnés au bord de la faillite, sera normal, disent les survivants au 20 heures de TF1. "Comme si rien ne s'était passé, à la limite", ajoute le réd en chef de Libération, qui accueille les naufragés.

21:33 Publié dans Air du temps, Démocratie, Europe, France, Information | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

Une bonne guerre....

image.jpgLa guerre donc. C'était le titre de l'éditorial du Figaro du 8 janvier. C'est l'option subliminale du journal Le Monde qui consacre toute son édition du 9 janvier à l'attentat qui a fauché 12 personnes chez Charlie Hebdo. Et fait sa une sur le 11 septembre. Le 11 septembre a déclenché la deuxième guerre d'Irak et la chasse à Ben Laden. Avec les conséquences que l'on sait.

C'était de bonnes guerres, des combats pour la démocratie et pour la liberté. Surtout la liberté du commerce dont les effets peuvent être meurtriers. Aux États-Unis, le Patriot Act n'a pas particulièrement élevé le degré des libertés individuelles... Dégâts collatéraux d'une guerre juste, d'une guerre sainte...

Tout de même, une bonne guerre, ça remettrait pas de choses en place. Non?

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08:04 Publié dans Air du temps, Démocratie, Droit, justice, France, Information | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

jeudi, 08 janvier 2015

L'état du monde à notre connaissance

Nous voilà donc tous des Charlie. Saine réaction face à la brutalité meurtrière de deux hommes qui donc ont "vengé le prophète". Réaction virulente surtout, analogue à celle d'un corps agressé qui mobilise toutes ses ressources pour affronter la menace, expulser le virus. Réaction exceptionnelle donc, comme les Une et les dossiers que les médias déroulent depuis ce funeste mercredi 7 janvier 2014, que d'aucuns ont déjà décrit comme le One Seven de la presse, en référence au Nine Elleven des tours de New York.

L'image est forte. Est elle objective? 

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08:05 Publié dans Air du temps, Dans quel état j'erre, Démocratie, France, Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

mercredi, 07 janvier 2015

Quel est le nombre judicieux de médecins pour mille habitants?

densite medecin carte suisse 2013.pngQu'il faille trouver une solution pour alléger les primes maladie de la moitié des Suisses dont le revenu est inférieur au salaire médian est une évidence. Trois moyens sont à disposition:

  • Réduire le catalogue des soins remboursés
  • Subventionner les primes, soit en prélevant davantage d'impôt soit en redistribuant différemment la manne disponible
  • Réduire le prix de revient de l'arsenal des soins médicaux, hospitaliers et pharmaceutiques.

L'Union syndicale suisse focalise son action sans surprise sur la hausse des subsides. C'est de bonne guerre. C'est aussi médiatiquement sans doute la méthode la plus lisible. [Cliquer sur la carte pour l'agrandir et sur Lire la suite pour la voir en mode interactif]

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07:59 Publié dans Affaires fédérales, Economie, Gestion publique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

mardi, 06 janvier 2015

La grande traversée de la Fumisterie

500m ville en plus.pngToutes les initiatives cantonales n'ont pas l'honneur du prime time et d'une présentation contradictoire. Celle de la traversée du lac à Geneve si. Hier soir, la télévision publique, après avoir tendu le micro au président du PLR, qui avait convoqué la presse au restaurant de la Fumisterie, tout proche du service des votations (pourquoi ne pas ne pas avoir déposé cette initiative à l'Hôtel-de-Ville?), crut bon de relayer l'avis forcément critique de la présidente des Verts conviée, elle, par la RTS, à l'exprimer sur le pont Wilsdorf, que son parti avait combattu... 

N'ayant pris le risque ni d'arrêter un tracé précis ni de trancher entre le pont suspendu ou le tunnel pour cette grande traversée, les initiants, qui ont eu bien de la peine à recueillir un peu plus de 11'000 signatures, devraient obtenir un modeste succès en 2016 devant le peuple. L'honneur sera sauf, mais la traversée du lac ne sera sans doute pas construite avant 2040.

Si elle l'est. Tout dépend de Berne dont ce n'est pas la priorité. Et que l'on ne nous parle pas d'un péage! On ne voit pas pourquoi les Zurichois pourront rejoindre leurs résidences secondaires au Tessin ou en Toscane en train ou en voiture sans payer davantage, alors que les Genevois devraient débourser 8 francs pour traverser le lac.

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dimanche, 04 janvier 2015

2015, élections par-ci, par-là: Grèce, France, Genève, Suisse, GB, Espagne...

Capture d’écran 2015-01-04 à 11.29.21.pngOn ne parlera que des pays où les élections ont encore quelques chances de changer sinon le cours des choses du moins les hommes et les femmes - un peu plus nombreuses en politique qu'à la tête des armées tout de même - qui tiennent le gouvernail démocratique. Par ordre d'entrée en scène, la Grèce, la France, Genève, la Grande-Bretagne, la Suisse et encore la France et l'Espagne, l'Italie peut-être... J'en oublie sans doute.

Dans tous les cas, les populistes de gauche et de droite vont gagner du terrain. Sauf en Suisse peut-être. Partout, sauf en Suisse, la crise économique est profonde, meurtrière. L'avenir paraît bouché et sans espoir à beaucoup.

Les dettes accumulées dans les dernières décennies, alourdies par le sauvetage des banques (2,5 milliard de francs pour sauver la Banque cantonale à Genève), privent les Etats des moyens d'action classiques. L'Europe va peut-être davantage injecter des fonds dans le circuit, si l'Allemagne y consent, mais, alors que le remède est discuter, il sera sans doute trop tard pour que l'effet s'en fasse sentir et dissuade les électeurs de sanctionner les partis au pouvoir.

Partout, également en Suisse, une crise de sens désécurise la population. Elle est plus grave. Pour la conjurer, on s'éclate dans la consommation et ont grossi de rancœur.

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11:26 Publié dans Air du temps, Dans quel état j'erre, Démocratie, Europe, France, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

samedi, 03 janvier 2015

"Le Royaume" et la crèche de Compesieres

image.jpgL'église est vide. Pas froide car on la tempère. Pas besoin d'âne ni de bœuf pour réchauffer le petit Jesus en grès, surveillé par son père et sa mère en prière et de la même terre. L'iPhone, juste à côté, tenu dans une main  de polystyrène expansé, tourne en boucle un clip que j'ai monté. (On trouvera ici la genèse de cette crèche un peu branchée)

Les visiteurs ont dans l'ensemble apprécié cette reconstitution contemporaine d'un naissance mystérieuse qui fonde la première religion du monde. Un jeune de 20 ans, invité par ses parents, n'a pas capté le sens de cet ordiphone placé à coté de la scène evangelique. Il a regretté le dépouillement de la Sainte Famille qu'aucun mouton, qu'aucun berger était venu découvrir. Ni rois mages ni étoile, seul un papier peint figure un désert vide. Sans âme qui vive. 

Il a raison ce jeune homme, il manque à la crèche de Compesières un rien de merveilleux, qui puisse frapper son cœur d'enfant.

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17:35 Publié dans Dans quel état j'erre, Médias, université | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

jeudi, 01 janvier 2015

Sommaruga nous la joue Ogi.... Formidable?

sommaruga voeux.pngJe dois avouer que j'ai eu quelque peine à décrypter le discours des vœux 2015 du président de la Confédération (toujours pas disponible sur le site de la RTS, 14 heures après leur diffusion ni dans ses archives mais en revanche bien visible sur le site de la Confédération). En bonne bourgeoise, Simonetta Sommarga nous les a délivrés en direct du marché de Berne, son lieu d'enracinement. Comme son compatriote bernois Adolf Ogi, il y a 15 ans. Vous vous souvenez? C'était en l'an 2000. Ogi nous avait débité ses voeux de son village de Kandersteg sous la neige et un sapin à la main. Fameux le sapin, promis à la grande et belle destinée de résister aux tempêtes à venir alors que Lothar venait de faucher son père... Un discours tout plein d'enthousiasme et de formules simples, dont Sommaruga est avare à un point extrême. La nouvelle présidente affectionne les questions.

Qu'a donc dit celle qui doit sortir le pays du guêpier du refus le 9 février de la libre circulation? 

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21:30 Publié dans Affaires fédérales, Démocratie, Gestion publique, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer | |  Facebook | | | |